La ligne d'Orléans à Montargis
Un exemple d'implantation des voies : La station de Vitry-aux-Loges
La station de Vitry-aux-Loges est située au PK 146,867 (axe du BV), entre les PK 146,520 (PN 146) côté Orléans et PK 147,287 (PN 147) côté Montargis (aiguille d'entrée). Les emprises s'étendent sur 767 m délimités par les chemins départementaux 143 de Lorris à Neuville et 137 de Vitry-aux-Loges à Nibelle.

Photo Christiane Nézondard
Les voies
Au PK 146,520, la ligne entre par la voie
1-2 (Orléans-Montargis, la voie 2 ayant été déferrée), passe devant le PN 146 muni de
barrières roulantes de cinq mètres et accède à l'aiguille des voies d'évitement 4 et
6. La voie principale est numérotée 1-2 selon le sens des trains et comme souvent est en
voie directe et passe devant le BV. Une seconde aiguille permet l'accès aux voies
impaires 3 et 5 réservées à la petite vitesse et aux marchandises.
La voie 4 (encore existante) encadre la partie nord du quai voyageurs d'une longueur de
116,09 m et se raccorde à la Voie 1-2 au PK 147,287 après la PN147. Cette
configuration a été modifiée lors du déferrement de la voie 6 pour se raccorder au PK
146,996 juste avant le PN 147.
La voie 6 se situe à l'extrême nord du site et dessert une soute à charbon et un magasin. Elle est munie de taquets d'arrêt T6 côté Orléans et T2, côté Montargis. Elle ne dessert pas de quai pour les voyageurs et est réservée aux manuvres des wagons de marchandises et aux garages exceptionnels des trains.



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La voie 3 dessert la petite vitesse et le
quai découvert qui la prolonge d'une dizaine de mètres pour le chargement des wagons en
bout. Elle est munie d'une bascule de 30 tonnes pour wagons à essieux et d'un gabarit de
chargement. Elle a un taquet T5 juste après son raccordement à la Voie 5.
La voie 5 dite voie de débord accède à l'extrémité sud des emprises dans la cour des
marchandises. Elle est munie d'un heurtoir en traverses à son extrémité et une rampe
d'accès lui est parallèle pour le chargement des wagons loués à Lemaire. Sur cette
rampe une voie Decauville est installée, cette voie aurait, à une époque, traversé le
chemin d'accès à la gare (aujourd'hui rue de la gare) pour se raccorder à l'ancienne
scierie Poisson qui aurait été embranchée par l'intermédiaire d'une voie de 60. Elle
est raccordée à la voie 3 et est protégée par un taquet d'arrêt T4.
Les prises d'eau
La station est munie de deux grues à eau
dont l'une (côté Orléans existe toujours). Ces deux grues hydrauliques sont situées à
chaque extrémité du quai entre les voies 1-2 et 3 côté Orléans et entre les voies 4
et 6 côté Montargis.
Ces prises d'eau sont alimentées par deux batteries de réservoirs de 160 m3
et de 300m3 totalisant à la belle époque de la vapeur 920 m3 de
réserve. Ces réservoirs étaient alimentés par de l'eau de sources. Les deux
réservoirs de 300 m3 sont encore visibles aujourd'hui. Ils sont constitués de
tôles rivetées formant les cuves et montés sur un bâtis en moellons qui abrite le
système de vannes et de conduites d'eau. Les conduites d'alimentation ont un diamètre de
260 mm et sont couplées près des citernes. Une conduite unique se dirige vers le nord,
traversant les trois voies et alimente la grue hydraulique côté Montargis par
l'intermédiaire d'un regard. Ensuite, elle longe la Voie 6 jusqu'à l'extrémité du
quai, repasse sous les trois voies pour alimenter la grue hydraulique, côté Orléans.
Une conduite de refoulement des eaux, évacue le trop plein, bien au delà de
l'extrémité Est du site.
Sur cette carte postale, on distingue bien, les deux batteries de réservoirs.
Celle située au plus près du BV a aujourd'hui disparue.
Vitry-aux-Loges. Carte non datée. Arrivée du train de 12h50 en gare tracté par une
locomotive Forquenot en direction d'Orléans. À cette époque il y avait deux batteries
de deux citernes pour l'alimentation des machines. Un tonneau est en attente sur le
quai côté Montargis. Coll . Marchand, Sully sur Loire. (Collection Marie-Christine GAU).
Plus d'information sur les citernes de la gare de Vitry-aux-Loges
Le bâtiment voyageurs (BV)
Le bâtiment voyageurs (BV) est d'un style
caractéristique de cette ligne concédée à la Compagnie Orléans à Châlons (O-C).
Comme tous les BV il est constitué d'un bâtiment d'habitation de 8,70 sur 5,20 m
comprenant au rez-de-chaussée une cuisine et une salle à manger et à l'étage deux
chambres accessibles par un escalier central et d'un corps de bâtiment à deux travées
de 9,19 par 6,30 réservé au service. Il abrite le bureau du chef de gare séparé de la
salle d'attente par un guichet vitré et le vestibule. Cet ensemble est chauffé à l'aide
d'un calorifère. En outre on trouvera à l'intérieur un banc à bagages, une bascule,
une consigne et des bancs le long du mur Ouest destiné aux voyageurs. Selon les stations,
ce bâtiment est à une, deux ou trois travées. À une date ultérieure, ce bâtiment a
été flanqué d'un d'abri pour les colis.
Alors que le bâtiment d'habitation est construit en moellons, la partie réservée au
service est, lui, construit en briques, ce qui lui donne l'aspect bien caractéristique
des petites gares des Tramways du Loiret desservies par un vaste réseau à voie
métrique.
Cet ensemble s'inscrit dans un espace, incluant la cour des voyageurs, le jardin privé du
chef de gare, la lampisterie et le puits. Le quai côté BV a une longueur de 103 m.
Pour accéder aux emprises voyageurs et marchandises, un chemin a été créé reliant les
CD 137 et 143.

Vitry-aux-Loges. Carte datée du 09
Janvier 1909. La gare, vue côté place. Ed. Dounay Vitry-aux-Loges. (Collection
Marie-Christine GAU).
Plan du bâtiment voyageur et du logement du chef de gare
La petite vitesse
Le bâtiment de la petite vitesse était
construit sur une partie du quai à hauteur du châssis des wagons. Le corps de
bâtiment était en bois charpenté et à l'intérieur une pièce fermée et chauffée
faisait office de bureau pour le service des marchandises et de la messagerie. Deux portes
coulissantes côté cour des marchandises et côté voie donnaient accès aux
marchandises.
Les maisonnettes de garde-barrières PN 146 et 147
Tout comme les BV de la ligne,
les maisonnettes de garde-barrières ont un style spécifique à la ligne. Elles sont
constituées d'un corps de bâtiment en moellon avec un rez-de-chaussée comprenant une
cuisine et un cellier accessible par l'extérieur et d'un étage avec deux chambres. Dans
le jardin, on trouve un puits et une cabane en ciment faisant office de WC.
Bien souvent la garde-barrières était une veuve de cheminot, victime d'un accident du
rail. Elle était logée sommairement, par la Compagnie et son statut était précaire.
Par défaut la barrière était fermée aux véhicules routiers. Elle devait affronter les
demandes d'ouverture des barrières pour le passage des attelages. Armée de son drapeau
rouge et de sa trompette d'avertissement elle pouvait arrêter le train au cas où une
voiture hippomobile était immobilisée ou en mauvaise passe. La garde-barrière
consignait dans un registre les heures de passages des trains et surveillait la présence
de la lanterne en fin de convoi. Si la lanterne n'y était pas, cela signifiait qu'il y
avait eu une rupture d'attelage et que les derniers wagons étaient en dérive sur la voie
en arrière du train. Il fallait alors prévenir. Elle avait comme accessoire : un drapeau
rouge, une trompette d'avertissement, une lanterne à trois feux : vert, orange et rouge
et un brassard aux couleurs de la Compagnie. Une pelle large servait au déneigement de la
voie, si nécessaire. Son mari était cantonnier, son travail consistait à surveiller un
canton de voie pour s'assurer que la stabilité et le nivellement étaient conformes. Muni
d'outils sommaires, le cantonnier était l'homme le plus modeste du chemin de fer, son
travail se faisait à la main. Traverse danseuse, éclisses, tirefons étaient son
obsession.

Plan de la maisonnette de
garde-barrières
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