L'Association -souvenir
La génèse du Chemin de fer des Chanteraines
Marc André Dubout
J'ai retrouvé dans mes archives
du CFC un entretien enregistré avec Jean-Yves Guillemont, qui a fait l'étude de
l'implantation du CFC dans le parc des Chanteraines..
Jean-Yves Guillemont, membre fondateur de l'association du CFC (1984) était le
promoteur et exploitant du regretté Chemin de fer de Saint-Eutrope près d'Evry.
Collectionneur grâce à qui bon nombre de matériel en voie de 60 a été conservé,
avait une Société Étude et Équipement dont les statuts, comme il l'explique dans
l'entretien incluait la compétence à prosuire des études d'implantation de chemins
de fer touristique.
L'idée d'un chemin de fer à construire dans le parc vient de lui qui avait de la sympathie pour notre association, ses visites en témoignent.
Au commencement du chemin de fer
des Chanteraines, c'est Monsieur Carré le Directeur des Espaces Verts (DEV) au
Conseil général des Hauts-de-Seine qui a rencontré Monsieur Jean-Yves Guillemont
à Saint-Eutrope (1978) connu par la renommée de son chemin de fer éponyme. Il est vrai qu'à cette époque,
nous sommes à la fin des années 70, début 80, les " trains touristiques "
étaient peu nombreux et connus seulement d'un public averti.
Patrice Carré était venu le voir à Saint-Eutrope.
J'avais demandé à J-YG de me raconter l'histoire du Chemin de fer des
Chanteraines avant mon adhésion à l'association. Je le connaissais de Saint-Eutrope
pour m'y être rendu à plusieurs reprises et nous avions sympathisé.
Lors de cet entretien,
J-YG ouvre son dossier, évoque le plan du parcours jusqu'à Passage de Verdure
(1981), sans la boucle sur les Tilliers qui n'a jamais été construite
complètement. La voie a été posée jusqu'à la gare de Gennevilliers en 1990,
sans retour côté Est vers Passage de Verdure.
Il évoque les tarifs, le nombre
des voyageurs estimés à 42 000, le règlement, etc.
Il me parle de Michel Dubuis (MTVS) qui le connaissait puisque que sa
machine, (la Chanteraine) roulait à Saint-Eutrope. Ils étaient en mauvais
termes.
Donc Patrice Carré était venu le voir, lui parler du Parc, du projet de
construction du chemin de fer et ils ont pris rendez-vous sur place JYG avait
une petite société à l'époque qui s'appelait Etudes et Equipements qui avait
dans ses statuts la possibilité de produire des études pour des systèmes de
transport, alors qu'il était plus spécialisé dans les équipements électriques
(publicités lumineuses) et fini sa carrière dans la fabrication d'appareils
d'éclairage de sécurité qui n'avait rien à voir avec le chemin de fer. M. Carré
lui a confié l'étude d'un réseau dans le parc.
Les crédits ont été votés en 1980 par le CG qui lui a payé des honoraires. Le tracé que nous connaissons a été établi
et le Conseil général a commencé à chercher des constructeurs. JYG connaissait les gens de Tours (Socofer,
ex. Établissement Billard). Il a fait la connaissance du Président de Socofer et
ils ont étudié les locotracteurs que nous connaissons, des locos extrêmement
simples avec transmission hydraulique, moteurs en bout d'arbre, pompe
à débit variable, système d'homme mort, et un système de freinage pneumatique
pour les baladeuses, en cas de rupture d'attelage2. D'ailleurs je lui ai fait
remarquer qu'à l'époque, c'était le seul chemin de fer en voie de 60 dont le
matériel roulant était freiné pneumatiquement. C'est la présence de la
passerelle au-dessus du boulevard Charles de Gaulle et de ses rampes d'accès qui
ont donné l'idée de cette utilisation du frein à air.
À propos de la passerelle, JYG m'apprend que le raccordement côté des Fiancés a
été raté dans sa partie haute, ce qui a impliqué la courbe serrée et déclive en
haut de la passerelle (côté Les Fiancés), un passage un peu singulier de la
ligne.
La DEV a trouvé une petite entreprise pour poser la voie. Il parle d'un petit
pépé qui faisait l'entretien des embranchements. C'est lui qui a terrassé et
posé la voie (Ndlr : sans doute comme on la posait lors des chantiers de travaux
publics. Je l'ai vu faire sur la rive de Seine avec un petit buldozer, il
décaissait sur une vingtaine de centimètress (la hauteur des traverses), posait
les traverses, fixait les rails et remblayait avec la terre. Les traverses
étaient de simples traverses SNCF de récupération coupées en deux sur lesquelles
les rails étaient tirefonnés sans entailles. Quelques années plus tard certaines ne
tenaient plus les tirefonds. Nous étions, avec Mademoiselle Fournier, la jeune
ingénieure du parc, aller à centrale thermique de Vitry-sur-Seine pour en
acheter d'occasion mais encore en bon état. Elles ont été livrées au parc,
coupées en deux, percées et posées à la place des vielles. A cette époque rien
n'était compliqué et les opérations ne s'éternisaient pas. Simple, vite, bien fait et avec peu d'argent.
Concernant les rails, ils ont été achetés d'occasion 'voies de service
d'embranchements, 26 et 36 Kg au mètres) et un contre rail a été posé
dans les courbes en remblai pour la sécurité.
Le tout a été construit en 1980 (du Pont d'Épinay PK O à Passage de Verdure). Un
dépôt a également été prévu mais construit un peu plus tard.
Au début l'exploitation a été faite par le Département et ça a été
catastrophique.
Il sort un exemplaire de "La Vie du Rail" (n°2842 du 28 février 1982). N°1944
et 1752.
JYG a suivi globalement les travaux et a participé à leur réception dont Claude
Wagner a tiré des clichés de la livraison du matériel rouant.
En 1983, l'idée de substituer une association pour l'exploitation du chemin de
fer est née et cette association a vu le jour le 1er avril 1984.
Quelques photos de Claude Wagner.
La livraison des locotracteurs SOCOFER, sur la rive de Seine pratique parce que
la ligne suit la route.
Et une des cinq baladeuses Socofer de 40 places assises d'un poids de 3,5 t. La
sixième a été livrée en 1984
Inauguration de la ligne. À gauche, M. Nicolas Becquart, l'ingénieur du parc,
grâce à qui nous avions obtenu :
4 voies dans le dépôt n°2, alors que deux étaient prévues,
l'achat de 4 locotracteurs Plymouth alors que nous en avions demandé deux,
l'achat de la Bertha auprès de Floris Lepers (CIP).
À gauche Monsieur Jean-Yves Guillemont, promoteur du Chemin de fer de Saint-Eutrope
et directeur d'étude des chemins de fer des Chanteraines et du Port aux Cerises
et Monsieur Patrice Carré Directeur des Espaces verts (1981)..
Sur la rive de Seine au niveau de l'ancien stockage des essences (classé
Seveso). Vue en direction du terminus Pont d'Épinay (actuellement Les vallons).
C'est là que le matériel a été mis sur les rails.
À la station Pompidou qui était le centre de la ligne jusqu'à la construction
des la 4ème tranche du par appelée "Les Tilliers".
Accès à station Pompidou (actuellement Les Fiancés) vues en direction de La
Ferme et du Pont d'Épinay.
Le 1er avril 984, c'est l'association du chemin de
fer des Chanteraines qui a pris en main l'exploitation, l'entretien et la
construction de matériel roulant.
Les membres de cette époque étaient : Jean-Michel Baudin, Jean Chapotel, Marc
André Dubout, Michel Dubuis †, Gilbert Dumy †, Jean Finot †, William Godard,
Guillaume Gournay, Patrick Fitting, Jean-Claude Lalande, Jean-Bernard Mervaux †,
Daniel Mumbru, Louis Perrot, Maurice-André Poot †, Jean-Pierre Schmit †, Francis
Reusse, Robert
Soulié, Jean-Claude Stahl †, Guy Veyriras, Jean-Marc Yot.
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