Mémoire de la ligne

Le Projet d'un service de voitures entre Boulogne et Paris - Concession Dupont (1875-76)

Marc André Dubout

 

En avril 1875, un nouveau service de voyageurs à traction hippomobile apparaît entre Boulogne et Paris Les Boulonnaises.
Cette initiative est due à Madame Veuve Dupont qui propose au Conseil municipal de Boulogne-sur-Seine un service d'omnibus, à la différence des nombreux autres projets de tramway pour Boulogne qui s'ouvrent vers Paris. Ce projet en plus du transport des voyageurs (20) est ouvert à celui de la messagerie avec proposition de dépôt des colis aux bureaux de Boulogne et de Paris ou même à domicile.
Un traité signé entre le Maire de Boulogne et Madame Vve Dupont stipule par dix articles le fonctionnement, et les conditions d'exploitation de ce service inter-urbain entériné par le Préfet de la Seine par l'intermédiaire du Sous-Préfet de l'Arrondissement de Saint-Denis dont relève la Commune de Boulogne-sur-Seine.
Y sont spécifiés l'itinéraire, le nombre des départs et leurs horaires en semaine et dimanches & fêtes, les divers tarifs qui y sont appliqués, etc.Les voitures sont des " accélérées ", à 0f, 25c, un cheval supplémentaire est ajouté aux deux habituels.

Mais dès 7bre 1875, un premier malentendu entre les parties apparaît au sujet d'un montant tarifaire sur le parcours de Saint-Cloud les dimanches et fêtes qui excède de 5 centimes ce qui avait été convenu.

En octobre 1875, un second différent survient au sujet d'une perception de tarif excédentaire dont le Maire lui-même en a été témoin. Cet incident sera sanctionné par le Conseil municipal qui imputera la somme indue au montant de la subvention.

En juin 1876 le Conseil municipal de Boulogne prend la décision de supprimer la subvention annuelle accordée au service de la Boulonnaise. Mme Vve Dupont accepte cette décision sans regret, le service étant onéreux et la cherté du fourrage étant une charge trop lourde.
Deux mois plus tard en août 1876, le Maire informe Mme Vve Dupont que le Conseil municipal l'autorise à cesser le service de la Boulonnaise et l'histoire ainsi se termine.

Une suite sera donnée à cette ligne par MM. Charles et Alfred Marceaux qui tenteront de reprendre ce service si Mme Vve Dupont s'y'soustrayait

Le succès des fiacres et entreprises de louage inspirent en 1661 à quelques investisseurs, dont Pascal, l'établissement de services de voitures publiques circulant de façon régulière, "mesme à vuide", sur des itinéraires définis. Les omnibus étaient crées. Leur nom provient du latin Omnium " pour tous " des " bus pour tous ". Au début la traction était le " moteur à crottin " comme était familièrement appelée la traction par chevaux.
Les premiers tramways étaient à traction hippomobile.
C'est en 1827, à Nantes qu'est créée l'Entreprise générale des Omnibus  (EGO), dotée d'un capitale de 500000 francs.
D'autres compagnies comme les " Orléanaises, les " Diligentes ", les " Béarnaises ", les " Petites parisiennes ", apparaissent puis disparaissent dans le premier tiers du XIXème S. La capitale en compte une trentaine. 1500 chevaux assurent la traction de ces voitures à itinéraire et prix fixes.

En 1855, le baron Haussmann, Préfet de La Seine, décide de la fusion des diverses entreprises de transport. Le monopole des transports par omnibus dans Paris intra-muros est confié à la Compagnie Générale des Omnibus (CGO). La CGO disparaîtra en 1921 avec la création de la STCRP la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne, ancêtre de la RATP.

 

 

Le Projet de service de voitures entre Boulogne et Paris - Concession Dupont au gré des archives

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
Projet de concession d'un service de transport de voyageurs et messageries entre Boulogne et Paris accordées à Madame Vve Dupont années 1875-76.

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Le 13 mars 1875, Madame Vve Dupont écrit à Monsieur le Maire de Boulogne-sur-Seine.
J'ai l'honneur de vous informer par suite des demandes réitérées que j'ai faites auprès de la Cie des Chemins de fer de l'Ouest, je suis en mesure de vous faire les propositions suivantes au sujet d'un service de voitures que vous désirez établir entre Boulogne et Paris :

Dans le cas où mes propositions seraient acceptées, je vous donnerai double satisfaction en réduisant le prix des places de mes omnibus de correspondance du chemin de fer à 0f,20 du bureau de Boulogne à la gare d'Auteuil.
Veuillez agréer...

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Le 25 mars, 1875, brouillon du projet de traité pour le service des voitures de Boulogne à Paris entre la Commune de Boulogne et Madame Vve Dupont.

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Le 25 mars 1875, traité pour le service des voitures de Boulogne à Paris entre la Commune de Boulogne et Madame Vve Dupont.
Entre les soussignés Monsieur Armand N., propriétaire, Maire de Boulogne-sur-Seine demeurant à Boulogne..., agissant en sa qualité de Maire de la Commune de Boulogne et en vertu d'une délibération prise par le Conseil municipal de cette commune dans la séance du 25 mars 1875.

Ainsi qu'il déclare :

Article 1er.
Madame Vve Dupont s'engage envers la Commune de Boulogne, ce que M. N. (Maire) accepte en sa qualité de Maire à monter et exploiter, à ses risques et périls un service de voitures de transport en commun et de messagerie entre Paris et Boulogne.
Le dit service commencera le 15 août 1875 pour se continuer jusqu'au 15 8bre 1875, mais avec la faculté respective pour les deux parties contractantes de résilier le traité pour le 15 8bre 1876 en se prévenant trois mois à l'avance.

Article 2ème
Les voitures destinées à ce service seront au nombre de deux et devront toujours être entretenues en parfait état de solidité et de propreté. Elles auront la capacité nécessaires pour le transport de vingt voyageurs tant dans l'intérieur que sur l'impériale et pour le transport de la messagerie.

Article 3.
Elle effectueront au minimum six départs par jour du Rond-Point de Boulogne3 à Paris, à un point qui sera ultérieurement fixé, d'accord entre les parties
Les dimanches et fêtes deux départs supplémentaires auront lieu le soir, mais seulement en cas de places retenues à l'avance.
Les départs des voitures auront lieu aux heures suivantes, sauf modification si l'expérience en démontre l'utilité:

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En service d'hiver le 1er départ aura lieu à 7 heures du matin de Boulogne et à 8 heures 30 de Paris.
Les dimanches et fêtes, le1er départ sera supprimé et remplacé par un départ de Boulogne, à midi et à 1h30 de Paris.
Les voyageurs pourront s'assurer des places en les retenant au bureau de Paris jusqu'au moment du départ à Boulogne, 3 rue de Bellevue, jusqu'à concurrence de treize et au bureau de l'église jusqu'à concurrence de sept. Chaque voiture partant du Rond-Point de Boulogne aura toujours sept places réservées pour le bureau de la place de l'église ; soit quatre places d'intérieur et trois places de banquettes. Les voyageurs pourront attendre la voiture aux bureaux de la rue de Bellevue, place de l'église et à Paris au bureau principal.

Article 4.
L'itinéraire des voitures est fixé ainsi qu'il suit :
Du bureau de Paris, de Rivoli, place de la Concorde, cours de la Reine, les quais jusqu'au pont de Grenelle, rue Gros, Grande rue d'Auteuil, boulevard d'Auteuil (parc des Princes) et Grande Rue de Boulogne4 jusqu'au Rond-Point.
Le trajet complet devra être effectué en une heure au maximum.

Article 5.
Les voitures stationneront sur le Rond-Point de Boulogne, à l'entrée de la Grande Rue vingt minutes avant l'heure du départ. Les colis et bagages pourront être envoyés à l'avance, soit rue de Bellevue n°3, soit au bureau de la place de l'église ainsi qu'au bureau de Paris.

Article 6.
Le prix des places pour chaque voyageur sera fixé à cinquante centimes en semaine et à soixante centimes les dimanches et fêtes pour le trajet complet.
À partir de la gare d'Auteuil jusqu'au Rond-Point de Boulogne, le prix des places sera le même que celui de la correspondance du chemin de fer.
Chaque voyageur aura le droit en outre au transporteur de bagages ou colis jusqu'à concurrence de dix kilogrammes. Les colis d'un poids inférieur paieront un supplément conforme au tarif suivant :

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La messagerie sera faite à Paris, bureau restant et à Boulogne à domicile. Les colis transportés en messagerie seront :
- jusqu'à 15 kilogrammes : bureau restant : 30 centimes, à domicile : 50 centimes
- au-dessus de 15 kilogrammes : bureau restant : 10 centimes en plus, à domicile : 30 centimes en plus par chaque fraction de cinq kilogrammes.

Article 7.
La commune de Boulogne paiera à Mme Vve Dupont une subvention annuelle de six mille francs, sans aucune retenue, que celles stipulées par l'article 10 payable par trimestre.

Article 8.
Mme Vve Dupont sera affranchie, pendant la durée du présent traité de tous les droits de stationnement, ou taxe municipale dans la Commue de Boulogne pour l'exploitation du service des voitures qui fait l'objet de ce traité.
De plus la Municipalité de Boulogne s'engage à ne donner aucune subvention à un service similaire pendant le durée du présent traité.
En cas d'autorisation donnée par la Municipalité pour l'établissement d'un service similaire Mme Vve Dupont aura la faculté de résilier le présent traité.

Article 9.
Madame Vve Dupont s'engage pendant la durée du présent traité :

Article 10.
Dans le cas, sauf celui de force majeure où le trajet ne s'accomplirait pas dans le délai fixé par l'article 4, l'entrepreneur subira une retenue de dix francs par chaque contravention constatée.
Les droits de timbre et d'enregistrement, auxquels le présent traité donnera ouverture, seront supportés par moitié, entre les parties contractantes.

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Le 16 juillet 1875, Mme Vve Dupont écrit au Maire de Boulogne-sur-Seine pour lui confirmer les conventions verbales arrêtées entre nous hier :

1. Mme Vve Dupont établit le prix des places, dans des omnibus de correspondance du chemin de fer d'Auteuil, ainsi qu'il suit, à partir de 20 courant, hiver comme été en semaine 0f,20 pour tous les parcours de la Commune de Boulogne, dimanches et fêtes 0f,25 de la gare d'Auteuil au bureau de Boulogne, en face de l'église et 0f,30 de la gare d'Auteuil à Saint-Cloud et ces omnibus continueront à desservir les trains.

2.Mme Vve Dupont (également à partir du 20 courant) ajoutera (en semaine seulement un départ au chemin des Boulonnaises, sans rien changer au conditions du traité passé avec la Commune de Boulogne. Ce départ aura bien lieu à 7h15 du matin de Boulogne et 8h30 de Paris.
En service d'hiver, le départ de 6h15 du matin sera supprimé et celui de 7h15 subsistera.

3. En échange de ces satisfactions données à vos désirs et à ceux de la population boulonnaise, Mme Vve Dupont demande aux autorités municipales de Boulogne de lui donner son bienveillant appui et de s'engager à ne pas soutenir et autoriser, par tolérance de stationnement et de racolage, les concurrences qui pourraient se créer dans le but de nuire à ses services ; et dans le cas où une concurrence viendrait à s'établir, Mme Vve Dupont aura la faculté de regarder les présentes conventions comme non avenues et de reprendre sa liberté d'action.
Veuillez, Monsieur le Maire, pour la bonne règle, me répondre si nous sommes d'accord sur toutes ces conditions et veuillez agréer...

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Le 17 juillet 1875, lettre du Préfet de la Seine issue de la Sous-Préfecture de Saint-Denis.

- vu le traité passé le 27 mas 1875, entre le Maire de Boulogne et la Dame veuve Dupont pour l'établissement d'un service de voitures publiques entre cette Commune et Paris : le dit service devant commencer le 15 avril suivant pour se continuer jusqu'au 15 octobre 1877, moyennant une subvention annuelle de six mille francs, accordée à la Vve Dupont sur les fonds communaux ;

- vu la délibération en date du 25 mars 1875 par laquelle le Conseil municipal de Boulogne a donné son approbation au projet de traité dont il s'agit ;

- vu l'arrêté préfectoral en date du 30 avril 1875 qui a déterminé l'emplacement et les conditions de stationnement des dites voitures sur la route départementale n°1 ;

- vu l'avis du Sous-Préfet de l'arrondissement de Saint-Denis en date du 3 avril 1875 ;

- vu l'avis du Préfet de Police, en date du 22 juin dernier ;

-vu la loi du 18 juillet 1837, et le décret du 25 mars 1852 ;

arrête :

Le traité ci-dessus visé est approuvé.
La subvention annuelle de six mille francs stipulée au dit traité et s'élevant à 4250 francs seulement pour l'année 1875 sera prélevée sur les fonds libres communaux de chaque exercice.
Ampliation du présent arrêté sera adressée à M. le Sous-Préfet de Saint-Denis
Paris le 15 juillet 1875
Pour le Préfet et par délégation, le Secrétaire général de la Préfecture, signé : E.T.
Pour ampliation le Secrétaire général de la Préfecture
Pour le Secrétaire général, le Conseillé de Préfecture délégué signé : R.
Pour copie conforme.

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Le 11 août 1875, Le Maire de Boulogne répond à Madame Mme Vve Dupont,
Par lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'assurer le 16 du mois dernier vous m'annoncer qu'à partir du 20 du même mois le prix des places dans le omnibus de correspondance du chemin de fer d'Auteuil sera fixé ainsi qu'il suit, hiver comme été :
en semaine 0f,20 pour tous les parcours de la Commune de Boulogne, dimanches et fêtes 0f,25 de la gare d'Auteuil au bureau de Boulogne, en face de l'église et 0f,30 de la gare d'Auteuil à Saint-Cloud et ces omnibus continueront à desservir les trains. En outre vous vous engager à partir du même jour, à ajouter en semaine seulement un départ au service des boulonnaises sans rien changer aux conditions du traité passé avec la Commune de Boulogne. Ce départ aura bien lieu à 7h15 du matin de Boulogne et 8h30 de Paris.
En service d'hiver, le départ de 6h15 du matin sera supprimé et celui de 7h15 subsistera.
En échange de ces satisfactions apportés passées entre vous et la Ville de Boulogne, la municipalité consent à vous donner son bienveillant appui et de s'engager à ne pas soutenir et autoriser, par tolérance de stationnement et de racolage, de la part des personnes qui voudraient vous faire concurrence sur votre ligne.
Il est entendu néanmoins que la Municipalité se réserve de tolérer si bon lui semble le stationnement ou les concurrences les dimanches et fêtes et que toutes les autres conditions qui ne sont pas contraires aux présentes son maintenues.
Veuillez...

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Le 8 septembre 1875, Mme Vve Dupont écrit au Maire de Boulogne.
J'ai bien reçu que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 6 courant.
Je reconnais la justesse de l'observation dont elle est l'objet ; et je me contente de vous affirmer que le fait que vous signalez est le résultat d'une légère omission que j'ai faite par inadvertance, dans ma lettre du 16 juin, en oubliant de vous avertir que pendant les quelques dimanches de la fête de Saint-Cloud, notre tarif est de 0f35 au lieu de 0f,30. Cette légère augmentation a toujours existé et c'est grâce à ce prix et à la grande affluence de voyageurs pendant ces jours de fêtes que notre service pour subsister et le maintenir sur le prix de régularité et de bonne administration dont je crois pouvoir me flatter.
Je fais appel à votre bonne foi Monsieur le Maire en vous rappelant que l'esprit de notre convention a été que je vous établirai le prix de la semaine à 0,f20 pour tout le parcours, et que les dimanches et fêtes, je ne pourrais faire autrement que d'établir une différance de prix pour le bureau de Boulogne seulement soit 0f,25 et le reste du parcours au même prix que Saint-Cloud, lequel est en effet de 0f,30 tous les autres dimanches et fêtes que ceux de la fête de Saint-Cloud.
Je compte donc, Monsieur le Maire, que vous voudrez bien rétablir nos conventions dans ce sens afin qu'il n'y ait plus de malentendus entre nous.
Je serais désolée que vous puissiez croire qu'il y ait eu de ma part une idée de bénéfice indû dans cette inobservation de notre traité ; mais j'ai l'honneur de vous répéter qu'il m'est impossible de faire autrement que de prendre les dimanches et fêtes un autre prix que celui pour Saint-Cloud, à partir du bureau de Boulogne, attendu que je ne puis établir un autre bureau de contrôle à l'extrémité de Boulogne et que par contre les feuilles de service des cochers ne pourraient m'indiquer le nombre des voyageurs descendus dans Boulogne.
Je n'ai pas en connaissance d'une autre réclamation du même genre, sans cela j'aurai fait la même réponse que celle que j'ai l'honneur de vous faire.

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Le 6 octobre 1875, Madame,
Aux termes des conventions résultant des lettres échangées entre nous le 16 juillet et 11 août derniers, le tarif pour les voitures de chemins de fer a été établi ainsi qu'il suit : en semaine 0f,20 de la gare à Saint-Cloud, dimanches et fêtes 0f,25 de la gare au bureau de Boulogne et 0f,30 de la gare à Saint-Cloud.
Or dimanche dernier il a été réclamé à des voyageurs, au nombre desquels je me trouvais 0f,35 pour le parcours entre la gare et le Rond-Point de Boulogne.
Ce fait avait été relevé et vous aurait été signalé il y a moins d'un mois et vous n'avez tenu aucun compte de l'observation qui vous avait été faite.
J'ai reçu des réclamations à ce sujet et je dois saisir le Conseil municipal qui décidera de la s'il y a lieu d'imputer sur le chiffre de la subvention l'excédent perçu indûment par vous sur ces prix du tarif.
Veuillez...

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Le 8 novembre 1875, Au moment d'établir le service d'hiver des Boulonnaises, je viens soumettre à votre approbation les changements dans les heures de départ, qui je crois utiles, d'après les résultats du chemin fait jusqu'à ce jour.
Le principal changement serait la suppression du départ de 9h30 soir de Boulogne et 10h45 de Paris, en semaine, ce départ ainsi que le prouve les feuilles de cochers n'a presque jamais de voyageurs.
Je croirai donc utile de la supprimer et de le remplacer par un autre départ dans la journée, soit par exemple à 11 h du matin, heure à laquelle il pourrait mieux répondre aux besoins du public.
Je vous proposerais donc d'établir le service d'hiver ainsi qu'il suit :

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avec départ supplémentaire à 9h45 soir de Boulogne, en cas de places retenues à l'avance (dimanches et fêtes seulement).
Je vous serais très obligée, Monsieur le Maire, de vouloir bien me fixer à ce sujet le plus promptement possible, afin de pouvoir établir ce service de suite.
Veuillez...

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Le 28 juin 1876, Mme VVe Dupont écrit au Maire de Boulogne
J'ai bien reçu votre lettre datée du 26 courant par laquelle vous m'avisez de la décision prise par le Conseil municipal de cesser la subvention du service des Boulonnaises, à la première période du traité passé avec moi, c'est-à-dire au 15 octobre prochain.
J'accepte cette décision sans regret car mon intention était de vous prévenir dans le même sens, attendu que ce service m'est plutôt onéreux que lucratif, en raison de la cherté des fourrages et du petit nombre de voyageurs transportés.
Veuillez...

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Le 8 août 1876, Le Maire de Boulogne écrit à Mm Vve Dupont.
Madame, j'ai l'honneur de vous informer que le Conseil municipal vous autorise à cesser le service de la Boulonnaise à partir du 1er octobre prochain, d'après la demande que vous avez adressée.
Veuillez...
Le Maire.

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Le 5 8bre 1876, Mme Vve Dupont transmet au Maire de Boulogne pour lui adresser le relevé du nombre de voyageurs transportés par le service des boulonnaises pendant le cours des 18 mois subventionnés par la Commune de Boulogne.
Je vous prie Monsieur le Maire de bien vouloir communiquer cet état au Conseil municipal afin qu'il soit complètement renseigné sur les résultats du service qu'il avait subventionné
Veuillez...

Le relevé du service des Boulonnaises révèle que le service a été effectué du 15 avril 1875 au 30 septembre 1876.
Le nombre de voyageurs transportés a été de 38702 voyageurs soit une moyenne quotidienne de 83,38. Le service a été fait à 7 départs par jour au lieu de 6 porté sur le traité soit une moyenne générale de 83.
Les mois de printemps et d'été ont été les plus chargés avec entre 2400 et 2900 voyageurs mensuels.

Ainsi s'achève ce service hippomobile des Boulonnaises. Le manque de voyageurs et les frais de fourrage sont les deux facteurs essentiels de ce renoncement de Mme Vve Dupont.

Une tentative de reprise de la part de MM. Charles et Alfred Marceaux a été adressée au Maire de Boulogne-sur-Seine1 et un projet te traité dont on a retrouvé le brouillon semble attester cette reprise.
Projet de reprise de la concession de Mme Vve Dupont par les Sieurs Charles et Alfred Marceaux

 
Notes :
  • 1 Le nom de Boulogne-Billancourt, tardivement adopté en 1926, acte le démantèlement, au profit du 16ème arrondissement, du vaste territoire de Longchamp et du bois de Boulogne, et l'adjonction, accordée en 1860 comme une compensation, de Billancourt, écart d'Auteuil devenu dans l'entre-deux-guerres le siège historique des usines Renault.
        

  • 2  La Compagnie Générale d'Omnibus (Compagnie générale d'Omnibus) est constituée en 1855 par fusion de plusieurs compagnies de transports urbains parisiens, sur la pression des autorités de l'époque soucieuses d'organiser le transport public de voyageurs à Paris. 

    3 Le Rond-Point de Boulogne s'est appelé par la suite le Rond-Point de la Reine.

  • 4 Aujourd'hui avenue J.B. Clément
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Sources :

  • Les tramways parisiens 2è Édition - Jean Robert - 1959.
  • Archives municipales de Boulogne-Billancourt

Sites :

 

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