Mémoire de la ligne

La ligne Épinay—Trinité - (54) - 1/15

Marc André Dubout

Épinay—Trinité :
  • Ouverture 26 septembre 1900
  • Tramways électriques Nord-parisiens (plots et trolley)
  • 1908 prolongement à la gare d'Enghien T.E.M.P., indice 3
  • 1er juin 1910 T.P.D.S., Indice ET
  • 1914, disparition des plots
  • 1er janvier 1921 S.T.C.R.P., indice 54
  • 25 mars 1935, suppression
  • 15,2 Km.
  • Dépôts de la Briche et St Ouen-Diderot capacité 100 véhicules
  • 8 754 000 voyageurs en 1908
  • 6 376 000 voyageurs en 1926
  • Motrices type G

La présente étude aborde la mémoire de ligne Épinay—Trinité à travers le temps en fonction des textes retrouvés dans les archives tant municipales que celles de la RAPT ou d'autres sources et dans l'espace en retraçant à l'aide de cartes postales le cheminement de la ligne du terminus d'Épinay à celui de la Trinité à Paris. 


La ligne 54 au gré des archives

La ligne Épinay—Trinité construite et exploitée par la Cie des Tramways électriques Nord-parisiens a été ouverte en septembre 1900 pour la grande Exposition Universelle. Il et a noté que chaque grande exposition universelle a été le moteur pour accélérer l'ouverture ou l'aménagement des lignes de transport en commun.

Dans son mémoire explicatif  de l'avant projet du réseau Nord-Ouest, de tramways à traction mécanique de pénétration dans Paris, MM. A. Grammont et É. Pichon du bureau d'Étude donne le tracé projeté de la ligne.
Archives Municipales de Levallois-Perret

Les deux terminus d'Épinay (celui de 1900) à la limite d'Enghien et celui de la Trinité devant l'église.

 

Le 19 août 1889, enquête sur la traction mécanique et la modification des voies ferrées des deux lignes de Paris à Saint Denis.
Le Préfet de la Seine, vu la pétition de la Cie des tramways Nord (T.N.) en vue d'obtenir l'autorisation de substituer la traction par machines à la traction par chevaux dans l'exploitation de ses deux lignes Saint Denis—Rue Lafayette et Saint Denis—Boulevard Haussmann (rue de Rome),

- vu le projet de modification des voies ferrées des deux lignes défini leur sortie de Paris jusqu'à l'entré de l'agglomération proprement dite de Saint Denis,
- vu la décision de M. le Ministre des Travaux publics en date du 19 juillet 1889 autorisant la mise à l'enquête,
- vu la loi du 11 juin 1880,
- vu le décret su 18 mai 1889,

Arrête :

Article premier. - Il sera procédé à une enquête administrative dans les formes prescrites par le décret du 18 mai 1880 sur la demande la Cie des tramways Nord (T.N.) et son projet de modification des voies errées des lignes Saint Denis—Rue Lafayette et Saint Denis—Boulevard Haussmann,

Art. 2. - En conséquence, un exemplaire de l'avant-projet dont il s'agit sera déposé à la Mairie de Saint Denis, chef lieu de Canton pour y être tenu à la disposition du public pendant un mois à partir du 31 août 1889 jusqu'au 30 septembre suivant.
Les mêmes pièces seront déposées à la Mairie de Saint Ouen à la même époque et pendant le même temps dans cette commune.
En outre, une notice explicative sera déposée à la mairie des 8ème, 9ème, 10ème, 17ème & 18ème arrondissements de Paris qui se trouvent traversés par les lignes de tramways dont il s'agit.
Il sera ouvert aux même lieus et pendant le même temps u  registre où les intéressés pourront consigner leurs observations.
Des procès-verbaux constateront l'ouverture et la clôture de ces registres municipaux des communes traversées,

Art. 3. - Immédiatement après la clôture de l'enquête, toutes les pièces seront soumises à l'examen d'une Commission
Suivent les noms des membres de la Commission.

Art. 4. - La Commission se réunira à la Préfecture de Seine (Hôtel de Ville de Paris) sur la convocation du Préfet.
Elle désignera son Président et son Secrétaire.
Les diverses pièces de l'enquête seront mises à sa disposition.
Elle appellera et entendra l'ingénieur en chef du Contrôle et toutes les autres personnes qu'elle jugera utile de consulter.
Elle examinera les déclarations consignées aux registres d'enquête.
Après avoir recueilli tous les renseignements dont elle croira avoir besoin, elle donnera son avis motivé tant sur l'utilité de l'entreprise que sur les diverses questions qui auront été posées par l'Administration ou soulevées au cours de l'enquête.

Art. 5. - Aussitôt que le procès verbal sera clos, le Président le transmettra au Préfet avec le dossier de l'enquête.

Art. 6. - Ampliation du présent arrêté sera adressé à :
- à chacun de membres de la Commission,
- à l'ingénieur en chef du Contrôle des Tramways.

daté et signé du Préfet de la Seine
Archives municipales de Saint Denis

Le 29 août 1889, le Préfet de la Seine adresse au Maire de Saint Denis ampliation d'un arrêté par lequel il a prescrit l'ouverture d'une enquête en vue de :
1. -
la substitution de la traction mécanique à la traction par chevaux dans l'exploitation de ses deux lignes Saint Denis—Rue Lafayette et Saint Denis—Boulevard Haussmann (rue de Rome),
2. - la modification des voies ferrées de ces deux lignes entre Paris et Saint Denis.
Il lui adresse en même temps un dossier des pièces destinées à être soumises au public ainsi que des affiches à placarder dans la commune.
Au terme de cet arrêté précité, l'enquête restera ouverte su 31 août au 30 7bre suivant.
Un registre devra être ouvert à l'effet de recevoir les observations du public.
À l'expiration du délai ci-dessus fixé, le registre sera arrêté et le résultat de l'instruction sera soumis au Conseil municipal et transmis à la Préfecture ainsi que tout le dossier de l'affaire en ayant soin d'y joindre copie de la délibération qui aura été prise.
Archives municipales de Saint Denis
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Le 31 juillet 1895, prolongement à Épinay du tramway Madeleine—Saint Denis.
Dans une délibération du 19 mai 1895, le Conseil municipal d'Épinay a demandé que la ligne de tramway de Saint Denis—Madeleine soit prolongée jusqu'à Épinay en suivant la route nationale n°14.
L'ingénieur ordinaire de la Direction des Affaires départementales, Bureau des travaux publics, contrôle des tramways établi le rapport suivant.
La Compagnie des Tramways de Paris et du Département de la Seine ( T.P.D.S.) a déclarée qu'elle était disposée à établir et à exploiter ce prolongement de Saint Denis à Épinay si la rétrocession en sa faveur de la ligne Saint Denis— Madeleine
1 était prolongée jusqu'en 1930 tandis qu'elle expire actuellement en 1918.
Il ajoutait que dans le cas où cette offre ne serait pas acceptée, elle se chargerait de l'exploitation de ce prolongement si la Commune d'Épinay le construisait à ses frais.
Si la commune d'Épinay, qui ne compte que 2591 habitants, est déjà desservie par le Chemin de fer du Nord, il est vrai que la station d'Épinay n'est pas placée au centre de cette commune, néanmoins il paraît probable que les recettes ne seront pas suffisantes pour couvrir les dépenses d'établissement et d'exploitation.
La Compagnie signale d'ailleurs qu'il ne paraît pas possible de reporter la fin de la rétrocession à 1930 pour obtenir ce prolongement.
Il semble donc que le seul moyen d'obtenir cette ligne serait que la commune d'Épinay prenne à sa charge les frais d'établissement de cette ligne comme cela a déjà été fait pour les tramways de Pré Saint Gervais et de Pantin.
Il pense qu'il y aurait lieu de transmettre ses observations au Conseil municipal d'Épinay, afin qu'il examine s'il est disposé à entrer dans cette voie.
Ce rapport est "vu et adopté" le 2 juillet 1895.

Archives municipales d'Épinay

La gare d'Épinay-sur-Seine des Chemins de fer du Nord construite en 

 


Le chemin de fer à Épinay-sur-Seine

La gare d'Épinay-sur-Seine est située sur la ligne d'Ermont - Eaubonne à Champ-de-Mars. Elle constitue l'une des deux gares de la ville avec la gare d'Épinay - Villetaneuse.
Ouverte en 1908 par la Compagnie des chemins de fer du Nord, c'est aujourd'hui une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) desservie par les trains de la ligne C du RER.
La gare est construite par la Compagnie du Nord en 1908 dans le cadre de la mise en service de la ligne des Grésillons (ou Ligne des Docks), en style régional mélangeant des matériaux décoratifs tel que la caillasse de Montmorency, la brique émaillée, la pierre de taille, des frises en céramique et une armature en fer.
La disposition d´élévation atypique de la gare est dû à son ancienne fonction de correspondance avec les trains de la ligne de Grande Ceinture, qui avait à cet endroit la halte de Grand Sentier. La Ceinture jouxte le pignon de la gare en enjambant la ligne C du RER.

La gare d'Épinay-Villetaneuse est une gare ferroviaire française de la ligne de Saint-Denis à Dieppe, située sur le territoire de la commune d'Épinay-sur-Seine dans le département de la Seine-Saint-Denis en région Île-de-France.
Elle est à environ 500 mètres de Villetaneuse et se trouve être la gare la plus proche du campus de l'université Paris 13.
C'est une gare SNCF desservie par les trains de la ligne H du réseau Transilien Paris-Nord. Elle se situe également sur la ligne de la grande ceinture de Paris et à l'origine de la ligne d'Épinay - Villetaneuse au Tréport - Mers.
Elle se situe au point kilométrique 9,1531 de la ligne de Saint-Denis à Dieppe. Elle est également l'origine de la ligne d'Épinay - Villetaneuse au Tréport - Mers. Son altitude est de 39 m.
La ligne de la grande ceinture de Paris est tracée sous les quais de la gare. Un raccordement existait autrefois entre la ligne de Saint-Denis à Dieppe et la ligne de la grande ceinture de Paris, vers l'ouest. Des immeubles d'habitation ont été construits sur son emprise par la SA HLM SICF-La Sablière, filiale de logement social de la SNCF.
Si l'arrêt semble avoir été créé en 18502, la gare ne fut construite qu'en 1880 sous le nom de « gare d'Épinay » par la Compagnie des chemins de fer du Nord selon une architecture propre aux gares de bifurcation, comme pour celle d'Eu en Seine-Maritime.
Elle prit le nom de Gare d'Épinay - Villetaneuse en 1908 lors de la création de la nouvelle gare d'Épinay-sur-Seine, sur la ligne dite « des Grésillons » (actuellement incorporée dans la branche nord de la ligne C du RER).
La section Épinay - Persan - Beaumont via Montsoult fut ouverte par la compagnie des chemins de fer du Nord en 1877, l'embranchement Montsoult - Luzarches en 18803.

La Grande Ceinture avait sa propre gare, située perpendiculairement à celle de la Compagnie du Nord. La carte, de 1917, montre qu'elle était transformée en café-restaurant.
En gare d'Épinay - Villetaneuse se trouvait une correspondance avec la ligne de Grande Ceinture, qui était dotée de sa propre gare, située sur la même place que celle des Chemins de fer du Nord. Très tôt désaffectée, puisqu'elle était occupée par le café de la gare au début du XXème siècle, elle a perdu son usage ferroviaire lors de la suppression du trafic voyageurs de la ligne en 1939 ; cette gare de Grande Ceinture a été démolie au cours des années 1990.


  • Année 1896

Le 6 décembre 1896, le conseil municipal d'Épinay émet un vœu tendant au prolongement jusqu'à Épinay d'une de ses lignes de tramways desservant la ville de Saint Denis.
M. le Maire propose au Conseil le renouvellement du vœu demandant le prolongement jusqu'à Épinay d'une de ses lignes de tramways desservant la ville de Saint Denis.
Le Conseil considérant que les habitants de la Commune Épinay dépendant de l'arrondissement de Saint Denis et du canton de Saint Ouen ne disposant d'aucun moyen de transport direct en communication avec ces deux points, renouvelle les vœux antérieurs qu'une des lignes de tramways desservant la Ville de saint Denis soit prolongée jusqu'à Épinay et prie Monsieur le Préfet de vouloir bien appuyer cette demande près du conseil général, afin de relier les communications avec les chefs-lieux d'arrondissement et de canton. 
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  • Année 1897

Le 14 mai 1897, MM. Coignet, Francq et Grosselin2 écrivent au Maire d'Épinay, suite à la conférence du 9 courant pour lui confirmer que leur groupe est disposé à renouveler sa demande de concession du tramway mécanique de Saint Ouen à Épinay par l'adjonction, à la ligne de Houilles à Saint Ouen qui va être prochainement déclarée d'utilité publique, d'une ligne de Gennevilliers à la station du chemin de fer d'Épinay par la route départementale n°9, la route nationale n°14 et le chemin de grande communication n°34 bis. À cet effet, MM. Coignet, Francq et Grosselin demandent que par une résolution du Conseil municipal d'Épinay, la Commune appuie fortement le projet auprès du Préfet de la Seine, du Conseil général et de l'État puis leur accorde une subvention annuelle de 3000 francs qui serait suspendue au bout du délai de 20 ans, si la recette brute kilométrique de la ligne atteint 20 000 francs par an ; enfin, donne éventuellement à ses frais, les facilités du passage des trains dans la courbe de 30 mètres à établir entre la rue de Paris et la rue du chemin de fer.
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Le 2 juin 1897, MM. Coignet, Francq et Grosselin écrivent au Maire d'Épinay pour accuser réception de l'extrait de délibération du Conseil municipal en date du 16 mai relativement au tramway mécanique d'Épinay à Saint Ouen. Tout en reconnaissant l'incontestable utilité de la ligne, le Conseil n'admet en principe qu'une subvention annuelle de 2000 Francs au lieu de 3000 demandés.
MM. Coignet, Francq et Grosselin expriment leurs regrets et confirment qu'après examen des charges et risques inhérents à ces sortes d'entreprises, qu'il leur paraît impossible de poursuivre utilement la réalisation du tramway qui intéresse la Commune d'Épinay, si le Conseil municipal de revient pas sur sa proposition en maintenant intégralement la subvention de 3000 Francs considérée comme indispensable à la réussite de l'entreprise.
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Le 10 juin 1897, M. E. Cauderay3, concessionnaire de plusieurs lignes de tramway en province et Directeur de la Compagnie Traction Électrique écrit au Maire Épinay pour lui accusé réception de la copie de la délibération du Conseil municipal et a la satisfaction de l'informer que le Conseil général de la Seine à voté la mise à l'enquête de la ligne d'Épinay-sur-Seine à Paris Chaussée d'Antin et rue Cadet 
Le dossier d'avant-projet de cette ligne a été adressée à M. le Préfet de la Seine et il a été soumis à l'examen de MM. les Ingénieurs des Ponts & Chaussées chargés du contrôle qui ont donné un avis favorable.
Ce prompt résultat est dû à l'initiative d'un Conseiller général de Saint Ouen qui a fait adopter le projet précité.

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Le 21 juin 1897, Monsieur Cauderay adresse au Maire d'Épinay copie de la lettre qu'il vient d'adresser à M. le Préfet de la Seine pour solliciter du Conseil général la concession de la ligne de tramways électriques à établir en Épinay-sur-Seine et Paris (Chaussée d'Antin et sur Cadet) avec embranchements de Gennevilliers à Saint Ouen et de la rue de Maistre à la butte Montmartre.
Il précise qu'il a joint à sa demande le dossier de l'avant projet de la ligne dont il est question y compris ses embranchements.
 Il espère que son projet donnera entière satisfaction aux besoins des populations, qu'il lui réservera sa bienveillance et l'appuiera dans les démarches nécessaires pour que le Conseil général soit appeler à statuer sur le dit projet dans sa prochaine cession.
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Le 26 juillet 1897, MM. Coignet, Francq et Grosselin transmettent au Maire d'Épinay une copie de la délibération du Conseil municipal de Pierrefitte dans laquelle sont exposées les conditions de subvention proposée pour le tramway de Saint Cloud à Pierrefitte.
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Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal de Pierrefitte, séance du 6 juillet 1897.
Le Conseil, se référant à la délibération du 16 juin 1897, vu la lettre de M. Edmond Coignet en date du 30 juin, lettre dans laquelle, il déclare accepter tout ce qui dans la délibération sus-visée a trait à la subvention proposée par la Commune de Pierrefitte à l'œuvre du tramway de Saint Cloud à Pierrefitte (extrémité nord) ainsi qu'au trajet de la ligne à construire dont la partie qui intéresse spécialement les habitants de Pierrefitte.
Confiant dans la sollicitude et dans la vigilance des pouvoirs publics ainsi que du Conseil général ;
Considérant :
- que les intérêts des différentes communes qui seront desservies par le tramway à établir de Saint Cloud à Pierrefitte seront suffisamment sauvegardés par le cahier des charges qui sera imposé à M. Coignet, futur concessionnaire dudit tramway, en ce qui concerne notamment le trajet général de la ligne à construire, le nombre des trains, l'horaire, le matériel et surtout le tarif des places ;
- que dès lors le traité définitif à intervenir entre la commune de Pierrefitte et de M. Edmond Coignet, pour le cas où ce dernier serait déclaré concessionnaire dudit tramway ne doit viser que sur la contribution financière de la Commune de Pierrefitte sous forme de subvention ou de garantie d'intérêts, ainsi que le trajet de la ligne à construire en ce qui concerne d'une manière spéciale ladite commune de Pierrefitte ;
- que dans ces conditions le Conseil doit maintenir dans la présente délibération, tout ce qui, dans celle du 16 juin dernier concernait la contribution financière de la commune de Pierrefitte à l'œuvre du tramway de Saint Cloud à Pierrefitte, en reproduisant, mais en modifiant et restreignant en tant que de besoin le texte de ladite délibération,
Délibère.
- Le Conseil est à nouveau d'avis d'accorder à M. Edmond Coignet ou à la société qu'il fondera pour la construction et l'exploitation du tramway projeté une subvention annelle qui sera comme une sorte de garantie d'intérêts sur les bases suivantes :
- soit 2500 Francs pendant 20 ans et ensuite 2000 F. pendant dix autres années.
L'échelle décroissante proposée par M. Coignet, par la lettre sus-datée, étant acceptée par la commune de Pierrefitte, cette dernière aurait à payer annuellement à M. Coignet ou à sa société pendant les 20 premières années :
   - 2500 F, tant que la recette brute kilométrique de la ligne entière serait inférieure à 18 000 F.
   - 1700 F, quand la même recette serait comprise entre 18 et 19 000 F.
   - 1000 F. quand elle serait comprise entre 19 et 20 000 F.
Pour les dix dernières années, l'application de la même échelle décroissante donnerait les résultats suivants :
   - 2000 F quand la recette brute kilométrique serait inférieure à 18 000 F.
   - 1300 F. quand elle serait comprise entre 18 et 19 000 F.
   - 700 F. quand elle serait comprise entre 19 et 20 000 F.
Cette subvention à titre de quasi garantie d'intérêts soit de 2500, soit de 2 000 F. cessera d'être payée dès que la recette brute kilométrique de la ligne Saint Cloud—Pierrefitte atteindra 20 000 F.
Cette subvention est consentie aux conditions suivantes qui devront être inscrites dans le traité  définitif à intervenir une fois la concession octroyée :

  • 1. Point de départ, mode de paiement de la subvention
    La subvention dont il s'agit ci-dessus aura pour point de départ le jour de l'inauguration ou plutôt de la mise en service effective du tramway à construire et le paiement de la dite subvention aura lieu chaque année après la clôture de l'exercice annuel du tramway mais seulement après présentation par M. Coignet ou de la société de l'état des recettes brutes par kilomètre de la ligne à construire.
    Il est bien entendu que, si pour une cause quelconque, le service du tramway venait à cesser ou si la compagnie n'exécutait pas les obligations auxquelles elle sera soumise par le cahier de charges qui lui sera imposé comme concessionnaire, la subvention cessera. d'être payée ; cette condition sera du reste spécifiée d'une manière plus précise dans le traité définitif.

  • 2. Trajet de la ligne à construire
    Le tramway ayant son point de départ à Pierrefitte (extrémité nord) avenue du nord au-dessous de l'intersection de cette dernière et du boulevard de la station devra traverser Pierrefitte dans toute sa longueur, suivre la route nationale n°1, passer place de la Caserne à Saint Denis et gagner ensuite et surtout la gare de chemin de fer du Nord à Saint Denis par le tracé prévu en la demande de concession (cours Benoist, nouvelle église, etc.), afin de permettre aux voyageurs de correspondre, soit avec la ligne de tramways de Paris, soit avec la ligne de chemin de fer du Nord.

Le Conseil décide, en outre, que par les soins de M. le Maire, copie de la présente délibération sera transmise à M. Coignet qui sera invité dans la lettre d'envoi à rectifier d'une manière formelle dans le plus bref délai l'acceptation de principe formulée par lui en sa lettre du 30 juin 1897.
Signé le Maire de Pierrefitte.

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Brouillon non daté mais de la même époque où sont consignés les points à abordés : tarifs maximum, trains ouvriers, abonnements, billets aller et retour, réduction du quart, bagages gratuits jusqu'à 20 heures, voyageurs et marchandises, nombre de trains minimum (12 dans chaque sens, 19 entre Épinay et Saint Ouen).
L'exploitation par tramway coûte 80 à 90 centimes par kilomètre, voiture de 50 places et de 0,60 F. en moyenne.

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Le 10 août 1897, MM. Cauderay & Renard demandent au Maire d'Épinay de remettre leur rendez-vous du jeudi 12 août au lendemain.
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Le 10 août 1897, MM. Coignet, Francq et Grosselin écrivent au Maire d'Épinay lui proposant de se présenter devant la Commission d'étude chargée du tramway.
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Le 9 décembre 1897, le Ministre des Travaux publics écrit au Préfet suite au rapport de MM. les ingénieurs et l'avant-projet présenté par M. Cauderay & Renard en vue d'obtenir la concession d'une ligne de tramway à traction électrique, destinée au transport des voyageurs entre Épinay et la rue de la Chaussée d'Antin à Paris. La dite ligne comportant trois embranchements de Saint Ouen à Gennevilliers, de la porte Montmartre à la place Cadet et de la rue du Maistre à la Butte Montmartre.
D'après les dispositions proposées, la ligne principale partirait de la limite des Départements de Seine & Oise et de la Seine sur la Route départementales n° 9 bis de manière à desservir l'agglomération de Neulimont-le-Pauvre et aboutirait après un parcours de 600 mètres, sur la Route nationale n°14 qu'elle emprunterait ensuite sur trois kilomètres pour traverser l'agglomération d'Épinay et parvenir à la bifurcation de la Route départementale n°11 par laquelle elle pénétrerait dans Saint Denis. Dans cette dernière ville elle emprunterait successivement le boulevard de la Briche, les rues de la Briche et de la Charonnerie, le boulevard de Châteaudun et le cours Ragot jusqu'à la rencontre du tramway de Saint Denis à la Madeleine dont elle suivrait les rails sur une longueur de 3200 mètres jusqu'à la bifurcation de l'avenue des Batignolles avec le chemin de grande communication n° 19.
Elle pénétrerait par ce chemin dans Paris, à la poterne de Montmartre et suivrait les rues du Poteau, Damrémont et Caulaincourt, le boulevard et la place de Clichy, où la voie descendante gagnerait la place de la Trinité et les rues d'Amsterdam et de Londres, tandis que la voie montante emprunterait la rue de Clichy. À partir de la place de la Trinité, la ligne suivrait les rue Mogador, Gluck et Meyerbeer et aurait son terminus à l'angle de cette rue et de celle de la Chaussée d'Antin.
La longueur de cette ligne principale sera de 14,393 Km. dont 10,671 Km. extra-muros et 3,722 intra-muros. La voie sera normale, la distance minima aux façade des maisons riveraines sera de 1,40 m., d'après le devis descriptif, mais les profils en travers type pour tramways sur trottoirs donnent une indication contraire.
La traction sera faite au moyen de l'électricité par trolley en dehors de Paris, par contact superficiels, accumulateurs ou conducteurs souterrains à l'intérieur de Paris ou, tout au moins dans les rues de Paris où le trolley ne sera pas admis.
La dépense d'établissement pour l'ensemble de la ligne principale et des trois embranchements est estimé à 5350615 F.
MM. les ingénieurs du Contrôle ont présenté dans leur rapport les observations suivantes :

- 1. La rue Mogador que doit emprunter le futur tramway pour aboutir à la Chaussée d'Antin n'étant pas encore complètement percée, il convient d'arrêter, pour le moment, la ligne à la place de la Trinité.
- 2. L'embranchement de Saint Ouen à Gennevilliers a déjà été soumis à l'enquête sur la demande de la compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine (T.P.D.S.) qui l'exploite provisoirement avec un omnibus en attendant que l'importance du trafic justifie la pose des voies ferrées.
- 3. Les deux embranchements prévus dans Paris ayant fait l'objet de demandes en concession qui sont soumises au Conseil municipal de Paris, il y a lieu de les retrancher du projet, étant donné que la section principale intra-muros paraît devoir fournir un trafic suffisant pour couvrir les frais d'établissement et d'exploitation.
- 4. La ligne projetée doit emprunter les voies de la ligne Madeleine—Saint Denis, sur une longueur de 3,200 m., mais les demandeurs en concession ont justifié d'une entente intervenue au sujet de cet emprunt, entre eux et la Cie des T.P.D.S. qui exploite cette dernière ligne.
MM. les Ingénieurs rappellent, en outre, que depuis plusieurs années, le Conseil d'arrondissement de Saint Denis et le Conseil général de la Seine ont demandé que la commune d'Épinay soit reliée au réseau des Tramways du département. Ils estiment que la ligne projetée par MM. Cauderay & Renard rendra de grands services aux populations intéressées et qu'il y a lieu d'en autoriser la mise à l'enquête.
M. le Préfet a déclaré s'associer aux conclusions de MM. les ingénieurs, en conséquence de quoi, L'ingénieur des Ponts & Chaussées autorise l'ouverture de cette enquête dans les formes déterminées par le règlement d'administration publique du 18 mai 1881 sous les réserves suivantes :
- (a) la ligne sera intitulée : ligne d'Épinay à la place de la Trinité dans Paris ;
- (b) on retranchera du dossier ce qui est relatif aux embranchements et à la portion de la ligne principale comprise entre la place de la Trinité et la Chaussée d'Antin.
- (c) on corrigera les profils en travers type de manière qu'il soit établi que la largeur libre entre les façades et le matériel roulant est de 1,40 m. et non de 1,10 m. ;
- (d) l'estimation des dépenses, l'évaluation des recettes, l'établissement des tarifs seront révisés en tenant compte de la suppression des embranchements et de l'établissement du terminus à la place de la Trinité.
Il autorise, en outre, MM. les ingénieurs à procéder aux conférences avec l'administration des Postes & Télégraphes.
Il prie enfin de donner connaissance de cette décision à M. l'Ingénieur en chef et à MM. Cauderay & Renard.
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Le 9 décembre 1897, les pièces du dossier
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Le 9 décembre 1897, l'itinéraire dans les communes de Saint Ouen, Paris, et les deux embranchements de Gennevilliers à Saint Ouen et de la Butte Montmartre.
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Notes :
  • 1 Saint Denis—Madeleine
  • 2  MM. Coignet, Francq et Grosselin étaient également les promoteurs des Tramways Mécaniques des Environs de Paris (T.M.E.P) qui exploitait en autres les lignes de Saint Germai-en-Laye à Poissy et Porte Maillot à Maisons-Laffitte.
  • 3 M. E. Cauderay & Renaud de l'Entreprise Traction Électrique étaient concessionnaires et:ou propriétaires de lignes de tramway électriques dans plusieurs grandes métropoles françaises dont celle de Montmorency—Engien—St Gratien, celle de Le Raincy—Montfermeil, Boulogne -Billancourt, Sceaux—Chatenay, Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine, Parie porte d'Orléans et plusieurs dizaines d'autres en France à même à l'étranger.
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Sources :

  • Cent ans de transports en commun dans la Région Parisienne Tomes 1 à 4 - Louis Lagarrigue - 1956
  • Les tramways parisiens 2è Édition - Jean Robert - 1959.
  • Archives municipales de Levallois
  • Archives municipales d'Épinay
  • Archives municipales de Gennevilliers
  • Archives municipales de Saint Denis

Sites :

  •  

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