Baguenaude

Valmondois—Marines - 2/3

Marc André Dubout

Valmondois—Marines au fil des cartes postales 

On arrive à la halte de La Naze. PK 2,76


Le train en direction de Valmondois vient de franchir le PN de la rue Dorée.

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La plate-forme de l'ancienne ligne a été baptisée, à cet endroit, Allée Maurice de Vlaminck (1876-1958)1.


Construction de la maison ou réfection de la toiture, d'après l'oblitération, nous sommes en 1908. Aujourd'hui ce quartier est construit de part et d'autre de l'ancienne voie ferrée. 


Cette belle maison existe toujours, construite en meulière comme beaucoup d'autres à cette époque.


La maisonnette de garde-barrières et halte simple pour voyageurs a été agrandie.


Elle servait aussi de gare, même si on ne distingue pas vraiment de quai. 


Halte simple pour voyageurs sans service de petite vitesse comme à La Naze.


Un train en provenance de Marines avec une locomotive 031T n°3542 de la Compagnie du Nord.


Rue Léon Bernard, anciennement rue de Parmain. 


Le passage à niveau. Vue en direction du Sausseron (le chemin du lavoir) que la ligne suit depuis Valmondois. 
On reconnait le portail de la belle maison.


Rue Léon Bernard, vue vers le CD151 (Nesles-la-Vallée). 


La voie est en remblai entre la Naze et Verville.

 

Arrêt PK 3,77


Cette maison, construite à proximité de la halte, est toujours debout et ne manque pas de charme. Juste un peu envahie de folle végétation. En bas, à droite de la carte postale, le restaurant en face de l'abri.


Voir passer de si près les trains à vapeur, ce devait être un grand bonheur. Train de marchandises en direction de Marines.
Belle vue sur la locomotive 031T n°3542 de la Compagnie du Nord.


La voie vue du PN, en direction Marines.


Le train vient de Valmondois et va s'arrêter à la halte en face du restaurant devenu une maison d'habitation.
L'abri de la halte (à gauche) a aussi disparu accidentée par un camion.
Toujours la même locomotive.


Vue opposée, en direction de Marines.

Un peu plus loin, la ligne croise la route de Pontoise elle est baptisée " Chemin de Pontoise " et arrive quelques centaines de mètres plus loin encore en gare de Nesles-la-Vallée.
Dans les années 1970, un projet d'exploitation touristique entre Nesles-la-Vallée et Valmondois avait été envisagé. Si la Mairie de Nesles y était favorable, celle de Valmondois était contre..., le projet ne s'est jamais réalisé.

 

Station PK 5,93


Le bâtiment-voyageurs dans son état actuel, côté place. Il abrite aujourd'hui le foyer rural de Nesles...


... et côté voies.


L'édicule qui servait de latrines et lampisterie, toujours en service (pas la lampisterie).

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Loco 031T SACM n°35012 en gare de Nesles-la Vallée en partance pour Valmondois. En général les gares possédaient trois voies. Celle du milieu était réservée aux trains de voyageurs, celle le long du BV pour les transferts de marchandises. Des wagons y stationnaient et la dernière était une voie de garage simple pour garer les wagons en attente de départ.

Au début de l'exploitation il n'y avait que trois locomotives : une 031 n° 3501 de la S.A.C.M. et deux 030 de la société des Batignolles
Elles portaient une devise " Valmondois "," Épiais-Rhus "," Nesles ". Il y eut de nombreux mouvements de machines. La SE étant  une des plus grandes compagnies exploitant essentiellement des réseaux de chemins de fer secondaires en France, elle n'hésitait pas à transporter les machines d'un réseau à l'autre en fonction des caractéristiques de ligne ou pour d'autres raisons.


Deux cartes postales à des époques différentes qui montrent l'animation de ces petites gares champêtres qui ont desservi nos campagnes au XIXème Siècle. Locomotive 031 SACM n°3501 ou 42 de la Compagnie du Nord.


La gare de Nesles-la Vallée. Un train en direction de Marines entre en gare sur la voie du milieu.
Sur la voie de gauche des wagons de marchandises stationnent en attente de chargement ou de déchargement.


Hormis la longueur du quai marchandises et la suppression des voies, rien n'a vraiment changé.


Locomotive 031 SACM n°3501 ou 42 de la Compagnie du Nord en provenance de Valmondois entre en gare sur la voie déviée. La voie de droite n'est raccordée que du côté Valmondois. En se prolongeant, elle dessert la distillerie embranchée.

 
Le quai haut de la " petite vitesse " avec son rail en bordure.
C'est comme pour le rail utilisé pour la voie, du rail Vignole de 20 kg au mètre en barre de 9 mètres, posé sur onze traverses bois.
Les courbes ne descendaient pas au-dessous de 200 m. de rayon (courbe après la halte de Berval), sauf celle à la sortie de la gare de Valmondois. (185 m.).
Les déclivités étaient de 15 & 20 %
o.


Vue en direction de Marines. La gare est après le passage à niveau. La rue de la gare existe toujours mais la végétation aujourd'hui qui borde le Sausseron cache les moulins.

Dessin revue du Musée des Transports de la Vallée du Sausseron n°1 janvier 1977.
En gare de Nesles-la-Vallée, il y avait un embranchement vers la distillerie dite de " La Grenouillère ".
Cette distillerie était une coopérative d'alcool de betteraves. Elle recevait des wagons tombereaux remplis de betteraves sucrières blanches et très enterrées.


La configuration de la voirie à changé, je n'ai pas pu retrouver cette rue de la gare entre la gare et les moulins.
Les fenêtres ont été changées, les bâtiment réhabilités en logements.


La scierie et sa voie de 60 ont disparu aussi. Aujourd'hui le site est investi par le centre des Sapeurs-pompiers.
Cette carte postale pose question par rapport au plan des voies de la gare de Nesles-la-Vallée. La vue est en direction de Valmondois et en l'agrandissant on distingue sur la voie à l'extrême gauche un wagon tombereau, ce qui laisse à penser que la distillerie serait du côté de la gare alors que sur le plan c'est le contraire.


Le petit train longe le Sausseron. Le Sausseron est une rivière de 24 kilomètres, située dans le Val-d'Oise et l'Oise. Il se jette dans l'Oise. Le Sausseron était jalonné de vingt-et-un moulins au XIIIème siècle, dont 7 à Valmondois. Le plus ancien tourne depuis 1164. En 1899, six moulins à eau étaient encore en activité sur le cours de la rivière à Valmondois.

À Nesles-la-Vallée la ligne passe non loin du Manoir Delaunay3


À Nesle-la-Vallée, lors de la baguenaude suivante, j'ai suivi, en voiture, la route goudronnée qui a remplacé l'ancien tracé, jusqu'au prochain PN. J'ai remarqué que la ligne s'arrêtait avant de voir qu'elle reprenait de l'autre côté avec un décalage de quelques dizaines de mètres


Pour devenir une piste cyclable qui montre bien le remblai de la plate-forme.


Un arbre est tombé en travers de la plate-forme.


Quand tout à coup cette belle piste s'interrompt, laissant la plate-forme à une propriété privée entre l'arbre et le grillage.

 

Station PK 8.48


Je contourne donc cette interruption et retrouve la tracé dans une tranchée à la végétation inextricable, quelques centaines de mètres plus loin. Manifestement la voie devait, vu la topographie, passer à un moment dans une tranchée assez longue dans cette végétation dense. Je n'ai pas pu la retrouver car elle a été comblée et le pont de la route du Petit Biard supprimée. La voie ferrée avait disparu.
En fait la voie passait sous un pont PS, vouté sur le VO et certainement à la fermeture de la ligne cette partie de la tranchée fut remblayée et le pont démonté.


La plate-forme continue en alignement, alors qu'à sa gauche la route vers Vallangoujard s'en éloigne momentanément.


Enfin une municipalité qui a gardé en mémoire le chemin de fer qui l'a desservie. Beaucoup d'autres au contraire ont vite fait de l'effacer.


Jusqu'à la gare de Labbeville qui est aujourd'hui une maison d'habitation. La gare est à gauche des voies en direction de Marines.


La gare de Labbeville-Frouville du temps du Valmondois—Marines, vue côté voies (côté opposé au cliché précédent).
Locomotive 031T SACM n°3501 ou 42 et son train de marchandises (peut-être des betteraves pour la distillerie de Nesles-la-Vallée.
Noter sur la CP de gauche l'oblitération du timbre caractéristique des courriers postés sur les trains (ambulants).
Le type définitif des convoyeurs stations fut mis en service en 1866. C'est un cachet de type ondulé qui va disparaître à partir de 1877 avec l'arrivée des convoyeurs-lignes.
Les oblitérations convoyeurs-lignes ont été créées en 1877. Les deux bouts de la ligne étaient mentionnés.

 
La gare de Labbeville au temps du Valmondois—Marines. Train en direction de Marines.

En dépassant cette zone privée, je retrouve la ligne... prêt à traverser le marais et sa biodiversité.


Elle se dirige vers Vallangoujard. Alors, là, c'est du velours, bien que ce chemin de l'ancienne ligne soit interdit aux véhicules à moteur et pour regagner un peu de temps à cause des détours engendrés par les propriétés privées, je rejoins Vallangoujard par la promenade de la Ramponne, sans avoir vu l'arrêt de Brécourt. J'ai refait le parcours sans voir le poteau qui désignait l'arrêt facultatif.

Arrêt PK 9,41

 

Notes :    retour
  • 1  Maurice de Vlaminck, né à Paris en 1876, vit à Valmondois après la première guerre mondiale. " je suis heureux tout seul, dans le vent, dans la pluie, dans les éléments avec ma pipe ".
    Dans sa maison-atelier proche de la ligne de chemin de fer, il abandonne le fauvisme et renonce aux explosions colorés pour un style plus personnel, fait de paysages tourmentés et de couleurs sombres, qui définissent une nouvelle " manière " obscure.
    " Si tu es peintre, ne regarde que dans toi-même ". Autodidacte, Vlaminck n'a jamais suivi de cours et n'a jamais voulu avoir d'élèves, car il pensait que la peinture ne s'apprend pas ! Il a laissé quelques peintures et lithographies de Valmondois et des environs.
    En 1925, il quitte Valmondois pour s'éloigner plus encore vers du tumulte de la capitale et s'installe en Eure-et-Loir où il demeure jusqu'à sa mort en 1958.

    Dans son testament artistique, alors agé de 80 ans il fait don à tous des émotions profondes que lui ont procurées les Brueghel, Courbet, Cézanne, Van Gogh... Et aux jeunes peintres, de toutes les fleurs des champs, bords de ruisseaux, nuages, rivières, bois... ses sources d'inspiration !
     

  • 2 La SACM n°3501
  • 3 La ferme de Launay édifiée vers 1600 par l’architecte Nicolas Mercier est un ancien Manoir médiéval fortifié qui servait de rendez-vous de chasse aux nobles de la région.
    Le Prince de Condé avait pour commensal et pour poète, Jean Baptiste de Santeuil, célèbre au XVIIème siècle pour ses hymnes.
    Selon la légende Jean-Baptiste de Santeuil s’est employé pendant plusieurs années à faire bâtir dans son domaine, la tour carrée à trois étages qui existe toujours ; en outre il se fait aénager une chambre à chaque étage pour stimuler dit-on, les degrés de son inspiration. « Chaque fois que surélève ma tour il me semble que mon esprit s’élève d’un étage ! »

  • 4

Sources :

  • Le chemin de fer de Valmondois à Marines - MTVS n°1 - Renaud, Riffaud - 1977
  • Les petits trains et les tramways du Val d'Oise - Claude Wagner - Valhermeil - 1994
  • Exposition " À toute vapeur ! Le petit train de Valmondois à Marines (1886-1949) "- Mémoire du temps passé - Foyer rural de Nesle-la-Vallée - 28, 29 & 30 août 2026 - Bernard Gaudinot
  • Ma visite à pieds et en voiture de l'ancienne ligne.
     

Sites :

 

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