Mémoire de la ligne

Traction animale et prolongement du Rond-Point de Boulogne à la place d'Arme à Saint-Cloud

Marc André Dubout

La traction animale au gré des archives

Archives municipales de Boulogne-Billancourt
 

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Avril 1867, tarif de la Compagnie générale des Omnibus concernant la messagerie et excédants de bagages et tableau des factages. (lire la vignette).

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Le 20 7bre 1871,  le Maire de Boulogne écrit au Préfet de la Seine.
Monsieur le Préfet, la Compagnie générale des Omnibus ayant supprimé, comme tête de ligne, le stationnement de la voiture américaine au Rond-Point de Boulogne, pour le transférer à Saint-Cloud, la population s'est émue de ce fait, avec d'autant plus de raison que Boulogne n'est desservi que par cette seule voiture et un grand nombre d'habitants ont adressé une pétition à M. le Ministre des Travaux publics.
J'apprends que cette pétition vous est transmise par M. le Ministre afin d'avoir votre avis sur le bien fondé de cette réclamation et je m'empresse de solliciter de votre bienveillance de prendre en mesure les intérêts de notre population lésée au suprême degré par la mesure adoptée par la Compagnie générale des Omnibus, me tenant à votre disposition dans le cas où quelques enseignements vous paraitraient nécessaires.
Veuillez...

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Le 28 mai 1873, Protestation de la Ville de Boulogne-sur-Seine.
La Compagnie générale des Omnibus a adressé à M. le Ministre des Travaux publics une demande afin d'être autorisée à prolonger sa voie ferrée du Rond-Point de Boulogne à Saint-Cloud.
Nous avons examiné si cette demande doit être accueillie, qu'il nous soit permis de soumettre à M. le Ministre quelques observations.
Par un décret du 18 février 1854 M. Loubat a été autorisé à établir un service d'omnibus sur la voie ferrée qui va de Vincennes au Rond-Point de Boulogne.
Le cahier des charges annexé au décret impose au concessionnaire différentes conditions notamment :
- article 14, avoir des places de 2 classes avec réduction à 10c ;
- article 15, obligation de transport payants :
- article 18, obligation d'intervenir en circulation en toute saison, avec le nombre de voitures et chevaux réclamés pour les besoins du service.
Du moment ou la concession venait d'être faite à la Cie Loubat, la Ville de Boulogne et de Saint-Cloud étaient
à finir écriture difficilement déchiffrable.

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Le 28 mai 1873, le Directeur de la Compagnie générale des Omnibus écrit au Maire de Boulogne.
Monsieur le Maire, voulez-vous me permettre de vous demander si le Conseil et les habitants de Boulogne ont pris une détermination au sujet des questions d'omnibus que nous avons étudiés ensemble, il y a un mois environ ? J'ai fait ajourner l'exécution de modification décidés par le Cie jusqu'à ce que Boulogne ait pris une décision à cet égard mais voici le moment qui... (suite non retrouvée).

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Le 31 août 1873, le Maire de Boulogne écrit au Ministre des Travaux publics.
Monsieur le Ministre, un décret du 18 février 1854, a concédé à Monsieur Loubat1 l'établissement et l'exploitation d'un chemin de fer américain de Vincennes au Rond-Point de Sèvres et au Rond-Point de Boulogne
2
Peu de temps après la mise en service du premier tronçon, M. Loubat négocia la concession faite à sons profit à une Compagnie dite des Chemins de fer départementaux, laquelle sut faire ressortir les avantages de ce nouveau moyen de transport, mais la Compagnie générale des Omnibus3 voyant naître une concession redoutable dans l'exploitation des voies ferrées à traction de chevaux saisi l'occasion d'en paralyser les heureux résultats et s'en rendit propriétaire.
Dès que la Compagnie générale des Omnibus eut pris possession des voies concédées primitivement à M. Loubat, elle s'empressa d'en changer le mode d'exploitation, tant dans la forme et la construction des voitures que dans le prix des places, elle employa tous les moyens pour faire entrer sa nouvelle exploitation dans le réseau du monopole dont l'investit la Ville de Paris contrairement au cahier des charges, elle augmenta notablement le prix des places, surtout les dimanches et les jours fériés.
Les habitants de la Communes de Boulogne subirent forcément les exigences de la Nouvelle Compagnie, et celle-ci redoublant de clairvoyance fit l'acquisition à grands frais des dernières entreprises particulières qui faisaient alors un service régulier de Saint-Cloud à Paris, en traversant Boulogne* Par cette dernière mesure que nous n'avons pas à justifier, le Compagnie générale des Omnibus arrivait à son but, en concentrant dans ses mains tous les moyens de transport de la localité.
Nous n'aurions aucune objection à faire si la Commune était bien desservie, mais il n'en est pas ainsi ; la Compagnie a supprimé le service de Saint-Cloud, c'est-à-dire, les voitures dites Boulonnaises et elle vient encore d'aggraver la fâcheuse situation qu'elle a faite à notre Commune en transférant à Saint-Cloud le point de départ des voitures affectées au service de la voie ferrée, en vue de remplacer lesdites voitures et de faire concurrence au Chemin de fer de l'Ouest et aux Bateaux à vapeur.
Cette avidité de bénéfices de la part de la Compagnie a pour conséquence de priver la commune de Boulogne de la tête de ligne qui lui a été assignée par le décret de concession en outre, les voitures pouvant se compléter à Saint-Cloud (le dimanche surtout) n'offrent plus de places garanties aux voyageurs des stations intermédiaires.
Telles sont Monsieur le Ministre, les moyens de transports donnés à la plus haute importante partie de la Commune de Boulogne et ses habitants viennent très respectueusement vous exposer leurs griefs, en osant espérer que vous daignez intervenir en leur faveur, en rappelant à la Compagnie générale des Omnibus qu'elle n'est nullement fondée :

  • 1. à changer le point de départ des voitures affectées au service de la voie ferrée ;
     

  • 2. à percevoir les dimanche et jours fériés, un prix supérieur à celui de la semaine (0,70 au lieu de 0,45) contrairement à l'esprit et au texte du décret de concession (Art. 15) ;
     

  • 3. que c'est à tort que la Compagnie refuse les bagages et paquets dont le poids excède 10 Kg, elle doit les soumettre à un tarif particulier et ne peut dispenser d'en faire le transport (même Art. 15) :
     

  • 4. que c'est également à tort que cette Compagnie perçoit le même prix sur les voyageurs à l'intérieur ou sur l'impériale, le décret porte (Art. 13), il y aura des places de deux classes ;
     

  • 5. enfin le paragraphe de l'Art. 15 du décret porte pout l'intérieur de Paris : le tarif de la seconde classe sera réduit à 10 centimes pendant 2 heures de la journée, l'une le matin et l'autre le soir.
    Il est évident que cette réduction a été insérée au décret en vue de favoriser les classes laborieuses. La Compagnie générale des Omnibus a su encore s'affranchir de cette intention bienveillante.

Les soussignés comptent, Monsieur le Ministre sur votre esprit de justice et sur votre énergique attitude pour faire cesser les abus qu'ils ont l'honneur de vous soumettre, comme étant du ressort de votre juridiction.
Dans l'espoir, ils se disent, Monsieur le Ministre, de votre excellence, les très humbles et très obéissants serviteurs.

* Nota : L'ancienne administration des boulonnaises avait établi dans notre localité un bureau où des places étaient réservées aux voyageurs qui pouvaient le retenir à l'avance. Des voitures supplémentaires faisaient un service extraordinaire les dimanches et jours fériés.
En outre un service de messagerie fonctionnait à la grande satisfaction de habitants.

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Le 17 septembre 1873, le Ministre des Travaux publics écrit au Maire de Boulogne.
Monsieur le Maire, vous m'avez transmis avec un avis favorable, une pétition présentée par un grand nombre d'habitants de votre Commune, à l'effet d'obtenir le maintien au Rond-Point de la Reine, comme tête de ligne du chemin de fer américain de Paris à Boulogne dont la Compagnie générale des Omnibus désire prolonger le parcours jusqu'à Saint-Cloud.
Je demande à M. le Préfet les renseignements nécessaires pour apprécier cette réclamation. La décision qui interviendra vous sera notifiée par mes soins.
Recevez...

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Le 2 octobre 1873, ?? écrit à M le Baron.
Monsieur le Baron, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire et par laquelle vous appelez particulièrement mon attention sur une réclamation présentée par le Conseil municipal de Boulogne contre le transfert à Saint-Cloud du point de départ de la ligne ferrée à traction de chevaux entre Boulogne et Paris.
La Compagnie générale des Omnibus a demandé en effet l'autorisation de prolonger sa voie ferrée jusque sur la place de Saint-Cloud. Mon Administration a ouvert une enquête sur cette demande et la réclamation du Conseil municipal de Boulogne.
Dès que l'introduction de cette affaire sera complète, vous pouvez être assuré qu'avant de prendre aucune décision, j'examinerai avec le plus grand soin les observations que vous voulez bien appuyer.
Recevez...

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Le 11 octobre 1873, Monsieur le Maire, j'ai le regret de vous informer que je ne pourrai me rendre à la réunion du Conseil municipal qui doit avoir lieu demain. Je vous prie de vouloir bien agréez mes excuses et les faire agréer à ms collègues. Bien que ces circonstance indépendantes de ma volonté m'aient empêché en ces derniers temps de prendre aux travaux du Conseil une parte aussi active que je l'aurai désiré, je ne me suis pas moins préoccupé des affaires qui font l'objet de sa sollicitude, et qui touchent aux intérêts de la population de Boulogne. C'est dans ce sens que j'ai appuyé auprès de M. le Ministre des Travaux publics les observations présentées contre le transfert à Saint-Cloud du point de départ des voitures américaines entre Boulogne et Saint-Cloud.
J'ai l'honneur de vous transmettre ci-joint, en vous priant de vouloir bien en donner communication aux membres du Conseil la lettre que M. le Ministre vient de m'écrire pour m'assurer qu'il examinera ces observations avec le plus grand soin avant de prendre une décision.
Agréez...
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Le 14 8bre 1873, le Maire de Boulogne écrit au ??
Monsieur le Baron, j'ai donné connaissance au Conseil municipal de la lettre que vous avez bien voulu m'écrire en me transmettant la réponse de M. le Ministre des Travaux publics, relative à la pétition des habitants de Boulogne contre le déplacement de la tête de ligne de l'omnibus américain.
Le Conseil m'a chargé de vous adresser ses remerciements pour l'appui que vous avez bien voulu lui prêter dans cette circonstance et je vous prie de continuer votre bon concours près de M. le Ministre, afin que les intérêts de notre population soient le plus possible sauvegardés par quelques compensations qu'on pourrait demander à la Compagnie générale des Omnibus.
Veuillez...

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le 11 janvier 1874, Copie de la protestation déposée sur le procès verbal d'enquête relative à la demande de prolongation de la voie ferrée jusqu'à Saint-Cloud.
Le Maire de Boulogne, conformément au vœu exprimé à l'unanimité par le Conseil municipal dans sa séance du 11 janvier 1874 s'oppose à la demande de la Compagnie générale des Omnibus à fin de prolongement de la voie ferrée jusqu'à Saint-Cloud par les motifs suivants :

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Le 27 août 1873, le Maire de Boulogne écrit à l'Administrateur de la Compagnie générale des Omnibus.
Monsieur l'Administrateur, le 1er de ce mois, vous m'avez fait l'honneur de m'écrire pour m'informer, qu'à partir du 10, vos voiture cesseraient de stationner au Rond-Point de Boulogne et qu'en conséquence vous n'auriez plus à acquitter le droit de stationnement.
Sans approuver la mesure par vous prise, qui me semble contraire au décret de concession qui fixe le point d'arrêt de vos voitures au...
Suite non retrouvée.

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Le 1er mai 1873, Les pétitionnaires de Boulogne écrivent au Maire et aux Conseillers municipaux de Boulogne-sur-Seine.
Les Soussignés commerçants, propriétaires, habitants de Boulogne-sur-Seine ont l'honneur de solliciter de Monsieur le Maire et de Messieurs la Membres du Conseil municipal de vouloir bien dans l'intérêt du commerce, de la propriété et des habitants du pays de vouloir bien faire une démarche auprès de la Compagnie générale des Omnibus pour obtenir le maintien de ses voitures au Rond-Point de Boulogne
Nous osons espérer Messieurs que vous voudrez bien prendre en considération la démarche que nous faisons aujourd'hui et nous sommes persuadés qu'avec votre bienveillant appui, nous obtiendrons de la Compagnie la satisfaction qui doit sauvegarder tous nos intérêts.
Suivent les signature des pétitionnaires.

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Brouillon non daté mais contemporain (1er septembre 1873) de cette pétition.
Le Maire de Boulogne s'oppose à la demande de la Compagnie générale des Omnibus à fin de prolongement de la voie ferrée jusqu'à Saint-Cloud par les motifs suivants :

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Le 5 février 1874, le Préfet de la Seine écrit au Maire de Boulogne.
Monsieur le Maire, j'ai l'honneur de vous informer que la Commission d'enquête pour le prolongement jusqu'à Saint-Cloud de la voie ferrée de Vincennes au Rond-Point de Boulogne se réunira le vendredi 13 courant à 1 heure 1/2 de l'après-midi à la Préfecture de la Seine, Palais du Luxembourg, salle des commissions du Conseil municipal.
Vous êtes priés de vouloir bien assister à la réunion.
Agréez...

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Le 11 novembre 1874, Papier à en-tête de la Mairie de Boulogne.
Décret qui déclare d'utilité publique le prolongement de la voie ferrée à traction de chevaux de Vincennes à Boulogne depuis le Rond-Point de la Reine, à Boulogne, jusqu'à l'extrémité de la Place d'Armes à Saint-Cloud.

Du 11 novembre 1874

Le Président de la République française sur le rapport du Ministre des Travaux publics :

Décrète :

Fait à Paris le 11 novembre 1874, signé Mac Mahon

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Le 23 février 1875, Commissariat de Boulogne Préfecture de Police, 2ème Division, 3ème Bureau.

Nous, Préfet de Police, vu :

Arrêtons ce qui suit :


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Le 18 juin 1876, Le Maire de Boulogne écrit au Directeur de la Compagnie générale des Omnibus.
Monsieur le Directeur, j'ai remarqué avec étonnement que les nouvelles voitures mises récemment en circulation sur la ligne du Louvre à Saint-Cloud, ne portent pas comme les anciennes, le mot " Boulogne " sur l'indication du parcours.
L'oubli de ce mot pouvant être aussi préjudiciable aux intérêts de notre administration qu'aux personnes qui se rendent à Boulogne et qui seraient ainsi exposées à une confusion très regrettable, je viens vous demander de rétablir le mot "Boulogne " sur une partie quelconque des nouvelles voitures.
Veuillez...

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Le 20 juin 1876, Le Directeur de la Compagnie générale des Omnibus répond au Maire de Boulogne.
Monsieur le Maire, vous m'avez fait l'honneur de me signaler l'oubli qui a été fait dans nos ateliers d'indiquer sur les voitures neuves du Louvre à Saint-Cloud.
Nous avions déjà remarqué cette lacune, Monsieur le Maire, et des mesures ont été prises pour que cette indication soit rétablie le plus promptement possible sur les voitures
Recevez...

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Le 28 septembre 1876,
Monsieur le Maire, je suis désolé qu'une absence qui s'est prolongée au delà de nos prévisions ait autant retardé la réponse à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.
J'aurai l'avantage de vous aller exposer verbalement la situation dans laquelle se trouve l'affaire des tramways de Boulogne dont je ne crois pas la réussite douteuse avec les appuis dont vous avez ?? entourés.
Veuillez...

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Le 8 Xbre 1876, le Maire de Clichy écrit au Maire de Boulogne.
Monsieur et cher collègue, j'ai insisté fortement hier auprès du Préfet pour votre tramway et la communication sur le chemin 39.
Le Préfet s'est engagé à s'occuper de nouveau de cette affaire, et sur le chemin 39, M. A. m'a demandé en particulier une note sur ce qui était désiré. Quand je lui ai dit comment les choses se passaient, il m'a déclaré que c'était loin d'être conforme aux instructions.
J'attends de vous une note sur ce qu'il serait bon de faire et sur ce qu'il serait possible de demander sur les plaintes que vous pourriez avoir contre le personnel chargé de barrer le passage de la route.
Agréez...

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Le 15 janvier 1877, Messieurs, l'entreprise des Tramways de Sèvres à Versailles, que nous allons étudier est une des plus anciennes lignes concédées par le gouvernement français. C'est le 28 avril 1855 qu'elle fut déclarée d'utilité publique, c'est-à-dire quelques mois après la concession des tramways du Louvre à Sèvres, du Louvre à Saint-Cloud, du Louvre à Vincennes, et enfin de Rueil à Port-Marly.
Nous allons démontrer que cette affaire est, parmi toutes les entreprises de tramways en France, la source des plus grands profits qu'il soit possible d'espérer.
Pour cela, nous serons amenés à examiner les causes des résultats médiocres obtenus dans l'exploitation des tramways de Sèvres à Versailles.
Nous prouverons que si l'entreprise n'a pas prospéré jusqu'à ce jour, cela provient de l'absence de contrôle, de direction, d'ordre dans l'administration générale ; qu'il faut attribuer aussi ce résultat fâcheux à des conventions onéreuses et à des dépenses d'exploitation très élevées et non justifiées ; que le trafic actuel de la ligne de Sèvres à Versailles est suffisant pour donner des bénéfices, malgré les vices nombreux du service de l'exploitation :

Après avoir examiné tous ces points importants, chapitre par chapitre, nous en déduirons les conclusions qui en découlent et que nous nous empressons de placer ici, comme l'expression de notre conviction la plus absolue.
L'entreprise de tramways de Sèvres à Versailles, sous son aspect primordial défavorable, après avoir été examinée, étudiée, disséquée, reconstituée sera en France l'entreprise des Tramway la plus productive, si l'on met promptement à exécution les projets de réorganisation que les fondateurs de la Société nouvelle des Tramways de Paris, Sèvres et Versailles ont à préparer et qui vont être exposés succinctement ci-après.

Cause des pertes "prouvée dans l'exploitation des tramways de Sèvres et Versailles depuis 1868 :
Les pertes des tramways de Sèvres et Versailles n'ont commencé qu'à partir de 1868. À quoi peut-on attribuer cela, si ce n'est à des changements survenus dans l'entreprise à cette époque ?
Nous pensons que ces pertes sont d'abord le résultat du désordre, de la négligence des Administrations différentes qui se sont rapidement succédées.
L'entreprise fut abandonnée aux soins de l'Inspecteur de la ligne, homme qui pouvait sans doute trouver l'intelligente initiative nécessaire pour diriger un service intérieur et inférieur, mais qui n'avait pas les qualités indispensables d'un administrateur compétent dans les questions du travail des chevaux, de leur entretien, de leur nourriture, de leur renouvellement, de l'entretien du matériel roulant et de la voie, des approvisionnements, etc. Il en est résulté, forcément, la continuation des mêmes errements de négligences, des abus qui ont eu des conséquences fâcheuses.
Ce qui le prouve, c'est que les recettes n'ont jamais subi la progression que l'on remarque dans toutes les entreprises de transport, et notamment dans le développement du trafic des lignes parallèles de l'Ouest, tandis que les dépenses ont augmenté dans des proportions anormales et d'une façon persistante.
En 1876, la somme total des recettes a été de 263 655 f, 18c.
Voyons dans quelles conditions cette recette a été obtenue, quelles dépenses d'exploitation il a fallu faire pour la réaliser et si ces dépenses ne se sont pas élevées trop haut.
La recette de 263 655 f, 18c, y compris le produit des messageries, etc. a été obtenu pendant l'année par un nombre de voitures, que nous avons calculé être de 5 018.
La recette moyenne par journée de voiture a donc été de 143f,35c, somme élevée si on la compare à la recette de la Compagnie générale des Omnibus par journée de voiture, de la Place de l'Étoile à la Villette (158f), de la Villette au Trône (108f) de Sèvres au Louvre (144f), de Boulogne au Louvre (119f) en enfin du Louvre à Vincennes (140f)*.
La recette a donc atteint un chiffre supérieur, presqu'égal à la recette de chaque voiture de la ligne des Tramways de l'Étoile à la Villette que l'on considère aujourd'hui comme la plus productive du réseau parisien.
Pourquoi y a-t-il des dépenses aussi élevées pour qu'elles donnent lieu à des pertes, alors que les lignes que nous venons de comparer à la nôtre réalisent des bénéfices et que leur entretien, dans Paris, leur établissement ont donné lieu à des dépenses exagérées ?
On ne peut pas supposer que cela provienne du matériel roulant, puisque la Compagnie des Tramways de Sèvres à Versailles emploie le type de voiture dernièrement adopté par le Compagnie générale des Omnibus ,
Doit-on l'attribuer à la voie ? Nous pensons bien que dans une certaine mesure, la voie défectueuse du Louvre à Versailles doit contribuer à l'augmentation des dépenses de traction. Nous croyons également que l'insuffisance de départs fait que la recette d'une journée de voiture est trop chargée par l'intérêt du capital d'établissement des voies et pas le coût de leur entretien. Nous en trouvons la preuve dans la comparaison des voies ferrées avec les lignes nouvelles des tramways parisien de l'Étoile à La Villette et au Trône, du Louvre à Vincennes qui dépensent relativement moins, bien que présentant un profil longitudinal aussi accidenté, si ce n'est plus.
En tout cas, pour la section de la ligne du Louvre à Sèvres, la Compagnie des Tramways de Sèvres à Versailles n'a pas à employer plus de chevaux ni à dépenser pour ceux-ci, plus que ne le fait la Compagnie générale des Omnibus. Or, cette dernière emploie pour aller au haut de Sèvres, 12,6 chevaux par journée de voiture. La Compagnie des Tramways de Sèvres et Versailles peut donc faire de même et d'autant mieux qu'elle relaye en bas de Sèvres et que ses chevaux sont du type des Omnibus.
Pour le service de la traction entre Sèvres et Versailles, le nombre de chevaux par journée de voiture doit évidemment augmenter.
Nous pouvons facilement déterminer ce qu'il doit être.
Depuis le Louvre jusqu'au haut de Sèvres, on peut compter pour aller et retour sur une somme de montées de 90 mètres, ce qui donne une déclivité moyenne approximative de 90/10 000 = 0m,009m/m par mètre.
Entre Versailles et Sèvres, à l'aller et retour, il faut compter sur une somme de montées de 120 mètres, soit une déclivité moyenne approximative de 0m,012m/m par mètre.
L'effort de tirage moyen est donc une fois et demie plus grand ; ceci explique qu'il faut atteler trois chevaux eu lieu de deux à chaque voiture. Il faut, en outre, considérer que ces trois chevaux seront bien plus fatigués entre Sèvres et Versailles que les chevaux attelés à chaque voiture entre Sèvres et Paris, attendu qu'ils ont un effort important et presque continu à exercer depuis Sèvres jusqu'à Versailles.
Il en résulte un excès de fatigue qui se traduit par l'usure plus rapide des animaux et par réduction de parcours qu'on peut évaluer à 1/5è. En conséquence, on peut établir le nombre moyen des chevaux par journée de voiture entre Sèvres et Versailles de la manière suivante :
(12,6 * 0,012/0,009) * (6/5) = 22ch,68.
Comme le relai de Sèvres occupe à peu près le milieu de la ligne du Louvre à Versailles, on peu indiquer comme nombre moyen des chevaux par journée de voiture :
(22,68 + 12,6) / 2 =17,6

* Voir le rapport de la Compagnie générale des Omnibus, Exercice 1875.

Les derniers feuillets n'ont pas été retrouvés.

 
Notes :


Sources :

  • Les tramways parisiens 2è Édition - Jean Robert - 1959.
  • Archives municipales de Boulogne -Billancourt

Sites :

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