Le tramway électrique Decauville de 1890 - 2/9
Marc André Dubout
La ligne au gré des
archives
et au fil des cartes postales
L'ensemble des feuillets ont été consultés aux Archives communales de Corbeil-Essonnes que je remercie à travers ces quelques lignes.
Nous mettons en annexe
Le cahier des charges des tramways parisiens document de 1873, indispensable et préalable pour répondre aux besoins et contraintes en vigueur pour la construction de ligne de tramway.
En-tête des lettres de la Société des Établissements DECAUVILLE AÎNÉ
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Brouillon, visant à autoriser l'établissement du tramway Decauville de la gare
de Corbeil à ses ateliers
Le 28 septembre 1881, M. Paul Decauville écrit au Maire d'Essonnes pour lui
rappeler que le chemin d'Evry à Corbeil qu'il lui a autorisé à changer de place
dans la traversée de ses nouveaux ateliers1 a été laissé à la circulation il y a
quelques jours et il croit que le public doit trouver une changement appréciable
en comparant le nouveau chemin avec l'ancien.
Ce changement est même tel que la partie qui reste entre ce chemin neuf et le
territoire d'Evry-Petit-Bourg parait un véritable cloaque impraticable quand il
a plu.
Comme il est le principal intéressé dans le bon état de ce chemin, il vient
demander au Maire d'Essonnes l'autorisation de faire à ses frais la
régularisation de la partie de ce chemin dans toute le longueur en façade sur
une sablière qu'il a acquise de M. Taternot
Ce travail laissera une si petite partie de chemin à faire que la commune
n'hésitera probablement pas à le terminer, mais dans tous les cas la partie qu'il
offre de faire étant la principale, il espère que le Maire voudra bien lui
donner dans sa prochaine session, l'autorisation qu'il sollicite, et prie
l'agent voyer de tracer le redressage du chemin et son profil définitif pour
qu'il puisse faire le nécessaire au printemps
Veuillez
Le 23 novembre 1881, le Maire d'Essonnes écrit au Maire de Corbeil pour lui
communiquer une lettre de M. Decauville qui s'engage à faire entièrement à ses
frais la lacune du chemin d'Evry entre la partie construite et pont Bigot, à la
seule condition que le Conseil municipal accepte le tracé bleu.
Il serait superflu d'insister sur les avantages de cette offre ; aussi vous le
prie-t-il d'en informer le Conseil municipal de Corbeil et après décision, il
produira toutes le pièces nécessaires au projet.
La Commune d'Essonnes n'aura donc pas à s'occuper de la construction de ce
chemin ; cependant il attire l'attention du Maire de Corbeil sur l'amélioration
urgente de la section comprise entre l'entrée de l'usine de M. Feray et le quai,
dont une partie se trouve sur Essonnes et l'autre mitoyenne avec Corbeil,
principalement le long du mur de M. Bégler, les piétons ne passent que grâce à
un trottoir en mâchefer qui vient d'y être fait.
Le Maire d'Essonnes pourra également pour cette section préparer les plans et
nivellement avec un détail estimatif si sa proposition soit prise en
considération
Veuillez...
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Le 28 aout 1883, M. Paul Decauville écrit au Maire de Corbeil pour lui demander
l'autorisation d'établir un tramway à voie étroite entre la gare de Corbeil et
la limite du territoire d'Essonnes.
Cette ligne à la voie réduite de 0m,60 noyée dans le sol partout ou
elle sera susceptible d'être traversée par des voitures.
Elle sera établie partie avec des rails à ornière, dits rail tramway et partie
avec des doubles rails Vignole car je désir que cette installation permette de
comparer les différents systèmes de voies.
Pour cette même raison, afin de comparer les différents systèmes, la traction
aura lieu avec des chevaux ou des locomotives à air comprimé mais je m'abstiens
de vous demander l'autorisation pour la traction à vapeur en raison des
inconvénients qui en résulteraient pour les voitures.
Ce tramways se continuera jusqu'au territoire d'Evry-Petit-Bourg en traversant
une partie du territoire d'Essonnes et j'adresse par même courrier semblable
demande à M. le Maire d'Essonnes.
Je me propose de faire payer dix centimes par personne allant de la gare de
Corbeil jusqu'au territoire d'Evry-Petit-Bourg appelé le " Bras de fer ".
Même prix pour le retour. Si je prolonge la voie jusqu'au centre du village
d'Evry la taxe sera portée à 20 centimes.
J'espère que vous apprécierez Monsieur le Maire, les avantages qui résulteraient
pour votre Ville de cette facilité de communication qui permettra aux habitants
des villages voisins de se rendre plus rapidement pour leurs affaires et dans
ces conditions je pense qu'il vous conviendra d'accepter l'offre que j'ai
l'honneur de vous faire, de payer une taxe annuelle de trente francs pour
l'occupation d'une partie de la voie publique dans votre Ville.
J'offre également d'entretenir la voie publique comprise entre mes rails et les
trente centimètres qui seront de chaque côté.
Je vous demanderai de vouloir bien fixer à 15 ans la durée de cette
autorisation.
Je joins à ma demande le plan d'étude qui a été établi par M. l'agent voyer
cantonal.
Il me reste à ajouter que je ne doute pas ce cette première tentative de tramway
à Corbeil ait un réel succès et si je ne suis pas déçu dans mes espérances
j'aurai l'honneur de vous demander l'année prochaine une concession pour une
autre ligne de Corbeil jusqu'au quai de la Pêcherie.
Veuillez...
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Brouillon on daté,
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Le 20 février 1887, M. Paul Decauville écrit au Maire de Corbeil pour lui
rappeler que par sa lettre du 25 janvier 1884, il 'avait informer que le Conseil
municipal, dans sa séance du 9 novembre 1883, avait à l'unanimité approuvé
l'autorisation qu'il sollicitait pour établir entre la gare de Corbeil et la
limite du territoire d'Essonnes un tramway qu'il désirait prolongé jusqu'à la
partie du village d'Evry-Petit-Bourg appelé " Bras de fer " et où il aurait
transporté le public moyennant payement de dix centimes.
Il n'a pi profité de cette autorisation car après une longue étude de la
question, le Conseil municipal de la Ville d'Essonnes a décidé dans sa séance du
8 novembre 1885 qu'i y avait lieu de rejeter sa demande d'emprunter deux cents
mètres environ du trottoir entre l'extrémité de son usine et le passage à niveau
du Bra s de fer; parce que la réalisation de son projet de tramway serait
contraire aux intérêts de la population agglomérée de la Ville d'Essonnes.
Il n'a donc pu donner suite à son projet
Depuis cette époque il a apporté des perfectionnements nombreux à son matériel
de tramway, mais avant de chercher à le propager il a eu besoin de faire
circuler pendant un certain temps les voitures qu'il estime à un service public.
Il vient donc demander au Maire de Corbeil de vouloir bien lui confirmer son
autorisation du 25 janvier 1884 sous les mêmes conditions qu'i relate ci-dessus
mais en l'informant que le tramway ne devant faire qu'un service expérimental
entre la gare de Corbeil et ses ateliers transportera gratuitement les personnes
qui viendront les visiter.
De ce rapport il résulte que la Commission est d'avis :
- d'autoriser en principe l'établissement du tramway proposé
selon la demande ci-dessus du 28 août 1883, et aux conditions ci-après :
- 1. de poser les voies dans le sens longitudinal et à une distance minimum de
deux mètres des conduites d'eau et de gaz ;
- 2. de faire à ses frais la dépose et la repose des parties de voies traversant
les conduites toutes les fois qu'il y aura lieu d'y faire des réparations ;
- 3 . de payer à la Ville une redevance annuelle de dix centimes par mètre
courant de voie qui profiteront à la caisse des Écoles.
- 4. et enfin l'expiration de la concession, si la Ville le désire, M.
Decauville devra enlever les rails et rétablir la chaussée à ses frais. Le
droits des tiers sont expressément réservés.
L'autorisation ne pourra être donnée que pour une période de quinze années,
selon la demande.
Le Conseil, à l'unanimité, vote l'approbation de ce rapport.
Je joins le plan représentant la voie projetée, étudiée pour se conformer au §I
relaté ci-dessus. (plan non retrouvé dans les archives).
Je demande que vous vouliez bien ajouter l'autorisation de m'installer dans la
rue du Chemin de fer (devenue rue du Général Lucotte
en 1901) sur toute la longueur du
trottoir qui borde l'huilerie, trottoir que j'élargirais à 3 m, à mes frais pour
pouvoir y expérimenter les genres de voies qui ne devraient pas être noyées dans
les pavages ou le macadam.
Bien entendu je m'engagerai, à l'expiration de ma concession à remettre le
trottoir à sa largeur actuelle si vous le désirez.
Il me reste à ajouter que cette installation rapporterait 75 francs par an à
votre caisse des Écoles.
Elle ne pourrait gêner personne puisque les voitures de tramway remplaceraient
mes omnibus actuels.
Au cas où je réussirais dans mes essais, je serais heureux de proposer à la
Ville de Corbeil l'exploitation d'une ligne de tramway allant de la gare jusqu'à
la Pêcherie.
Cette installation présenterait comme démonstration un intérêt bien plus grand
que ma ligne expérimentale et j'espère qu'il ne se passera pas beaucoup d'années
sans que je puisse vous soumettre cette offre à votre Conseil.
Veuillez agréer, Monsieur le Maire l'assurance de ma considération distinguée.
Signé
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Le 20 avril 1887, M. Decauville accuse réception de la lettre de M. le Maire
dans laquelle il apprend que sa demande a été favorablement accueillie et lui
propose de lui rendre visite.
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Le 26 avril 1887, M. Paul Decauville écrit au Maire de Corbeil pour lui accusé
réception de sa lettre du 24 courant et s'empresse de l'informer qu'il
préférerait beaucoup installer la voie dans
l'avenue Darblay du côté des
maisons. C'est de cette manière que avait été faite l'étude de tramway qui était
jointe à sa première demande, mais dans l'autorisation que la Ville de Corbeil
lui a accordée le 9 novembre 1889 et dont il a remis copie dans sa récente
lettre du 2 février 1887, il avait été inscrit parmi les conditions :
- 1. de poser la voie dans le sens longitudinal à une distance
de minimum de 2 mètres des conduits d'eau et de gaz.
Il lui fait remarquer qu'il a dû prendre sur le nouveau plan qu'il a soumis,
cette situation anormale de couper deux fois l'avenue Darblay pour se conformer
à l'article ci-dessus mais il est bien évident qu'il vaudrait mieux laisser le
tramway s'installer à une distance quelconque et même sur les conduits d'eau et
de gaz, puisque l'article 2 disait :
-2 . de faire à ses frais la dépose et la repose des parties de voir traversant
les conduits toutes les fois qu'il u aura lieu d'y faire des réparations.
Il croit que l'obligation d'enlever les portions de voie à des intervalles plus
ou moins longs sera un inconvénient pour le tramway que l'inconvénient qui
résulterait pour le public de ces deux coupures de la circulation des voitures.
Il lui remet donc un petit plan indiquant le tracé modifié suivant sa demande et
dont le résultat sera également pratique pour le public et pour l'exploitation
du petit tramway.
Ce petit plan exécuté à la même échelle que le plan joint à sa demande du 20
février dernier peut être collé sur de premier plan
Veuillez...
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Par votre lettre du (pas de date), vous avez nommé une Commission de trois
membres à l'effet d'examiner une demande introduite par M. Decauville Aîné pour
l'établissement d'un tramway entre la gare de Corbeil et
la rue d'Evry par la
rue du Chemin de fer et le
quai de l'Apport-Paris.
Une proposition semblable, émanant du même industriel a été présentée en 1883 à
l'Assemblée municipale qui, après étude approfondie de la question l'avait
favorablement accueillie.
Votre commission, après un nouvel examen de l'affaire,
- considérant l'utilité de favoriser les progrès de
l'industrie en ce pays ;
- considérant que la réalisation de ce projet sera une source
de profit pour la Ville de Corbeil ;
- considérant enfin que le succès de l'expérience doit aider
à l'établissement d'un service public profitable à chacun :
- attendu que le projet actuel est de tous ponts conforme à
celui que le Conseil avait précédemment pris en considération, a l'honneur de
vous proposer d'accorder à M. Decauville Aîné l'autorisation qu'il sollicite aux
conditions suivantes :
- 1. La Ville de Corbeil impose à l'Entrepreneur l'obligation de
poser dans les trois mois de la notification, s'il accepte les voies spécifiques
en sa demande dans le sens longitudinal et qu'une distance minimum de deux
mètres des conduites d'eau et de gaz ;
- 2. De faire à ses frais la dépose et la repose des parties de voie traversant
des conduites toutes les fois qu'il y aura lieu d'y faire des réparations d'eau
ou de gaz ;
- 3. De payer à la Ville de Corbeil une redevance fixe annuelle de deux cents
francs ;
- 4. Au cas de traction par chevaux, l'Entrepreneur sera tenu de paver sur leur
passage de la cour de la gare au débouché de la rue de Seine, de conserver en
bon état d'entretien et de viabilité le terrain concédé tant à l'entre-voie qu'à
un mètre de chaque côté de la voie partout où la circulation publique l'exigera;
notamment aux points de raccordement avec les voies publiques traversées par la
ligne autorisée. Il sera rétabli et assurer à ses frais les écoulements d'eau
qui seraient arrêtés, suspendus ou modifiés par ses travaux.
- 5. La durée de la concession est fixée à cinq années qui
paraissent plus que suffisantes pour rendre les expériences concluantes.
Toutefois pour favoriser la création d'un service publique, si, dans cette
période, M. Decauville obtient l'autorisation de créer une ligne reliant la rive
droite et le centre de la Ville à la gare ou une autre allant de la Pêcherie à
la papeterie, à la durée la première concession s'ajoutera celle de la seconde
accordée par le Conseil municipal.
- 6. La Ville concèdera à M. Decauville tout mode de traction, celui par la
vapeur excepté.
- 7. La Ville autorise le concessionnaire à élargir à ses frais le trottoir de
la rue de Seine (côté Grand Moulin) qui doit servir à ses expériences. Si la
Ville le désire, il devra le ramener à ses dimensions actuelles à l'expiration
de la concession.
-8 . La ville se réserve tout droit pour traiter de la création d'un service
public, avec un autre entrepreneur qui serait suivant les besoins purement et
gratuitement substitué à M. Decauville, tant pour l'exploitation que pour les
charges dans le parcourt de l'avenue Darblay utilisée par la présente
exploitation.
- 9. À l'expiration de la concession stipulée à l'article 5, si la Ville le
désire, M. Decauville devra enlever les rails et rétablir les diverses chaussées
à ses frais.
- 10. Les droits des tiers sont expressément réservés.
Signé le membre de la Commission.
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Le 4 mai 1887, M. Paul Decauville écrit au Maire de Corbeil en lui adressant,
ci-joint, les deux expéditions de la convention relative au tramway, en le
priant de vouloir bien lui retourner une après l'avoir approuvée et signée.
Il lui remet également les deux pièces qu'il lui a confiées.
Veuillez...
Archives communales de Corbeil-Essonnes
Le 4 mai 1887, projet de convention entre les soussignés :
M. Litzelmann, Maire de Corbeil, agissant au nom de la Ville d'une part ;
et M. Decauville, Aîné, ingénieur, constructeur, Chevalier de la Légion
d'honneur, à Petit-Bourg, d'autre part ;
Il a été dit et convenu ce qui suit :
M. Decauville a adressé à la Ville de Corbeil en date du 20 février 1887 une demande pour être autorisé à établir une voie de tramway entre la gare de Corbeil et ses nouveaux ateliers pour faire un service expérimental en transportant gratuitement les personnes qui viendront les visiter, en faisant l'installation à ses frais et remettant à la Ville une redevance annuelle pour le terrain à suivre.
Le Conseil municipal considérant l'utilité de favoriser les progrès de l'industrie dans ce pays, considérant également que la réalisation du projet sera une source de profits pour la Ville de Corbeil et que le succès de l'expérience doit aider à l'établissement d'un service public profitable à chacun, a autorisé M. le Maire dans sa séance du 26 avril 1887 à traiter avec M. Decauville dans les conditions suivantes :
Tout ce que dessus fait double entre les parties.
Approuvé.