Le carnet du CFC
Les Soixantes ans de l'AMTP
MAD
Plusieurs de nos Associations préférées ont dépassé en durée le
demi-Siècle, l'avions-nous envisagé au début quand chacun de son côté posait son
premier coupon de 5 mètres en rail de 9,5 Kg. Peut-être pas. Le plaisir était
instantané, semblait éphémère, immédiat, nous ne pensions pas toujours à l'avenir,
je parle de l'avenir lointain, pas celui de la semaine d'après où il faudra éclisser ce
que l'on a posé les jours passés, ceux-là ne comptent plus, c'est demain qui est
intéressant.
Puis un jour la première locomotive roule sur cette voie frêle qui nous a demandé des
efforts mais qui nous a comblé. Le soir en rentrant à la maison la journée se
déroulait point par point dans nos têtes en y repensant. Le temps a passé et la
locomotive a tiré ses premiers wagons puis pourquoi pas des voitures fabriquées
à la
hâte et avec des voyageurs en plus. Nos rêves prirent racines et nous ont alors plongé
dans une réalité qui nous a sauté au visage nous gérions un vrai chemin de fer.
À Pithiviers la voie était déjà posée comme dans d'autres Associations. Si ce
n'était pour ainsi dire pas une création, c'était une renaissance, un réveil, un
sursaut. Pourquoi ne pas continuer à faire vivre ce qui allait disparaître ? Mais dans
ce temps-là, ça ne se faisait pas. Quand une activité finissait, on tirait le rideau,
on fermait la porte, demain était un autre jour. On laissait mourir.
C'est alors qu'une poignée de passionnés se proposèrent de poursuivre l'activité non
pas celle du transport agricole mais de promouvoir cette ligne historique en activité
touristique. Après un refus de l'Administration, les cautions de l'AMTUIR et de la FACS
permirent une tentative d'exploitation qui se transforma dès avril 1966, le 26
précisément, en nouvelle vie pour le TPT ou le " Decau " comme l'appelait
familièrement les riverains.
Le 26 avril 2026, c'était la semaine dernière et Pithiviers célébrait comme chaque année la Saint-Georges, ça tombait mal pour fêter les soixantes ans du TPT et puis le Week-end du 1er mai offrait trois belles journées de congés et de circulation.

Cette journée inaugurale fut un belle réussite. Après de nombreuses journées de
travail pour être fin prêt pour l"événement la 3-5 Blanc-Misseron rutilante fut allumée le matin
au dépôt, entouré des machines invitées, la 030T Decauville de l'APPEVA, la Pistache
de Saint-Amand et la Touraine de Rillé.
Pendant la chauffe, un petit tour sur le grill du dépôt nous permet de voir des véhicules inhabituels à Pithiviers

Le train grumier avec le locotracteur des " Grandes Gueules " films
culte que tous les amateurs que nous sommes ont regardé maintes fois.

Bien sûr celui-là il est plus rutilant que le vrai qui était en fin de carrière
portant tous les stigmates de sa vie passée à la scierie.
Le film aussi fête ses soixantes ans.
Un Pétolat de type Deutz PME 117.

Le Speeder de l'APEMVE.

La Betterave, un locotracteur Campagne de 1920 et les deux petites baladeuses
montées sur des lorries de service. Cette rame assurera l'animation sur la boucle de Bellébat.

La petite voiture d'inspection Decauville de quatre places assises du TPT et surprise
derrière un wagon Decauville de 1916 récupéré chez Luchaire par le CFC en 1920 et
vendu au TPT.
Un petit tour sur les voies de la gare de Pithiviers nous montre à regret la situation ferroviaire du site livré à la végétation alors que nous avons connu ces mêmes voies remplies de wagons de marchandises de toutes sortes, surtout des vracs de céréales en partance dans toutes les directions.
Voilà où on en est en France, la ramasse complète. Il y a encore 20 ans, la gare
était remplie de wagons de marchandises de toutes sortes et les embranchements
particuliers (EP) fonctionnaient à plein. Le Fret a été démantelé comme on sait
faire.

Quant tout à coup, on entend un bruit de moteur. Est-ce un autre locotracteur qui arrive
? Non c'est Dick un semi remorque belge bien connu qui amène la Marc Seguin de
l'ARPI.

Le camion recule sur la voie normale qui longe le dépôt du TPT (celle où autrefois le
wagon de charbon déversait directement sur le grill) et commence à décharger à l'aide
de son bras de grue.

D'abord, la voiture pour les voyageurs puis la machine, pièce la plus lourde, pas trop
éloignée de la grue.

... et enfin le tender caractéristique avec ses vastes ventilateurs pour attiser le feu.

La Marc Seguin évoluera sur la courte voie d'environ 300 m. destinée autrefois
au silo.

Sébastien, le Président, fait un discours d'inauguration avec un bref historique de cette
belle aventure et remercie tous les acteurs, politiques, bénévoles, partenaires, etc.

Pose photo pour la postérité. On recommencera dans dix ans mais nous serons moins
nombreux.

Puis le ruban est coupé par Monsieur le Député A. Brosse.

Dernier graissage avant le départ pour le train inaugural.

Au manche de fer Jean-Bernard qui a participé amplement au remontage de la 3-5
Blanc-Misseron de 1902 pour qu'elle soit prête aujourd'hui.

Le Crochat (1922) suit le train inaugural jusqu'à l'évitement des Carrières où de nombreux photographes amateurs attendent notre passage.

Puis la machine fait sa remise en tête et le train repart à Pithiviers. Avec le Crochat
nous irons sur la boucle de Bellébat pour faire le retournement sur la raquette.

L'évitement des Carrières. En attente du croisement.

Au retour Jean-Paul m'invite à monter en cabine.

Retour sur Pithiviers comme en 1922, ça brinqueballe pas mal...
La fin de journée verra plusieurs circulations avec en tête les diverses machines, toutes magnifiques.
Les jours suivants ont été consacrés aux nombreuses et attrayantes circulations des trains de voyageurs et convois de marchandises qui ont fait la navette entre la gare et le terminus de Bellébat.
Quelques mots sur les matériels


Pistache Locomotive ORENSTEIN ET KOPPEL n°4852 de 1911. Son
Poids est de 9 t. et sa vitesse
de 20 Km/h pour une puissance de 50 Cv. Chemin de fer de la Scarpe
Pour plus d'information :
Train Touristique de la Vallée de la Scarpe (TTVS)

La Touraine O&K n°5829 de 1913, arrivée en 1972 sur le CF de Rillé. Ex.
Sablières de Nemours reconnaissable à son tamponnement fait pour son attelage
avec ses wagons girafes de ce réseau sablier.
La 030T Decauville Nord-Est n°1652 de 1916 de l'APPEVA n°5 d'une puissance de 60
Cv. 10,5 tonnes en ordre de marche. Ex. Ministère des Régions libérées puis
sucrerie de Toury (1934). Restaurée par l'APPEVA.

Le Minihic locomotive 3-5 Blanc-Misseron (1902) à Crespin (Nord). EX. Paramé. En
1966, elle a assuré le train d'inauguration du Musée des Transport de
Pithiviers.
Pour plus d'information :
La Blanc-Misseron 3-5 - C F de PITHIVIERS (Loiret)

Les Fontenelles locomotives 130T Meuse n°9 de 1938. Poids, 16,5 tonnes,
puissance de 150 Cv, Chaudière à foyer Belpaire. Ex. sucrerie de Maizy (Aisne
1962) et confiée à l'AMTP en 1967.

La DFB Henschel 4-5 n°1551 de 1917. EX. Sablières de Bourron-Marlotte
(Seine-et-Marne).

Locotracteur Diema (Diepholzer
Maschinenfabrik, Allemagne) n°185 de 1979,Ce
locotracteur vient du réseau sucrier de Shan-Hua à Taïwan, il est venu en France
pour une remise à neuf chez CFG (Constructions Ferroviaires Giragr) à
Saint-Giron d'Aiguevives en Gironde.

La Marc-Seguin a assuré des aller-retour ur la voie proche du site de l'AMTP
pour le grand plaisir des visiteurs.

Scène d'attelage entre les deux grands types de l'époque, parfaitement
compatibles : " Tampon Péchot " et " Tulipe Decauville ".

C'est bon signe le dépôt des locomotives est complètement vide, le matériel est
en ligne, circulation oblige.
Et à Bellébat ?
À Bellébat diverses animations étaient proposées au public qui s'y attardait une bonne partie de la journée.
Video
La Schneider et sa rame petit gabarit à laquelle a été adjoint la baladeuse
ouverte Decauville.
La 020T Scheider de 1870 d'un poids de 2,5 tonnes était construite par le
groupe éponyme en voie de 50 puis fut transformée en voie de 60 pour œuvrer aux
usines céramiques de de Decize (58) vers 1939. Elle arriva à l'AMTP en 1966 et
fut restaurée en vue de circuler pour son centenaire en 1970.

Le locotracteur des " Grandes Gueules " reconstruit.
L'original
provient d'une filature textile de Saulxures-sur-Moselotte et fut loué avec ces
wagons pour le film des Grandes Gueules avec Bourvil et Lino Ventura.
C'était bien un Deutz PME 117 F n° 8932, construit en 1929.
video

Le wagon-bar aménagé à partir du wagon couvert TPT, ex. K76.

Voiturette Decauville 69-1 de 1890. Les voyageurs ne sont pas d'époque.
À l'intérieur de la gare de Bellébat, les stands attendent les amateurs.

et divers matériels de petit gabarit mais de grand charme.


Le dernier jour une cavalcade " vapeur " a eu lieu sur la boucle de retournement.
Les trois plateformes Decauville de 1916 récupérées à Luchaire (Cher) en 1991 et antérieurement affectées pendant la Guerre de 14-18 à la place forte de Toul.

L'une a retrouvé une vocation du TPT pour le transport des betteraves avec une
porte latérale pour le déchargement dans les fosses des sucreries. Les autres servent pour le
moment au stockage de voies portatives et des aiguillages que nous avions
récupérés à la vente du Siècle.
Ces wagons ont heureusement retrouvé un environnement plus propice à leur
existence sur un réseau historique davantage en cohérence avec leur histoire.

La voie en impasse à l'extrémité du triangle a retrouvé sa sérénité.
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