Baguenaude

Valmondois—Marines - 3/

Marc André Dubout

Valmondois—Marines au fil des cartes postales

Station PK 10,73.

J'arrive en voiture à la gare de Vallangoujard par la promenade de Ramponne.

J'avais déjà vu plusieurs fois cette petite gare, mais en passant par la route. Cette fois j'ai suivi l'ancienne ligne dans la forêt.


La gare de Vallangoujard avec un train qui entre sur la voie d'évitement en direction de  Marines 


Dans cette gare seulement deux voies. Un wagon tombereau stationne devant la halle marchandises.


Idem sur cette CP.


Train en direction de Valmondois. Seulement deux voies dans cette gare.


Plusieurs versions de cette même carte postale.
La gare a fait de l'objet d'un grand nombre de cartes postales.


Le BV aujourd'hui transformé en résidence.



L'hôtel Beauséjour au coin de l'avenue de la gare.  On voit le BV au fond à droite de la carte postale.


Je poursuis vers Épiais-Rhus-Theuville, à travers les Marais boisés de la Vallée du Sausseron qui comprennent des milieux naturels diversifiés (boisements humides, roselières, chauves-souris).


La plate-forme est bien tracée et rectiligne.


Je tombe sur une courbe et contre courbe inadmissible pour la voie métrique. C'est un pont en bois qui enjambe le Sausseron qui passe, en direction de Marines de droite à gauche  de l'ancienne ligne de chemin de fer.


Je ne l'avais pas remarquer à l'allée mais au retour, j'ai aperçu à travers le feuillage les piliers d'un pont plus sérieux en maçonnerie qui permtait au train de passer sans changer son orientation.


Arrivée à un passage à niveau j'observe sur ma gauche un abri de quai construit en briques, comme à l'époque.
Quelle est cette halte ?


et de l'autre côté de la route une barrière de propriété privée. Il ne me reste qu' retourner à Vallangoujard, rechercher ma voiture. J'ai un peu de mal à trouver la gare assez éloignée du Village d'Épiais, beaucoup plus proche du lieu-dit Rhus.

 

 

 

 

Station PK 13,18.

Dans les années 1940, cette station était très animée et accueillait de nombreux campeurs et voyageurs les week-end. Le bâtiment de la gare d'Épiais-Rhus comprenait un guichet, une salle d'attente, une cuisine et une halle à marchandises, ainsi qu'un château d'eau pour ravitailler les locomotives à vapeur.
Cachée au fond de la vallée et envahie par la végétation, elle subsiste à l'état de vestige au milieu des arbres et des broussailles. Elle a également servi de décor pour le tournage de scènes de la série Un village français.
Elle était la plus fréquentée de la ligne avec celle de Nesles-la-Vallée.


Hameau d'Épiais-Rhus, la gare, vue en direction de Valmondois.
Aujourd'hui tout est méconnaissable. La gare, difficile à trouver si vous n'êtes pas de la région, elle est cachée par la forêt et seul un étroit chemin balisé y mène et voilà ce qu'on voit.


Le premier indice du lieu est le château d'eeau rester debout, Construit en maçonnerie et supportant une cuve riveté, il servait à l'alimentation des locomotives en eau. Sur le deuxième cliché, on distingue le niveau 'eau gradué en mètre cube.


En s'avançant un peu plus loin, apparaît le B.V. côté voies (trois voies de passage) caché par la végétation.


Le rail qui fait office de bordure du quai haut de la petite vitesse.


Ici vu côté place avec gravé en fronton l'inscription Chemin de fer. le dernier occupant a oublié de fermer les volets.


Un peu plus loin en direction de Marines, l'édicule des latrines encerclé d'arbustes et autre baliveaux appelés à devenir arbre de haute futaie.

 
L'état extérieur du B.V. s'est très délabré depuis son abandon en 1949.


L'intérieur n'est pas mieux et la pulsion de destruction de l'homme y a participé avidement.  


Vu côté halle et quai des marchandises. Les voies passaient à droite. À gauche, c'était la place de la gare. On distingue encore les bois qui supportaient la couverture en tuile de la halle des marchandises et le fenestron qui communiquait avec le B.V.


Quand on voit la maquette de la gare, on a du mal à imaginer aujourd'hui comment elle était active et vivante.
On y voit une voie en impasse se terminant par une plaque tournante ce qui indique que cette gare pouvait être un terminus provisoire.
Cette maquette nous informe que l'usine de fabrication de tourteaux était desservie par fer.


Trois voies ont été construites pour cette gare qui possède en outre une remise pour locomotive et d'après la maquette une plaque tournante.
Noter la voie dite JAP qui signifie (Jacques, Angèle, Paul), les exploitants de cette petite industrie rurale qui a perduré jusque dans les années 1980.
La fabrication des tourteaux, nourriture pour le bétail provenait des récoltes alentours dont les graines étaient stockées et mélangées à de la mélasse de betteraves et à des céréales. Les machines, depuis les années trente, fonctionnaient à la vapeur et à l'électricité. l'usine déclina jusqu'à son abandon.


Seul l'ancien guichet de la gare a été sauvegardé. Il a été présenté à la très belle exposition " À toute vapeur le petit train de la ligne Valmondois—Marines (1886-1949) " présentée les 28, 29 & 30 août 2026 au foyer rural de Nesles-la-Vallée, Commissaire de l'exposition Bernard Godinot.
Rénové en 2009, ce guichet peut être vu par tous au musée du Chemin de Fer de Valmondois qui l'a prêté pour cette exposition.


Ensuite, vient le PN sur la route de Theuville et la ligne en direction de Marines.

Peut-être, pour les amateurs de vapeur, puis-je mentionner l'usine de fabrication des tourteaux, elle aussi à l'abandon, où l'on peut encore voir une belle chaudière type Field et un moteur à vapeur Duvant construit à Valenciennes.


Jolis vestiges du début XXème S.

 En quittant Épiais-Rhus, la ligne quittait aussi le forêt pour gravir vers le plateau du Vexin par une rampe de 20 %o jusqu'à la halte de Berval.

Arrêt PK 28,16.


À Berval (lieu-dit) il y avait une halte, ainsi qu'à Grisy. Ici nous sommes sur le plateau du Vexin et la forêt a laissé place aux champs val

lonnés.

 

Arrêt PK 17,00


Halte de Grisy.

 

Station PK 18,72.

Sur la route GC 64 se trouvait un PN avec la voie de l'Économique.


Vue en direction de Valmondois au milieu des champs de maïs. La plate-forme existe toujours.
La ligne arrive à la gare de Bréançon - Grisy-les-Plâtres.


Avant d'arriver à la gare de Bréançon - Grisy-les-Plâtres. Train en direction de Marines.
Locomotive 031 SACM n°3501 ou 42 de la Compagnie du Nord.


 la gare de Bréançon - Grisy-les-plâtres, perdue en plein plateau Vexinois.

(Photo Wikipedia)
La gare, côté voies. La petite vitesse a perdu son auvent sur le quai.
La ligne continuait à travers champs, recoupait le GC 64  par un passage supérieur. avant d'arriver à Marines.

Station PK 22,07 Longueur totale de la ligne extrémité des voies 22,23 Km.

La voie entre en ville par la rue ?? qui se poursuit par ce qu'on appelle aujourd'hui la Coulée verte ce qui est significatif que e chemin de fer n'existe plus


La Coulée verte.


 


Le pont de la rue Chemin des écoles. Vue vers la gare de Marines et vers Valmondois).

La gare de Marines (SE) était près de la ferme de la Lavrière.

 


La gare de Marines, la plus grande de toute la ligne. Elle était en correspondance avec celle du grand chemin de fer.


La gare de Marines côté place (SE) avant 1914. Noter la voie de débord. Sur la gauche de la carte postale, on distingue le faisceau de voies se dirigeant vers Valmondois. Le cheval et son fiacre attend un éventuel voyageur.

 
Locomotive 031 SACM n°3501 ou 42 de la Compagnie du Nord.

 
Gare de Marines, arrivée du train de Valmondois. Noter l'importance de la gare par rapport à celles de la ligne. Cette gare était en correspondance avec la gare de la Compagnie de l'Ouest en voie Normale longue de 6 Kilomètres, construite en 1906 et fermée en 1951 qui allait jusqu'à Chars un autre village de Seine-&-Oise, embranchement de la ligne de Saint-Denis à Dieppe. Cette ligne était exploitée par la même Société générale des chemins de fer économiques.


La gare disposait d'un faisceau de cinq voies à l'époque où elle fonctionnait comme terminus des lignes de Valmondois (voie métrique) et de Marines (voie normale).

II y avait 5 aller-retour CharsMarines quotidiennement.

(PhotoWikipedia)
La gare du réseau de l'Ouest

Mais lorsque que les automotrices apparurent dans les années vingt les photographes n'étaient plus là pour témoigner, les temps, déjà avaient changé, avec elles, l'autobus commençaient à sillonner les routes de campagne et le pneu gagnait sur le rail. C'est la raison pour laquelle on ne les voit que rarement sur les cartes postales. Et pourtant elles ont existé et même déjà 1901 l'inspecteur de l'exploitation avait pensé à un véhicule autonome et de faible capacité (40 places) et léger,  économique

.

 

Notes :    retour
  • 1  Plan Freycinet Le plan Freycinet est un programme de travaux publics de la IIIème République lancé en 1879 par le Ministre des Travaux publics Charles Saulce de Freycinet. Ce plan prévoit principalement la construction de chemins de fer, mais aussi de canaux et d'installations portuaires, pour un budget initial de 4,5 milliards de francs.
     
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Sources :

  • Le chemin de fer de Valmondois à Marines - MTVS n°1 - Renaud, Riffaud - 1977
  • Les petits trains et les tramways du Val d'Oise - Claude Wagner - Valhermeil - 1994
  • Exposition " À toute vapeur ! Le petit train de Valmondois à Marines (1886-1949) "- Mémoire du temps passé - Foyer rural de Nesle-la-Vallée - 28, 29 & 30 août 2026 - Bernard Gaudinot
  • Ma visite de l'ancienne ligne.
     

Sites :

 

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La ligne passe non loin du Moulin de l'Église qui appartenait à la famille Rouzé laquelle a agrandi la propriété en rachetant un jardin dépendant du prieuré vendu comme bien national en 1791.
Au XIXème Sièle c'est encore un moulin à blé haut de deux étages plus combles investi de part et d'autre du Sausseron par divers bâtiments.
On hisse les sacs de blé jusqu'aux combles puis on déverse le contenu dans la trémie qui alimente les meules de pierre à l'étage inférieur. Ces meules sont mises en mouvement par un système d'engrenages en bois entraîné par la roue du moulin au fil de l'eau.
À l'étage encore en-dessous on recueille la mouture et le butoir. Il ne reste qu'à ensacher la précieuse marchandise.
À la mort du dernier meunier en 1912, sa fonction de minoterie disparaît.

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Honoré Daumier est né à Marseille est le fils d'un vitrier, poète à ses heures. Il monte à Paris en 1814 avec sa famille et devient clerc chez un huissier qu'il quitte rapidement pour suivre des cours de dessins et apprendre la lithographie. Républicain il se plait à caricaturer avec Ratapoil les suppôts de l'Empire et les monarchistes de son temps. Il fait sa carrière d'illustrateur au journal le " Charivari " et au " Monde illustré ". Paris est pour lui une source inépuisable d'inpiration.
À Valmondois, son ami Geoffroy-Dechaume possède une maison dans laquelle Daumier vient volontiers à la belle saison. En 1878 il s'installe avec sa femme du côté d'Orgivaux Mais sa vue baisse ainsi que son activité. Corot, son ami, lui achète une petite maison située sur la Grande-Rue sans laquelle il décède en 1879.
Le buste, devant la maison, sculpté par Geoffroy-Dechaume, est une copie dont l'original est conservé sur la place de la mairie.

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Maurice de Vlaminck, né à Paris en 1876, vit à Valmondois après la première guerre mondiale. " je suis heureux tout seul, dans le vent, dans la pluie, dans les éléments avec ma pipe ".
Dans sa maision-atelier proche de la ligne de chemin de fer, il abandonne le fauvisme et renonce aux exploisions colorés pour un style plus personnel, fait de paysages tourmentés et de couleurs sombres, qui définissent une nouvelle " manière " oscure.
" Si tu es peintre, ne regarde que dans toi-même ". Autodidacte, Vlaminck n'a jamais suivi de cours et n'a jamais voulu avoir d'élèves, car il pensait que la peinture ne s'apprend pas ! Il a laissé quelques peintures et lithographies de Valmondois et des environs.
En 1925, il quitte Valmondois pour s'éloigner plus encore vers du tumulte de la capitale et s'installe en Eure-et-Loir où il demeure jusqu'à sa mort en 1958.

Dans son testament artistique, alors agé de 80 ans il fait don à tous des émotions profondes que lui ont procurées les Brueghel, Courbet, Cézanne, Van Gogh... Et aux jeunes peintres, de toutes les fleurs des champs, bords de ruisseaux, nuages, rivières, bois... ses sources d'inspiration !

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