Historique - La Mouette

 

 

La Mouette (canot à vapeur)
Un document de la Brigade Fluviale intitulé "Ancienne Mouette canot à vapeur", note de Monsieur Vaillant, archives de la Brigade Fluviale 1920 nous renseigne sur la brève carrière de la "première" Mouette canot à vapeur devisé auparavant "Iris", acheté à Monsieur Védrine constructeur et essayé le 23 décembre 1903 au Bassin de Neuilly-Courbevoie en présence de : 

La Mouette en mission sur la Seine à la pointe amont de l'île de la Cité, non loin de son port d'attache. Il était fréquent de voir un bachot accompagner la Mouette.
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La Mouette en mission sur la Seine cette fois près de la Tour Eiffel dont le pied nord indique le point kilométrique zéro de la Seine.
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La Mouette sur la Seine accompagnée d'un bachot.
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mouette055.jpg (68198 octets) Une autre vue du canot à vapeur vers 1904.
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Le canot a une longueur de 8 m de tête en tête, 1,6 m au maître bau, et son tirant d'eau est de 0,55 m. La coque résistante a été construite pour la mer. Elle est armée d'une chaudière Field 1, timbrée à 8 Kg et d'une machine à un cylindre de 6 HP avec condensation. Sa vitesse est de 16 Km/h. Contenance 8 à 10 personnes. Un cabanage protège les policiers à l’arrière du canot et un toit-abri en tôle épaisse est construit au-dessus de la chaudière pour protéger l’équipage des jets de projectiles.
En 1905 des problèmes de chaudière et de coque apparaissent dans les rapports et malgré des travaux entrepris par les gardiens de la Brigade Fluviale, elle est désarmée un an plus tard.
Le canot à vapeur la Mouette n'a eu qu'une existence de moins de 3 ans au sein de la Brigade Fluviale. Elle aura effectuée 258 sorties.


Les essais ont eu lieu à partir du ponton de la Préfecture de Police, quai des Orfèvres vers le pont d'Austerlitz. Après avoir effectuées diverses manœuvres (changement de vitesse, marche arrière), elle est rentrée à son poste d'amarrage. Pilote Lespinasse, mécanicien Rouzet 3.

L'équipage de la Mouette 14 janvier 1904

  • M. Depray était inspecteur principal de la Navigation
  • M. Marieu, brigadier

À bord de la Mouette.
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La Mouette dans son action fait l'objet d'une première de couverture du journal "Le Petit Parisien".
Date illisible, probablement le 14 janvier 1903.
Cette affiche est sur une péniche "Le Marcounet", bateau-bar amarré en aval du Pont-Marie à Paris.

Le tenue vestimentaire des pilote et mécanicien.


Sur les canots automobiles Mouette et Vigie les tenues vestimentaires des pilote et mécanicien sont décrites dans un article du "Petit parisien" du 24 janvier 1904.
En été, le pilote est coiffé d'une casquette en drap bleu-marine et porte une vareuse à boutons d'argent. L'insigne qu'il porte au bras gauche est en aluminium et représente une roue de gouvernail.
Le mécanicien-chauffeur porte un costume ordinaire des marins, béret et blouse avec sur le bras gauche un insigne en aluminium représentant une hélice.
En hiver, les deux porteront une tunique et un chapeau de cuir à bord rabaissé devant et derrière.
mouette047.jpg (114640 octets)
Le Journal
 
du 30 mars 1900

Le journal de bord jusqu'en 1920

  • Le 23 décembre 1903, essai au Bassin de Neuilly-Courbevoie,
  • Le 27 décembre 1903, essai de consommation en présence ce MM. Laedrich et Depray
    Le 23 septembre 1905, rapport indiquant le mauvais état de la chaudière et l'insuffisance de l'épaisseur de la coque. Panhard  fait une offre à la Préfecture de police.
  • Le chantier de rénovation étant accepté, le 27 octobre 1905, Demande de M. Rouget pour l'achat de fer  pour commencer le travail et choix du chantier
  • Le 28 octobre 1905, cintrage du gabarit de l'étrave, construction par les gardiens de la Brigade Fluviale avec le concours de Monsieur Pommé.
  • Le 6 juin 1906, la Mouette est désarmée et remplacée par un canot à pétrole plus grand qui prend la même devise.
  • Le 5 novembre 1906, La Mouette (canot à vapeur) est vendue à Mme Veuve Paulac, brocanteur, 38 & 40 rue de Montmorency, au prix de 275 Francs.

Ce que l'on apprend par la presse

  • La Mouette d'après ce qu'en dit un article de La Nature

mouette056.jpg (75457 octets) mouette059.jpg (57122 octets) Entre l'écluse de la Monnaie et le Pont des Arts.

La revue municipale p. 1172 article non date mais immédiatement postérieur au 18 juin puisqu'il fait référence à l'article de la "Nature" paru à cette date.

  • Le canot automobile de la Préfecture
C'est suite à une grande course de canots automobiles que le Préfet Lépine eut l'idée d'en acquérir un pour la Brigade Fluviale. La vitesse de 12 à 15 m/h dissuadera les braconniers qui tirent l'aviron comme de véritables champions de France sur leur "sauvette" (barques plates et rapides).

La Patrie - 21 septembre 1903


  • Le canot automobile de la Brigade Fluviale
    Comment la Mouette devint le canot de la Brigade Fluviale

Cet article intéressant, parce qu'antérieur à la possession de la Mouette par la Brigade Fluviale, nous renseigne sur le mode d'acquisition de canot par la Préfecture.
Le Préfet Lépine, assisté de M. Guillemin Inspecteur de la navigation invita plusieurs constructeurs de canots automobiles (les canots à vapeur se propulsant par eux-mêmes étaient considérés alors comme "automobiles") a soumettre un canot  pour la future Brigade Fluviale.
Entrèrent en lisse trois canots : le Lutin, la Mouette et Rapée II qui se présentèrent à l'heure dite à l'écluse de la Monnaie.
Le Lutin eut un accident au moment d'appareiller et Rapée II appartenant à monsieur Tellier ne justifiait sa présence que pour montrer au préfet que les 30 kilomètres par heure sur la Seine était possible et sans danger. Son propriétaire n'ayant nullement l'intention de céder son canot dont le prix était d'ailleurs hors concours.
Le Préfet et l'inspecteur de la navigation prirent place à bord de la Mouette appartenant monsieur Védrine qui le conduisit pendant une demi-heure à la vitesse d'environ 12 km/h, vitesse largement suffisante pour donner la chasse aux braconniers habiles au maniement des avirons. 
Ce canot participa à la grande course de canots automobiles de Paris à la mer organisée par le Vélo.
Pendant ce temps M. Tellier aux commandes de Rapée II évoluait à 32 km/h avec grande facilité.
Après consultation du prix qui s'élevait à 4000 francs et requête d'un rouff destiné à abriter les agents contre la pluie (c'est surtout contre le caillassage que le rouf abrita les gardiens de la paix), le marché fut conclu, La Mouette devint le premier canot de la Brigade Fluviale.

Le journal du 22 octobre 1903


  • Canot automobile pour le service de la police fluviale

D'après le Bulletin municipal du 26 décembre 1903, Le conseil municipal a voté un budget de 4000 Francs pour l'achat d'un canot à vapeur La Mouette pour le service de la police fluviale. Le terme de Brigade fluviale n'est pas encore employé par les journalistes.
Sa mission, la surveillance des berges de la Seine, le jour et la nuit pour assurer la sécurité des utilisateurs du fleuve. De son côté, le Conseil Général de la Seine acquit un autre canot automobile à pétrole, la Vigie.
10.

 

Le Bulletin Municipal du 26 décembre 1903


  • Le canot de la Préfecture

Première sortie de la Mouette, les agents ont surpris trois braconniers en flagrant délit  de pêche entre les ponts de l'Alma et Iéna.

  •  

Le Matin du 27 décembre 1903


  • La flotte de la Préfecture

La flottille de la Préfecture qui ne comprenait qu'un seul canot (la Mouette) vient augmenter son parc avec la récente acquisition d'un second canot avec un moteur à pétrole. Ce sont de véritables forces navales qui vont opérer sur la Seine et pour accueillir cette flotte une rade sera établie derrière la Préfecture de Police entre le Pont St Michel et le Petit-Pont.

 

Le Matin du 2 janvier 19042 janvier 1904


  • Les exploits de la Mouette

C'est la troisième sortie du petit canot à vapeur de la Préfecture. Découverte de plusieurs bachots de braconniers à Ivry-sur-Seine contenant non seulement le fruit de leur braconnage, mais encore des madriers de bois des îles volés sur les bords de Seine.

Le Matin du 10 janvier 1904


  • À bord de la "Mouette"
)

Dans cet article, le journaliste avec une vision de reporter part pour une maraude sur la Mouette pour en relater son expérience.
Accompagné de MM. Guillemin Inspecteur de la Navigation et des Ports, Laedrich inspecteur principal et le brigadier chef des "agents marins", l'auteur reprend des éléments du précédent article.
Élément nouveau, le pavillon de la Mouette "aux couleurs de la ville de Paris : triangle bleu et rouge  avec les initiales PP".
L'embarcation remonte vers le Pont National. La Mouette ne peut à elle seule combattre les malfaiteurs qui "donnent du fil à retordre" aux agents de la Brigade Fluviale. Les braconniers ne sont pas les seuls à commettre des méfaits. Les ravageurs, qui agissent pendant la nuit, dérobent les marchandises sur les bateaux, volent le charbon, piquent les fûts.
C'est la raison pour laquelle un second bateau viendra prochainement renforcer la Mouette.
Pendant qu'une unité remontera la Seine, l'autre la descendra, les vitesses cumulées de 25 km/h favoriseront alors les actions répressives par effet de surprise.
Un troisième bateau, le "bateau-pompe" complètera cette flottille. Il servira de secours aux péniches ou aux immeubles proches du fleuve.
Ces trois canots quitteront l'écluse de la Monnaie pour le Quai des Tournelles.


La Mouette


Le Journal du 11 janvier 1904


  • La répression du maraudage fluvial

  

Les Nouvelles illustrées du 14 janvier 1904


  • Les exploits de la Mouette

Il s'agit d'un nouvelle capture de cambrioleurs qui ont dérobé une quantité de charbon sur une péniche.

Le Journal du 15 janvier 1904


  • La chasse aux ravageurs
Le récit de "La chasse aux Ravageurs" nous donne bien l'ambiance d'une sortie de la Mouette sur les traces des braconniers avec en plus la stratégie observée et la description du mode opératoire.
C'est la sixième sortie du canot, dix hommes sont à bord, Le mécanicien derrière sa machine, le pilote à la barre sur le pont de poupe, le brigadier Marieu dans le rouff et six agents au poste avant, derrière les bastingages.
Nous sommes en janvier 1904, il est sept du soir et déjà la nuit s'étend épaisse, dense sur le fleuve qui roule ses eaux grossies par les pluies.
Le décor est planté, chacun est à son poste, la maraude commence, la Mouette évolue en silence, tous feux éteints. Le Brigadier Marieu est un fin limier de la police fluviale, il connaît son métier. Pour lui, l'arrivée de la Mouette est un net progrès. Avant s'était sur de frêles bachots à rames qu'il poursuivait les ravageurs avec ses hommes. Il nous livre des renseignements sur ces malandrins bien organisés en bandes avec des chefs qui fournissent bachots et filets aux braconniers et outils de cambriolage aux malfaiteurs qui n'hésitent pas à pénétrer dans les péniches et terroriser les mariniers.
Ordre ! Le canot s'arrête. Le brigadier et ses hommes scrutent les rives noires. Un coup de sifflet retentit du haut du Pont des Invalides, ce sont deux agents qui signalent une équipe en aval du viaduc d'Auteuil.
C'est dans le petit bras de Grenelle que les malfaiteurs seront faits, comme la bande de la semaine précédente.
Ils sont admirablement organisés, avec force sentinelle, "les gaffes" munies de bicyclette et qui signalent la présence des policiers. 
Un autre agent est posté sur un bateau parisien pour avertir le brigadier.
L'organisation de la toute nouvelle Brigade Fluviale est sans faille. Le mécanicien stoppe la machine à l'entrée du bras de Grenelle, l'embarcation s'enfonce dans l'obscurité, à l'avant les agents sont sur leur garde. Trois barques sont repérées. Les agents passent sur le bachot que traîne la Mouette et s'approchent des braconniers qui sont "faits".
— Ça y est ! nous les tenons !
— Bonne capture
La croisière nocturne est terminée. La Mouette rentre au ponton. 
)  
Articles non datés mais probablement de 1904 puisqu'il s'agit de la première Mouette.


La Mouette en maraude sur la Seine

Le Matin du 17 janvier 1904


  • La flotte de la Préfecture - capture de braconniers par le canot "La Mouette"

Trois mois après sa mise en service, le Petit Parisien du 24 janvier 1904 rappelle au lecteur que ce canot est le premier du Préfet Louis Lépine et dont la mission est de faire la chasse aux "ravageurs de la Seine et autres malandrins".
Après un rappel des caractéristiques du canot et la description de la tenue vestimentaire de l'équipage, on apprend qu'un rouff a été construit à l'arrière du bateau, ainsi qu'un toit abri en tôle épaisse au dessus de la chaudière afin de protéger l'équipage des jets de pierres.
Les résultats satisfaisants déjà obtenus incitent le syndicat des pêcheurs à voir évoluer un second bateau sur la Seine si toutefois les ressources budgétaires ne s'y opposent pas. 
1904 sera l'année de l'acquisition de ce second canot (la Vigie) pourvu d'un moteur à pétrole.
Pour accompagner cette flottille, pas moins de neuf pilotes et six mécaniciens tous "commissionnés pour bateau à vapeur de commerce et ayant d'excellents états de service".
C'est monsieur Guillemin, Inspecteur général de la navigation et des ports qui dirige l'organisation et la surveillance de ce service.

Le Petit Parisien du 24 janvier 1904

 

 


  • La flottille des Braconniers de la Seine

Nouvelle prise de bateaux par la Brigade Fluviale aux dépends des braconniers. Ces "prises de guerre" seront remises à la fourrière dont le directeur est "fort embarrassé de ces bateaux" qui prennent de la place dans son établissement qui n'était pas prévu lors de sa construction.
Ils sont ensuite vendus au profit de qui de droit et dans les délais légaux.

 

Le Matin du 27 janvier 1904

 


  • Petit Carnet

Nouvelle ronde de la Mouette sur la Seine suivi d'une arrestation d'individus de l'ancienne "Bande Rouge" par la brigade Fluviale.

le Matin du 29 janvier 1904


  • Sur la Seine - La flottille du préfet. Fantaisies d'un reporter.

Peu de temps après les détracteurs se font entendre. L'article précédent est tourné en dérision. Sûrement parle-t-on trop de la flottille du préfet et que pour la vanter, alors ne faut-il pas déverser quelque venin sur ce qui est dit ?  C'est en fait dans cet article dans lequel la Mouette est passablement ridiculisée. Canot lent et instable c'est du moins la preuve qu'elle en a donnée lors d'une épreuve sportive l'été précédent 9 (alors que ses premiers essais eurent lieu le 23 décembre 1903 au Bassin de Neuilly-Courbevoie). Tournée en dérision, le "transatlantique de 5 m 50" (décidément l'auteur de l'article est bien mal renseigné) ne fait que 6 nœuds à l'heure, tout au plus 11 km et il faut une heure et demie, voire deux heures pour la mettre en pression, plus de temps qu'il ne faut aux ravageurs pour agir.
Bien sûr ce canot n'était pas la panacée, on s'en rend compte aujourd'hui avec la Vigie nouvellement restaurée, mais le journaliste oublie qu'avant 1900, il n'y avait que "de frêles bachots à rames" pour surveiller la Seine et que la Brigade Fluviale au sens où le Préfet Lépine l'avait organisée n'existait pas.

Patrie 31 janvier 1904


  • Mise en vente de la Mouette

En 1906 dans son article sur la Brigade Fluviale l'auteur constate que la Mouette a vieilli, que sa vitesse n'est plus d'actualité. Les progrès des moteurs thermiques ayant supplanté la machine à vapeur.
La Mouette sera donc mise en vente et remplacée par une vedette plus imposante, plus rapide, silencieuse et aussi plus confortable.

Le Journal du 9 septembre 1906


La Mouette 2
La devise "Mouette" a été conservée pour le deuxième canot qui a succédé au premier dont l'existence n'a duré
un peu moins de trois ans. Pour la clarté nous l'appellerons la Mouette 2 tout comme la Mouette 3, le troisième canot de la Brigade Fluviale portant également cette devise.

hist132.jpg (23372 octets) La Mouette 2 à l'écluse de la Monnaie photographiée en 1912. Elle a été construite selon les plans d'Alphonse Tellier.
© Préfecture de Police. Tous droits réservés.


La plaque Tellier du canot Zambèze de Sequana

Rappelons que M. Tellier était présent lors de la présentation des canots en lisse au Préfet Lépine en octobre 1904. Son canot Rapée II était hors concours mais pendant ces essais il évoluait "facilement et sans danger à 32 kilomètres par heure", soit plus du double que les deux autres. Une belle démonstration qui, 30 mois plus tard, déboucha sur une acquisition auprès de ce même constructeur. Dans les années d'avant guerre A. Tellier est devenu rapidement "le champion des records de vitesse sur canot à moteur".

 


Ce qu'en dit la presse d'après les renseignements de la Brigade Fluviale.

Une note écrite par M. Vaillant de la Brigade Fluviale en 1920, nous renseigne sur ce qu'était cette "deuxième" Mouette (canot à pétrole).

mouette067.jpg (12676 octets)Le canot à pétrole la Mouette 2 a été construit par M. Rouzet et les gardiens spécialistes de la Brigade Fluviale dans les chantiers de la Compagnie des bateaux parisiens, à Auteuil, sous la direction d'Alphonse Tellier 1, architecte naval, 52 quai de la Rapée à Paris qui en a dessiné les plans. Ce canot est destiné à remplacer le canot à vapeur désarmé et mis en vente.
Des modifications sont prévues par rapport au modèle original : protection des drosses du gouvernail et cloison séparant la chambre du moteur de la partie des personnes (1906).


Alphonse Tellier vers 1910 
d'après l'Illustration.

En 1907, le conseil municipal vote les crédits nécessaires pour l’ajout d’une moto-pompe Fariot pour le sauvetage des bateaux.

Moto-pompe de la Vigie semblable à celui de la Mouette 2 dont on n'a pas de photo.
Le Moniteur
13 novembre 1915

Caractéristiques de ce canot :

Longueur de tête en tête 12 m
Largeur au maître bau 2,40 m
Creux 1,30 m
Tirant d'eau à vide  0,60 m
Tirant d'eau en charge 0,95
Épaisseur des tôles oeuvres vives 3 mm
Épaisseur des tôles oeuvres mortes 2 mm
Charge maximum 3 tonnes (pour un tirant de 1,10 m).
Hauteur de flottaison avant 1 m
Hauteur de flottaison arrière  et milieu 0,60 m
Contenance 40 personnes 4

La Mouette 2 est munie d'une cabine et initialement d'un moteur Panhard 5 de 24 CV. En 1908 ce moteur est remplacé par un moteur Filtz  à quatre cylindres de 50 CV.
Le 9 avril 1906 par délibération du conseil municipal, des travaux sont votés pour la Mouette

Moteur  6800 Francs
Tôles de la coque, cornières 1500 Frs
Bois, menuiserie, charpente 500 Frs
Divers 500 Frs

Les dépenses se sont élevées à 7249 Francs dont 4500 pour le moteur.

Le journal de bord jusqu'en 1920

  • Le 6 juin 1906 à 10h30, mise à l'eau aux ateliers de la compagnie des Bateaux Parisiens 6 quai de Javel.
    7 juin 1906 essai de recette entre le pont de la Tournelle  et le Pont National. Il s'en suit :
Première remonte  15015 m/h 16300 m/h mauvais allumage
Descente  17500 m/h
Deuxième remonte 16600 m/h 18000 m/h allumage régulier
Descente  19400 m/h
  • Le 8 juin 1906 visite et essai de la commission de surveillance-acceptation
  • Le 21 février 1908 installation provisoire d'une pompe d'épuisement prête à fonctionner
  • Le 22 février 1908, essai de mise en marche pendant une durée de 10 minutes et de marche de stabilité entre le pont de Solférino et le Dock (Bras de la Monnaie) en présence de :
    • Monsieur Lépine Préfet de Police
    • Monsieur Duprey Inspecteur Général de la Navigation
    • l'inspecteur principal de la Brigade Fluviale
  • Le 28 février 1908 essai du moto-pompe muni d'un tuyau et d'une lance pour combattre les incendies à bord des bateaux en présence du Colonel commandant le Régiment des Sapeurs Pompiers et l'Inspecteur Général de la Navigation.
  • Le 13 mars 1908 le robinet d'amorçage du moto-pompe est remplacé par un bouchon de 0,05 m de diamètre et on constate que les résultats sont bons.
  • Le 25 mars 1908, la drosse 7 en fil de fer est supprimée et remplacée par une drosse composée de chaînes et de tringles en acier.
  • Le 20 juin 1908, livraison des tuyaux (aspiration et refoulement) du moto-pompe après nouveau système.
  • Le 1er juillet 1908 Un rapport de l'inspecteur principal Girard propose quelques transformations urgentes à apporter à la Mouette. 
    La Mouette est devenue un bateau-pompe et son moteur de 24 Cv est maintenant trop faible en raison de l'installation nouvelle apportée au bateau.

       
    C'est Monsieur Filtz demeurant 13 avenue du Roule à Neuilly qui prendra en charge ces modifications.
  • Le 2 juillet 1908, essai des tuyauteries de refoulement destinées à combattre les incendies. La projection atteint 20 m avec une seule lance, il en est de même si les trois tuyaux sont montés ensemble sur la culotte. Deux et trois lances donnent la même projection.
  • Le 4 juillet 1908 essai devant le Préfet Lépine.
  • Les 21, 22 & 23 janvier 1908, remplacement du plancher fixe par un plancher mobile, partie centrale et remplacement des banquettes.
  • Le 24 janvier 1908, transformation de la bâche abri en plusieurs parties, suite à la suppression de la cabine. Le Moteur et la chambre de navigation sont ainsi protégés.
  • Le 27 juillet 1908, les piles sèches sont remplacées par des accumulateurs.
  • Le 3 novembre 1908, le moteur Filtz 8 (50 HP 4 cylindres) est livré au Dock pour remplacer le Panhard de 24 CV.
  • Le 30 novembre 1908, essai devant la Commission de Surveillance.

Les sorties de La Mouette

1906 51 1911 27 1916 25
1907 33 1912 40 1917 13
1908 29 1013 29 1918 23
1909 19 1914 25 1919 17
1910 26 1915 20 1920 16 au 7 octobre

La chronologie de La Vigie s'arrête en 1920. Ensuite plus aucune trace de ses états de services ont été retrouvées dans les archives à l'exception des articles de journaux conservés aux Archives de la Préfecture de Police et du Service des Canaux de Paris que nous produisons.

Ce qu'en dit "Le Journal" en juin 1906.
Article signé R.L.
Retranscription manuscrite de l'article à la Brigade Fluviale.

La Mouette 3
La devise "Mouette" a été attribuée à une troisième embarcation de la Brigade Fluviale succédant au canot à pétrole désarmé à une date inconnue.

La Mouette 3 est un bateau Seyler 11 équipé d'un moteur à essence de 10 cv qui consomme 7 litres à l'heure. Son autonomie est de 3 heures, sa vitesse de 25 Km/h.
La date de sa construction n'est pas connue précisément mais le plus ancien cliché date de 1954.
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mouette063.jpg (35268 octets) La Mouette 3 en 1954.
Ce petit bateau était exploité à 2 agents, un barreur-mécanicien et un gardien de la paix.
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mouette066.jpg (49896 octets) Le moteur Johnson (et son réservoir d'essence) qui équipait la Mouette 3 et aussi le Cormoran en 1955.
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Cette Mouette 3 a été construite à une date inconnue (vraisemblablement en 1954). On ne sait pas si comme les précédentes elle a été achetée d'occasion par la Brigade Fluviale ou acquise neuve auprès des Établissements Seyler au Perreux.
Ce bateau semble être un petit dinghy de 3,60 m. appelé "Seyler 54". Il sort des ateliers Georges Seyler Aîné Quai de l'Artois au Perreux.
D'après le catalogue de l'époque, ce bateau date effectivement de 1954 et ses caractéristiques sont : 

  • Longueur : 3,60 m
  • largeur    : 1,30 m
  • creux      : 0,55 m
  • poids      : 55 kg

Bordé cèdre véritable du Canada sur membrures larges en frêne de qualité, doublé rivetage cuivre.
Pont avant cèdre ceinturé acajou, 2 banquettes, tableau arrière renforcé et ceinture pouvant recevoir un moteur de 7 à 10 CV.
On ne sait pas ce qu'est devenue cette petite vedette motorisée qui ne fait plus partie de l'effectif de la Brigade Fluviale.

 


hist115.jpg (74320 octets) © Préfecture de Police. Tous droits réservés.
Les trois "Mouette", à gauche le canot à vapeur de la Préfecture de Police, au centre le canot à moteur et à droite le bateau Seyler.
Trois canots différents qui on reçu la même devise.


 

  Notes :
  • 1 Alphonse Tellier installé à la gare d'Ivry en 1857 (source Frédéric Delaive), puis à partir de 1868 au 52 quai de la Rapée à Paris. 
    Tellier Fils (Alphonse) (1879-1928) et Gérard lui succède vers 1905. En 1900, Tellier équipe ses canots de moteurs à explosion : il est devenu un spécialiste de vitesse sur l’eau et remporte des courses de canot à moteur.
    Il travailla avec Louis Blériot et Gabriel Voisin sur les hydravions et détermina la puissance nécessaire à un moteur pour propulser une machine volante (hydravion) dont la masse est connue.
    Voir le site histoire-bateaux-aviron et celui des hydravions Alphonse Tellier.

  • 2 Les chaudières Fied équipaient également les pompes à vapeur des pompiers de Paris. Lors de la Grande guerre, ce sont elles qui furent retenues pour les divers équipements de nos armées.
  • 3C'est le mécanicien Rouzet qui a construit La Mouette dans le chantier des Bateaux Parisiens à Auteuil, aidé de ses camarades de la Brigade Fluviale. On a vu plus haut que les agents de la Brigade Fluviale étaient recrutés parmi les mécaniciens, chaudronniers, mariniers, on voit ici qu'ils se révèlent aussi comme des professionnels de la construction fluviale.
  • 4Cette valeur parait peu probable vue la taille du canot. Il est mentionné qu'aux essais il y avait 15 personnes à bord ce qui semble plus cohérent avec les dimensions de la vedette

    5 Panhard, constructeur d'automobiles dont la production industrielle commença en 1891.


    6 Le premier bateau à vapeur, exploité par la Compagnie des Bateaux à Vapeur de Paris à Saint-Cloud date de 1837.
    Du Madeleine-Bastille à Meteor, histoire des transports parisiens, 6 Marc Gaillard - p. 86
  • 7La drosse est une chaîne ou câble ou qui transmet le mouvement de la barre au gouvernail.
  • 8 Filtz a construit des moteurs divers (voitures, avions, bateaux, etc.). Il a travaillé avec E. Farcot et Burlat sur des prototypes d'avion. Il a construit entre autre un moteur de 60 ch rotatif à six cylindres possédant un vilebrequin par piston.
    En 1901 il construit un moteur de 30 HP pour le Bonnet-Labranche n°1.
    Il a aussi construit un moteur rotatif à vapeur.

  • 9 En septembre 1903 une course de "canots automobiles" (moteur thermique et machine à à vapeur) fut organisée du bassin de Courbevoie-Asnières à Deauville.
    C'est à une occasion semblable que l'idée germa dans l'esprit de Louis Lépine d'acquérir un canot motorisé pour la brigade fluviale.

  • 10 La Vigie a été acquise le 5 novembre 1903. Le prix convenu et accepté était de 6 000 Francs. C'est en délibération du Conseil Général du 12 décembre 1903 que fut autorisé cet achat. Sa mise en service date du 2 février 1904. 
  • 11 Le chantier Seyler est l'histoire d'une famille constructeur de diverses embarcations de plaisance (yoles, as, canoës, canots à moteur, dinghies, runabouts, vedettes, etc.).
    Pour ce qui concerne la Mouette 3 il s'agit probablement d'une construction Georges (jeune) Seyler, (le petit fils du fondateur Georges Seyler).

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