![]() |
Le Lutèce - Données techniques |
Le Lutèce
Construit en 1937 par le chantier
Franco-Belge, le Lutèce est un bateau-pompe hors du commun pour son époque qui
bénéficie d'une propulsion Voith-Schneider.
Il se caractérise par :
| Longueur hors tout | 20 m. |
| Longueur de flottaison | 19 m. |
| Largeur hors tout | 3m. 70 |
| Profondeur de carène au milieu | 1 m. |
| Déplacement en eau | 37 tonnes |
| Tirant d'eau | 1 m. 13 |
| Tirant d'air | 2 m. 89 |
| Vitesse moyenne sur la base de 1 Km. | 21 Km/h. |
Le bateau se divise en cinq compartiments
Matériel, agrès et accessoires
Dans le coqueron avant
On trouve le gaillard d'avant qui recouvre l'ensemble du compartiment, le guindeau de
l'ancre, un mât de flamme, un ballon d'accostage une bouée, un cordage d'amarrage rapide
et une ancre de secours située dans le puits de chaînes.
Dans le poste d'équipage
deux lampes tempête
un inhalateur
un appareil de respiration artificielle 1 appareil respiratoire, isolant
trois plastrons flottants
quatre ceintures de sauvetage
six paires de bottes en caoutchouc
deux matelas
deux traversins
une boîte à pansement
quatre dégriveurs
deux scaphandres légers comprenant : deux masques, deux supports, deux tuyaux intermédiaires, deux manomètres, deux bouteilles, deux boîtes à masques, deux clés, deux bretelles plombées, deux ceintures plombées, et en réserve : un masque, une bouteille, une ceinture, une paire de semelle de plomb, une couverture pour asphyxié.
Le magasin
Il est situé sous la cabine de pilotage et accessible par une trappe. Il sert à
entreposer le matériel suivant :
une échelle métallique souple pour les scaphandriers
un groupe vide cave avec clé
un tuyau de 110 mm à un raccord pour G.V.C.
un tuyau de 110 mm par 0,50 m.
un tuyau de 110 mm par 2 0 m.
un tuyau de 110 mm par 5 m.
un cordage marine
cinq cordages
quatre commandes
deux crépines de 100 mm.
un câble d'acier de 15 mm.
un générateur à mousse avec un tuyau en toile caoutchoutée, dix boîtes de poudre et une lance sans robinet.
dix fiches d'ancrage
cinq tuyaux de 25 mm. par 20 m.
deux divisions de 110 mm. par 70 mm.
deux divisions de 35 mm. par 70 mm.
trois coudes d'alimentation de 110 mm.
une masse
une hache
une clé de barrage
une grande pince
une crépine de 80 mm.
un raccord intermédiaire de 80 mm. par 70 mm., un ballon d'accostage de réserve, une herse à grappins multiples avec commande (pour la moto-pompe portative).
La cabine de pilotage
Le propulseur
Le propulseur VOITH-SCHNEIDER1 (VSP en
anglais) ou propulseur cycloïdal qui équipe les deux unités fait
office d'hélice et de gouvernail. Il se compose d'un disque pourvu de six pales
verticales et est situé à l'arrière du bateau, sur la coque sans former saillie. Il
tourne autour d'une axe vertical dans le sens horaire inverse des aiguilles d'une montre.
Les pales ont un profil semblable à celui d'une aile d'avion et sont fixées
au disque par une de leur extrémité et ont un axe parallèle à l'axe de rotation du
disque. Elle sont immergées.
Capables de prendre des angles variables sous l'action des commandes, les pales sont
entraînées par la rotation du disque et sont animées simultanément par un mouvement
d'oscillation autour de leur axe obtenus par des bielles articulées et reliées à un
plateau déplacé par un levier pivotant. Ce plateau est lui-même actionné par deux
servo-moteurs. Rotation et oscillation sont simultanées.
![]() Schéma du système de propulsion Voith-Schneider |
![]() Le caisson contenant le mécanisme de propulsion |
![]() Les pales en forme d'aile d'avion |
L'action du propulseur
est commandée du poste de pilotage au moyen d'un volant (10) et d'un levier (3) dit
"levier de pas".
Le jeu de ces deux commandes se combine pour former un mouvement des pales tels que le
propulseur tournant toujours dans le même sens assure tous les mouvements du bateau
(marche avant, arrière déplacement latéral).
D'où sa forte maniabilité.
![]() |
1.
disque d'entraînement 2. pale 3. plateau-guide 4. collier de butée 5. carter du propulseur 6. disque de manuvre 7. bras articulé 8. coulisse 9. manivelle 10. pivot |
L'ensemble des articulations
et les axes des pales sont logés à l'intérieur du disque tournant et baignant dans
l'huile. Un graissage total est ainsi obtenu et toute infiltration d'eau est rendu
impossible.

Le principe de fonctionnement du propulseur rappelle sensiblement la technique du godillage, c'est à dire la propulsion d'un bateau au moyen d'un aviron placé à l'arrière. L'appui alternatif sur l'eau de la face interne puis externe de l'aviron détermine une poussée produisant le déplacement du bateau.


Les six pales du propulseur
agissent comme autant de godilles actionnées par les bras articulés et le plateau qui
modifie à tout instant l'angle d'attaque des pales dans l'eau (incidence).
Les normales "S" tracées sur les surfaces de toutes les pales par les
centres de ces dernières se coupent toutes et à tout instant en un seul point N
appelé "centre de direction". Le déplacement de ce point "N",
par rapport à l'axe de rotation "O" du propulseur à l'intérieur d'un
carré approché, inscrit dans la circonférence décrite par les pales, détermine le jeu
du plateau et des bras articulés.
La distance "ON" est appelé excentricité, elle représente l'avance du
bateau réalisée pour un tour complet de propulseur et correspond donc au pas d'une
hélice ordinaire ; elle est appelée aussi "pas du propulseur".

En modifiant
l'excentricité, on augmente ou on diminue l'incidence des pales toujours entraînées par
le disque tournant, ce qui produit une poussée variable en force et en direction.
la résultante de ces deux forces détermine la direction de la marche du bateau.
![]() |
Animation cyclique des pales Source Wikipedia Diagramme de la poussée d'une pale en fonction de sa position angulaire. |

Cycloïde de chacune des pales et ses
positions angulaires pour un cycle complet.
Au point 0 la poussée est nulle, la pale de forme aérodynamique offre le minimum de
résistance à l'eau. Lorsque le disque tourne la pale s'incline (toujours dans le même
sens) à 45° et prend progressivement appui sur l'eau au fur et à mesure que le disque tourne, l'angle
augmente en conséquence de quoi l'appui augmente d'autant jusqu'à 135° où sa poussée
est maximale, puis elle bascule brusquement à 180° sur elle même autour de son axe de
rotation pour bénéficier de sa poussée sur son autre face, poussée qui s'amenuise
progressivement pour retrouver sa position de départ 360° et le cycle recommence.
Il en est de même pour chacune d'elle qui en terme de poussée prend la position de la
précédente.
Nota avec ce système de propulsion il y a un désaxement de la poussée par rapport à
l'axe du bateau corrigé par la barre..
Le moteur-réducteur
Disposition d'ensemble.
Le moteur et le réducteur de vitesse sont montés sur un socle commun
en acier moulé.
Les carters inférieurs du moteur et du réducteur sont indépendants. Le moteur est
relié, par un embrayage à disque sec au réducteur qui comporte deux prises de mouvement
dont l'une, à la partie supérieure, entraîne l'arbre propulseur et l'autre à la partie
inférieure, entraîne la pompe.
Ces deux mouvements dont commandés par clabots actionnés à distance du poste de
pilotage, ainsi que l'embrayage et les commandes de gaz et d'air des carburateurs.


Le réducteur et derrière
l'arbre de transmission vers le groupe propulseur.
Description et
fonctionnement Moteur
Le moteur "SOMUA" à 8 cylindres, comprenant deux groupes de 4 cylindres
inclinés à 60°.

![]()
|
1 Pompe
à injection 2 Régulateur 3 Filtre à aire 4 Tableau de bord 5 Pompe de cale 6 Aspiration pompe de cale 7 Entonnoir de remplissage 8 Changement de marche 9 Réducteur de vitesse 10 Amortisseur de vibrations 11 Accouplement 12 Levier de changement de marche 13 Compensateur 14 Arrivée d'eau de refroidissement 15 Sortie d'eau de refroidissement 16 Thermomètre d'eau 17 Filtre à combustible 18 Arrivée de combustible 19 Fuites de combustible 20 Jauge d'huile 21 Carter d'huile 22 Pour la crépine d'huile 24 filtre d'huile 25 Vidange d'huile 26 Soupape de sûreté d'huile 27 Pompe de refroidissement 28 Robinet d'interconnexion des pompes 29 Vidange du moteur 30 Vidange des pompes 31 Vidange du réducteur 32 Dispositif de mise au ralenti 33 Commande des gaz 34 Commande du tachymètre 35 Dynamo 36 Conjoncteur disjoncteur 37 Démarreur 36 Relais du démarreur 39 Pompe de vidange d'huile 40 Commande avant du changement de marche 41 Bride d'échappement |
L'alimentation en
combustible est assurée par gravité vers la pompe d'injection à travers un filtre.
Le refroidissement est réalisé par une pompe à piston entraînée par un pignon du
carter de distribution. Cette pompe aspire l'eau du fleuve et la refoule dans le groupe en
traversant le réducteur puis le refroidisseur d'huile et le moteur. Le débit d'eau doit
être réglé de manière que l'eau s'écoule à une température de 70° environ.
Une pompe de cale du même modèle que la pompe de circulation est montée à l'avant du
moteur.
L'échappement
L'échappement est distinct pour chaque moteur. Il assure la circulation d'eau jusque et y
compris le pot d'échappement sous le pont arrière. Après le pot d'échappement, l'eau
de circulation est injectée dans le tuyautage d'échappement qui est disposé en pente
légère jusqu'à l'arrière du bateau-pompe où les gaz s'échappent
sous l'eau.
La pompe
d'injection
La pompe est fixée sur le
côté du moteur.
Le mécanisme est enfermé dans un carter en aluminium. Il est constitué par six
éléments de pompes actionnés par un arbre à cames qui reçoit sa commande de la
distribution.
Chaque élément est essentiellement constitué d'un cylindre, d'un piston d'un clapet de
refoulement avec son siège, d'une douille, sur laquelle est fixé un pignon.
Le cylindre porte un orifice d'arrivée de combustible : l'orifice de retour ne communique
avec le haut du cylindre que lorsque l'arrête de retour du piston le dégage.
Le piston
est animé d'une part, d'une mouvement alternatif engendré par l'arbre à cames et peut,
d'autre part, effectuer une rotation partielle autour de son axe.
C'est cette rotation, commandée par une crémaillère s'engrenant sur les pignons de
douille qui, étant donné la forme de la tête du piston fera varier le moment de
fermeture du trou d'arrivée à combustible et, par suite, la quantité de combustible à
refouler vers l'injecteur.
Le régulateur
La pompe d'injection est placée sous l'action d'un régulateur. Ce dernier, du type
centrifuge, est enfermé dans un carter fixé à l'arrière de la pompe d'injection, il
limite la rotation du moteur à la vitesse maximum pour laquelle il a été conçu et
assure la stabilité du régime pour toute les charges que peut prendre le moteur.
Il se compose essentiellement de quatre grosses billes d'acier logées entre un plateau et
une cuvette conique. Ces billes entraînées par un croisillon suivant les variations du
régime, se rapprochent ou s'écartent de l'axe longitudinal et provoquent le déplacement
d'un coulisseau solidaire de la crémaillère par un levier.
L'effet des billes est compensé par un ressort dont l'action est plus ou moins forte
suivant la position de la manette de combustible.
Pour augmenter la quantité de combustible injectée et par suite faciliter le départ à
froid, une vis de surcharge commandée par un bouton à main, fait varier la butée du
levier de commande de crémaillère : un ressort rappelle le bouton à sa position
initiale dès qu'on le lâche.
Avance de
l'injection
L'appareil
effectuant l'injection dans les cylindres du moteur se compose d'un injecteur et d'un
porte-injecteur assemblés par un écrou-raccord.
Le porte-injecteur se compose d'un corps, d'une tubule d'arrivée "9" d'un tige poussoir "15" chargé par
un ressort dont la pression peut être réglée par un bouchon vissé "13".
Une tige "12" traverse ce bouchon et vient s'appuyer sur la cuvette
inférieure du ressort.
Au-dessus du bouchon "13" se trouve la tubulure de retour permettant l'évacuation
du combustible qui pourrait
remonter le long de la tige poussoir
L'injecteur proprement dit se compose d'un corps d'injecteur "1" et d'une aiguille d'injecteur "2"
appuyée sur son siège par la tige poussoir "15" et le
ressort "14" obturant le passage du combustible.
L'extrémité inférieure forme un téton dans lequel sont percées les tuyères
d'injection.
Le combustible venant de la pompe passe par le filtre "10" descend dans le canal du porte-injecteur et remplit l'espace annulaire de
la chambre "7". La pression du combustible s'exerce sur
toutes les parois de cette chambre y compris sur la partie tronconique de l'aiguille.
Cette dernière et soulevée de son siège lorsque le pression est supérieure à celle du
ressort "14" et démasque les cinq trous par lesquels le combustible est
pulvérisé dans le cylindre.
On peut percevoir le mouvement de l'aiguille en plaçant le doigt sur la tige de contrôle
"12".
Êquipement électrique
Fonctionne sous 24 volts. Il comprend un démarreur, une dynamo et un relais.
Entretien
- À l'arrêt : visites journalières, nettoyage, vidange d'huile, entretien des
différents organes.
- Hebdomadaire : visite de la boulonnerie et resserrage des joints
- Après 200 heures de fonctionnement : changement d'huile, dévisser le bouchon du carter
inférieur pour vidange le moteur. Cette opération est à effectuer lorsque le moteur est
chaud : l'huile étant très fluide s'écoule rapidement en entraînant les impuretés.
Revisser le bouchon, le bloquer énergiquement, remettre l'arrêtoir.
Remplir avec de l'huile neuve suivant les indications portées sur la jauge.
- Après 400 heures de marche : démonter la plaque regard du carter inférieur, enlever
les dépôts et rincer le carter avec de l'huile chaude très fluide, dévisser la
crépine de pompe à huile, la souffler à l'air comprimé et le remonter.
Fixer à nouveau la plaque de visite et son joint, et refaire le plein d'huile suivant les
indications portées sur la jauge.
Filtre à huile
Après chaque sortie, tourner l'axe central du filtre d'un tour environ.
Après 100 heures de marche, dévisser le bouchon inférieur et enlever le dépôt
(n'employer ni essence, ni pétrole).
Filtre à air
Toutes les 3O heures de marche, et plus souvent dans un milieu poussiéreux, dévisser
l'écrou situé à la partie supérieure, enlever le couvercle, retirer l'élément
filtrant et le laver à l'essence ou au pétrole. Humecter d'huile l'extérieur de
l'élément filtrant et procéder au remontage.
Refroidissement
Toutes les 299 heures de marche, débarrasser le système de refroidissement de la boue et
de la rouille avec un produit de dégraissage. Enlever le tartre avec une solution de
soude à 5%, s'il y a lieu. Vidanger à chaud et rincer à l'eau pure.
Pompe d'injection et
filtre combustible
Le pompe d'injection ne demande aucun entretien spécial en dehors du graissage et des
vidanges dont les fréquences sont indiquées au tableau de graissage. Il sera bon de la
faire examiner toutes les 400 heures (vérification du dépôt et du point d'injection).
Toutes les 150 heures au maximum, changer le manchon du filtre à combustible.
Remarque importante
Jeter toujours les manchon usagés. Une décantation ou un filtrage préalable du
combustible augmentera la durée des manchons.
Pour décanter le combustible, le laisser au repos pendant 8 jours au moins dans un
réservoir, et purger à la partie inférieure avant utilisation.
Appareil de changement de marche et réducteur
de vitesse
Généralités
L'appareil de changement de marche est du type à pignons
planétaires.
L'inversion du sens de marche
est commandée mécaniquement par un levier.
Toutes les portées soumises à l'usure (à l'exception des surfaces d'entraînement des
embrayages sont graissées sous pression.
Entre l'appareil de changement de marche et la propulsion se trouvent un réducteur de
vitesse et un amortisseur de vibrations.
L'arrêt et l'inversion du sens de marche sont obtenus par le changement de marche et sont
déclenchés par le levier à main qui a trois positions différentes :
1. Le levier est poussé vers l'avant : marche avant
2. Le levier est tiré vers l'arrière : marche arrière
3. Le levier est placé au milieu : Arrêt.
Pour assurer le service il est indispensable de pouvoir faire varier la puissance du
moteur et la vitesse du bateau, dans les limites données par la puissance maximale du
moteur.
On y arrive en modifiant la quantité de combustible injectée par l'intermédiaire du
levier de variation de vitesse.
Description du changement
de marche
Le changement de marche forme, avec le réducteur de vitesse et l'amortisseur de
vibrations, un ensemble complet
- Marche Avant
La carburation
La carburation est assurée
par deux carburateurs avec starter et régulateur de vitesse. Chaque carburateur alimente
un groupe de 4 cylindres.
Le carburateur se compose de deux parties
L'essence
arrive par un raccord pivotable "A" muni d'un joint biconique "a", elle traverse un filtre monté sur le bouchon de
fixation "B" et
se rend au siège du pointeau "C" où son passage dans la cuve à niveau constant "V" est réglé par le pointeau
"D"
que commande le flotteur "E" articulé autour d'un axe "c". L'essence arrive par l'orifice "F" dans le
canal d'alimentation des gicleurs. Le dessus de la cuve est en communication avec
l'atmosphère par le trou "e". Par le jet principal "G", l'essence monte dans le tube "G" pour s'établir à son niveau.
Par le compensateur "I" l'essence monte dans le puits de
compensation et dans la coiffe "I" pour s'établir à son niveau
Le jet "G" et le compensateur "I" sont accessibles après avoir retiré les bouchons correspondants
"H" et "J".
Dans le puits de compensation se trouve un tube "K" appelé tube de capacité. Ce tube est amovible. On peut, en
employant des tubes avec paroi d'épaisseur différente, faire varier le volume ou
"réserve" d'essence contenu dans ce puits.
À la "reprise" cette réserve d'essence est d'autant plus nécessaire que la
tubulure est moins réchauffée.
Le sommet du puits de compensation est fermé par un bouchon "L" percé de deux trous "M"
appelés trous de ventilation. Ces trous laissent passer l'air nécessaire pour
émulsionner l'essence que débite le compensateur.
Le bouchon "L" appelé support de ralenti, porte le tube
plongeur du ralenti "R" et le gicleur de ralenti "N".
Le gicleur de ralenti débouche dans le canal de ralenti "X" ; une vis de réglage d'air "O" permet de faire varier la dépression sur ce gicleur et de régler
la richesse de l'émulsion nécessaire au fonctionnement correct du moteur à ce régime.
Le canal de ralenti débouche dans le corps du carburateur au dessus de la tranche du
papillon "P" quand celui-ci est fermé par un orifice
fixe "Z" et par un ajutage inférieur "Y", mis en action au moment de l'ouverture progressive du papillon.
La pièce "Y" s'appelle "vis calibrée du
ralenti".
Pour faciliter la mise en marche à froid, un
dispositif "starter" assure le départ instantané du moteur.
Il comporte :
- un gicleur
calibré "G" alimenté par la cuve à niveau constant du carburateur.
- une canalisation "B"conduisant, jusqu'à la tubulure d'admission, l'essence pulvérisée par
l'air entrant, jusqu'à la tubulure d'admission "D"
- un plateau mobile "C" actionné par une commande souple reliée au bouton de
commande placée sur le tableau de bord et mettant la canalisation en communication avec
la tubulure d'admission du moteur ou en l'isolant à volonté.
Le levier de
commande étant tiré dès que l'on fait tourner le moteur au démarreur, la dépression
dans la tubulure d'admission fait monter dans le tube "E" l'essence
débitée dans le gicleur "G". Cette essence est finement pulvérisée
à sa rencontre avec l'air admis dans le trou "D". Il se forme un
brouillard riche d'essence qui est entraîné jusqu'aux cylindres.
Quand le moteur est suffisamment chaud on doit repousser la tirette de commande et on peut
à ce moment accélérer.
Les commandes d'air et de gaz des deux carburateurs sont jumelées et commandées à
distance du poste de pilotage.
Filtre à essence
Avant d'arriver au carburateur,
la canalisation d'alimentation d'essence passe par un filtre qui se compose d'une cuve
contenant deux toiles métalliques à mailles très fines
L'allumage
L'allumage comprend :
- deux bougies par cylindre une à l'extérieur, une à l'intérieur du V.
- deux magnétos "Vertex-Scintilla" avec régulateur automatique d'avec à
l'allumage ; l'une d'elles comporte un déclic de magnéto pour faciliter le départ à
froid.
Chaque magnéto allume une
bougie sur chacun des 8 cylindres d'où possibilité de fonctionner éventuellement avec
une seule magnéto.
La magnéto comporte un arbre vertical "20" qui tourne à la vitesse de l'arbre à cames, c'est à
dire à demi-vitesse du moteur. L'aimant rotatif "1" produit, dans les masses
polaires "2" et "3", un flux magnétique dont le circuit se ferme par le noyau
et les masses polaires "4" et "5" de la bobine. Ce flux alternatif produit, dans le bobinage
primaire "7", un courant à basse tension dont la coupure par le rupteur provoque dans
le bobinage secondaire "8" un courant induit à haute tension ; celui-ci est amené
par la connexion "9" au contact central "10" du distributeur. La pièce
distributrice "11" dessert chacune des électrodes "12" raccordées
aux 8 bougies dans l'ordre convenable.
Le condensateur "18" est placé en dérivation entre le bobinage secondaire
"8".
Le dispositif de rupture comprend un contact
fixe "15", monté sur le plateau "13", un levier de rupture "14" et la came "16", qui agit
sur ce levier.
L'ensemble est protégé par la tête du distrubuteur "19", qui est amovible et
fixée par deux tiges filetées.
De la borne primaire "27" part un fil qui aboutit à l'interrupteur d'allumage
"25"
sur le tableau de bord "26".
Refroidissement
le refroidissement est par circulation d'eau. L'eau du fleuve refoulée par la pompe se
rend aux chemises des cylindres, puis fait retour au fleuve par deux refoulements
séparés, à raison d'un par groupe de cylindres. Immédiatement au-dessus de la pompe se
trouve un robinet à trois voies permettant, en cas d'avarie de la
pompe, d'alimenter la circulation d'eau par la pompe de service du bord.
Deux dérivations placées en bout des canalisations alimentent les serpentins de
refroidissement de l'huile du moteur et de l'huile du réducteur.
Deux thermomètres à distance aboutissent sur le tableau placé à proximité du moteur
et indiquent la température de l'eau.
La vidange se fait par 4 bouchons placés sur les collecteurs d'arrivée d'eau à la base
des cylindres.
Mise en marche du moteur
Un démarreur électrique est monté sur le carter d'embrayage avec
pignon mobile agissant sur la couronne dentée du volant. La commande se fait par un
relais placé à proximité du démarreur et un commutateur monté sur le tableau du poste
de pilotage. Un second commutateur monté en dérivation est placé dans la salle des
machines.
Ce commutateur comporte trois positions de la clé, la première n'étant pas utilisée.
Dans la position "2", la borne "53" est mise sous tension, d'où il résulte que le commutateur auxiliaire
"14" du relais "73" autorise le passage du courant dans l'enroulement shunt "9". Cet enroulement auxiliaire, monté en série avec le
rotor, fait tourner le démarreur en sens contraire du sens de marche normale et à
vitesse réduite.
En passant à la position "3", la bobine de l'axe du démarreur est mise
sous tension par la borne "56". Le pignon qui tourne lentement en sens
inverse du sens de marche normal, entraîné par l'accouplement à rouleau est alors
poussée dan la couronne dentée par le pignon en raison du couple d'entraînement pue
résistant à l'accouplement à rouleau. Dès que le pignon a parcouru axialement un
certain chemin, la bobine "11" du relais "7" est mise sous tension par l'intermédiaire du commutateur "12" (les bornes "42" et
"58" sont reliées dans le démarreur). Le
commutateur "14" du relais "7" interrompt le circuit de l'enroulement auxiliaire qui, jusqu'alors, était
connecté en série avec le rotor. La marche arrière du pignon est alors suspendue, par
contre le commutateur principal "13" du relais "73 se ferme et le courant principal traversant la borne "16" met le démarreur en mouvement dans son sens de marche normal et lance le
moteur. L'action combinée du champ de l'enroulement principal permet de limiter la
vitesse du démarreur.
Dès que le moteur démarre, il faut lâcher la manette du tableau qui revient
d'elle-même dans sa position initiale.
Si le démarrage ne se produit pas, il est préférable de maintenir le levier du tableau
pendant un court instant sur la position "2" pour
freiner le rotor avant de provoquer un nouveau démarrage.
Un accouplement à friction amortit les à-coups qui sans cela se transmettraient au
moteur une fois mis en marche, d'entraîner le démarreur à une vitesse exagérée. Seul
l'axe du pignon suit alors la vitesse croissante du moteur tandis que le rotor plus lourd
s'attarde. Le rotor abandonne donc automatiquement l'axe du pignon automatiquement l'axe
du pignon à son propre mouvement.
Démarreur à air
comprimé
Il se compose d'un distributeur relié par une tuyauterie aux 8 cylindres à l'entrée
desquels se trouvent 8 clapets de retenue monté sur les raccords. Le distributeur est
alimenté par une bouteille d'air comprimé et la manuvre se fait par une soupape
"coup de poing" montée sur le distributeur.
Graissage
Le graissage du moteur se fait à carter sec, avec réservoir d'huile indépendant. Il
comprend trois pompes à engrenages. Deux disposées en tandem effectuent, d'une façon
permanente, le transvasement dans le réservoir d'huile aspirée à l'avant et à
l'arrière du carter ; la troisième aspire dans le réservoir et refoule l'huile dans le
circuit de graissage du moteur.
Le filtre est pourvu d'une soupape de décharge
réglable permettant de fixer la pression du graissage, avec conduit de décharge
retournant au réservoir.
La pression et la
température de l'huile sont données par un manomètre et un thermomètre montés sur un
tableau à proximité du moteur.
Une jauge est placée sur le réservoir.
L'embrayage
le volant du moteur est pourvu d'un embrayage à disques secs, logés dans un carter en
forme de cloche. Les disques entraîneurs solidaires du volant sont en acier ; ils sont
refroidis par des conduits radiaux assurant une circulation d'air par l'effet centrifuge. Les disques entraînés sont en acier avec garnitures
"Ferodo" ou similaire.
L'embrayage est manuvré du poste de pilotage au moyen d'une commande mécanique.
L'arbre entraîné actionne l'arbre primaire du réducteur de vitesse par un accouplement
élastique.
Entretien
L'entretien comprend :
- les soins à l'arrêt : visites journalières, nettoyage, graissage, vidange d'huile,
entretien des différents organes
- les soins hebdomadaires : visite de la boulonnerie et resserrage des joints.
Huile moteur
Pour le graissage du moteur et du réducteur de vitesse, employer toujours la même
qualité d'huile (fluide).
Vérifier et compléter s'il y a lieu le contenu du réservoir.
Cette opération doit être faite moteur en marche ou dès arrêt. Niveau maximum 30
litres. Ne pas laisser tomber le niveau en-dessous de 15 litres.
Graissages
périodiques
- Après 10 heures de marche
- Butée d'embrayage : injecter un peu de graisse consistante dans le graisseur.
- Magnéto "vertex" : Visser d'un tour le chapeau du graisseur (mélange huile
épaisse et graisse)
- Filtre à huile du moteur : sortir les paniers les nettoyer à l'essence, les laisser
sécher avant de les mettre en place.
- Après 20
heures de marche
- Filtre à essence : Démonter la cuve du filtre, la nettoyer.
- Après 50
heures de marche
- Moteur : vidange
- Démarreur : 30 gouttes d'huile moteur dans le démarreur.
- Après 200
heures de marche
- Réducteur de vitesse : le
vidanger
- Filtre à huile moteur : démonter le couvercle , sortir les paniers, filtrants,
les laver à l'essence. Dévisser le bouchon de vidange et le nettoyer et nettoyer au
pinceau l'intérieur de la cuve.
Réducteur de vitesse
- Avant
la mise en route
Par la porte de visite inférieure, verser dans le carter une quantité d'huile suffisante
pour que le niveau d'huile dépasse de 2 cm. environ le plan médian du regard d'huile
situé sur la face latérale du bâti (environ 30 litres).
Par les portes de visite supérieures, injecter au moyen d'une seringue, une charge d'huile
dans les paliers de l'arbre intermédiaire, côté opposé à la pompe à huile
Refermer les portes de visite.
Préparer l'amorçage de la pompe à huile en versant par le robinet situé à la partie
supérieure de celle-ci, environ 1/4 de litre d'huile bien propre.
Refermer le robinet et remplir le godet d'huile.
Vérifier les accouplements.
- À la mise en
route
Embrayer la commande du propulseur ; dès les premiers tours, ouvrir le robinet
d'amorçage de la pompe à huile et le refermer dès que l'huile contenue dans le godet a
disparu. L'aiguille du manomètre se déplace alors, indiquant que la pompe est amorcée
et fonctionne correctement.
La pompe à huile du réducteur étant actionnée par le mécanisme de commande du
propulseur, n'est pas mise en marche pendant le fonctionnement de la pompe à incendie
seule. Les organes en mouvement sont alors graissés par barbotage.
On veillera à ce que, durant le fonctionnement de l'appareil, le niveau d'huile reste au-dessus du plan médian du regard.
- Entretien
N'utiliser pour le graissage de l'appareil, que de l'huile fluide, exempte d'eau et
d'acide.
Injecter de temps à autre un peu d'huile dans les graisseurs prévus à cet effet sur le
carter aux axes de fourchettes.
L'huile du carter devra être renouvelée après 200 heures de marche.
La batterie d'accumulateurs
Les accumulateurs répartis en deux groupes sont
installés sur la plage de manuvre derrière le poste de pilotage.
Ils sont destinés au démarrage des moteurs à essence, à la fourniture du courant
électrique pour l'éclairage du bord autre que l'éclairage de manuvre
La batterie est d'une capacité de 150 ampères/heure sous 24 Volts. Un tableau
électrique est placé dans la salle des machines et assure la distribution de ce courant.
Le schéma de graissage du Lutèce

Le groupe compresseur d'air
Le groupe compresseur d'air est
destiné à alimenter le réservoir d'air comprimé du démarreur "Viet" du
moteur principal et à fournir l'air nécessaire au scaphandrier.
Il comprend :
![]() |
1. moteur
électrique 2. rhéostat 3. compresseur 4. robinet de barrage avant réservoir 5. ballon d'air 6. manomètre de pression du réservoir 7. robinet de purge 8. robinet de barrage 9. déshuileur 10. manomètre détendeur 11. manomètre 12. vis pointeau de fermeture 13. robinet de barrage du tuyau de scaphandre 14. robinet de barrage du démarreur à air 15. robinet du déshuileur 16. robinet de communication avec les batteries 17. robinet du collecteur batteries 18. batteries d'appareil respiratoire isolant 19. soupape. |
Le groupe
électro-pompe d'épuisement
Le groupe électro-pompe d'épuisement est destiné à l'épuisement de
l'eau dans les bateaux menaçant de couler et éventuellement à l'alimentation d'un
ensemble grande puissance à courte distance, au moyen d'aspiraux ou de tuyau
d'alimentation.
Il comprend :
Nota : Dans la salle des machines pour différencier les nombreuses canalisations d'eau, les conduites d'aspiration sont peintes en bleu , celles de refoulement en rouge.
![]() |
1.
olomètre (indicateur de niveau d'huile) 2. 1er étage du compresseur 3. 2ème étage du compresseur 4. graisseur 5. soupape de sûreté 6. tuyau conduisant au ballon 7. tuyau d'aspiration
|
Schémas de circulation d'eau de vidange


Pompe principale entraînée par le moteur SOMUA.
L'équipage est composé de 7 hommes :
![]() |
"À
vos rangs " Le bateau-pompe amarré au quai, l'équipage se place sur la plate-forme de manuvre en ligne, sur un rang, face au quai comme indiqué sur le schéma. De l'autre bord dans l'ordre suivant de l'arrière à l'avant. Pour une revue sur le quai, la même formation en ligne le dos au bateau-pompe, le Chef de bord à hauteur de la passerelle.
|
"À vos postes
"
À cet ordre chaque homme se porte à l'emplacement où l'appellent ses fonctions à
savoir :
La tenue est la tenue de feu avec bottillons en caoutchouc ou bottes en cuir non cloutées.
Notes
:
Sources :
|
Si une image de cette page vous paraissait non libre de droits, merci de m'en faire part