Baguenaude

Baguenaude entre Aubagne et La Bouilladisse (Bouches-du-Rhône, été 2026)
14,4 Km.

Marc André Dubout

La ligne de chemin de fer Aubagne—Fuveau
Cette ancienne ligne de chemin de fer P.L.M. dont la plate-forme a été réactualisée pour la construction de ce tout nouveau tramway date de 1863. La concession avait été alors attribuée au P.L.M. pour construire une ligne d'Aubagne à La-Barque-Fuveau en vue de desservir les différents puits de lignite des Charbonnages des Bouches-du-Rhône.
Elle allait d'Aubagne à Valdonne (1868) puis de Valdonne à La-Barque-Fuveau (1904).
En 1936 il y avait trois trains quotidiens d'Aubagne à La Barque-Fuveau plus un partiel de Valdonne à Aubagne.
La fermeture aux voyageurs remonte à 1939 et celle des marchandises en 1972.
Depuis la voie est livrée à l'abandon, la nature repend naturellement sa place, la plate-forme se transforme en vision du passé.

Pour en savoir plu sur cette ancienne ligne : http://marc-andre-dubout.org/cf/lvdc/lvdc0153/aubagne-labarque.htm

L'ancienne Ligne 40 MarseilleAubagne
Mais Aubagne a connu un tramway plus ancien en 1904 qui reliait la Ville à Marseille par la ligne 40 que la Compagnie Générale Française de Tramways (CGFT)  qui exploitait le réseau de tramways de Marseille. La ligne suivait la RN 8 en accotement et desservait La Pomme, Saint-Marcel, La Penne, passait devant Le Charrel (actuel terminus) et Aubagne.
Les rames de la ligne 40 comportaient deux remorques dont une était décrochée à la Penne-sur-Huveaune et reprise au retour. En 1928  des rames réversibles composées d'une motrice et une remorque ou de deux motrices encadrant une remorque sont mises en service. Ces rames « Pullman » sont remplacées en 1937 par des rames à bogies, à leur tour modernisées à partir de 1944.
La ligne ferme en juin 1958.

Pour en savoir plus sur cette ligne 40 voir : http://marc-andre-dubout.org/cf/tw/ligne40m/ligne40m-01.htm

Le Tramway actuel.
L'enquête d'utilité publique est publiée au printemps 2012. Les 2/3 des observations sont pour le projet, 1/3 contre. Elle est signée en 2013. 
La mise en service du tramway d'Aubagne date du 1er septembre 2014. La longueur du réseau est de 2,8 km qui desservent 7 stations au départ de la gare SNCF. Le matériel roulant utilisé est constitué de rames Alstom Citadis Compact. La ligne est dénommée " Ligne T "et est confiée à la Régie des Transports Métropolitains (RTM) via sa filiale Transport du Pays de l'Étoile. 
À l'origine, le projet envisageait la création de deux lignes : 

  • une ligne reliant le Charrel, côté Ouest, aux Gargues, côté Est, via la gare SNCF, et ;
  • une ligne reliant Aubagne-gare à la Penne-sur-Huveaune, en attendant un éventuel raccordement avec le tramway de Marseille (non réalisé).

Une rame circule toutes les 10 minutes du lundi au samedi de 5h35 à 21h05. Le tramway est remplacé par une ligne de bus les dimanches et les jours fériés. Le temps de trajet est de 8 à 10 minutes entre la gare d'Aubagne et Le Charrel.
Le tramway est entièrement gratuit comme le réseau de bus depuis le 15 mai 2009.
La ligne ferme en 1958, alors qu'elle aurait pu simplement être modernisée étant en partie en accotement de la N 8.

L'extension du réseau de l'Étoile
Le projet Val’Tram consiste à prolonger la ligne de tramway en exploitation sur Aubagne, dans la vallée de l’Huveaune, jusqu’à La Bouilladisse, soit 14,4 Km. reprenant pour l'essentiel l'implantation des anciennes gares.
« Aubagne—La Bouilladisse ». Sur ce même axe, particulièrement engorgé aux heures de pointe avec 18 000 véhicules par jour, le Val’Tram offrira de nouvelles opportunités de déplacement.
L'aboutissement du projet avait été fixé à l'année 2025. Avec une année de retard la ligne ouvrira en 2026 (les essais sont en cours ainsi que les finitions d'aménagements urbains).
Huit Citadis ont été commandés, avec une option pour 5 à 10 rames supplémentaires, soit un contrat de près de 14 millions d’euros.
Longueur d'une rame 22,04 m., largeur extérieure 2,400 m., hauteur hors tout 3,458 m. env.:
La ligne de contact est à une hauteur qui varie de 3,600 m. à 6,500 m.
Cette nouvelle extension propose 11 nouvelles stations, 5 parkings relais, 500 places de stationnement et prévoit 15 000 voyageurs par jour en moyenne.

 

Avec cinq nouvelles stations, la Ville d'Aubagne est la mieux lotie des communes traversées par le Val'Tram qui relie la capitale du santon à la Bouilladisse en passant par Pont-de-l'Étoile, Roquevaire, Auriol, La Destrousse.

La première station de ce prolongement est la belle gare d'Aubagne


La gare d'Aubagne construite en 1858 sur la ligne Marseille—Vintimille. Gare typique de 2ème classe du P.L.M.La gare d'Aubagne a connu une belle activité marchandises avec les trains de lignite qui descendaient le charbon de la Montagne de Regaignas.


Une photo du début du XXIème siècle avec l'aubette devant la gare. Dommage qu'elle ait été détruite pour laisser passer la voie du tramway ValTram.


L'actuel terminus de la gare d'Aubagne. L'aiguillage a été récemment posé en vue du prolongement.


Une rame vient du Charrel et va y repartir dans un instant.


Sur la grille qui interdit le frêle accès au prolongement, le symbole qui va disparaître dans les prochaines semaines.


À partir de la gare, la voie tourne à droite dans la rue du Docteur Barthélémy qui est devenue piétonnière et cyclable.


En attendant les circulations du tramway, les pigeons testent la ligne aérienne.


La première station en voie unique est le Cours Voltaire. Elle traverse la place du 14 Juillet.


Puis elle tourne à gauche dans l'avenue de Garlaban et remonte l'Huveaune sur sa rive gauche. Elle continue sur la route de Géménos.


Le pont sur le fleuve Huveaune posé en 2024. Long de 58 mètres et pesant 340 tonnes ce pont est en courbe sans pilier au milieu du fleuve.


C'est par ce magnifique ouvrage que la ligne traverse le fleuve bordée d'un jardin.


La station à l'extrémité du pont est à double voie. Elle dessert sur la rive droite de l'Huveaune, la station des Défensions.


On distingue en fond l'église Saint-Sauveur fondée entre les XIème et XIIème Siècles.


Puis elle continue en serpentant sur les reliefs du terrain accidenté en direction de La Bouilladisse.

Elle passe ensuite sur la voie ferrée de la ligne Marseille-Saint-Charles—Vintimille (1858-72).


La voie passe sur le pont route nouvellement construit sur les voies de la ligne Marseille—Vintimille. Elle est en voie unique et se partage la route.


La ligne Marseille—Vintimille, vue en direction de Marseille avec au fond la gare d'Aubagne.
Sur la droite derrière les roseaux l'ancienne voie en direction de La Bouilladisse puis Valdonne et La Barque-Fuveau (1868).

 
On distingue sur cette photo le butoir de l'ancienne ligne qui s'écarte vers le Nord et les poteaux de la caténaire.


En revanche, avant, même si la voie avait un peu disparu sous les herbes, on en distinguait bien l'amorce.


La voie du tramway reprend la courbe de l'ancienne voie SNCF mais à un niveau supérieure pour passer au-dessus de celles de la ligne MarseilleVintimille.
Ce qui signifie qu'aucune liaison est maintenant impossible avec le réseau national.


Bien vite, on aperçoit l'aiguillage d'entrée dans la station, Campagne Valérie.


Entrée dans la station Campagne Valérie. Vue en direction de La Bouilladisse.


L'aiguillage de sortie. À noter que tous les aiguillages sont orientés vers la voie d'évitement de droite. Il s'agit bien du régime des chemins de fer d'intérêt local.


Vue en direction de La Bouilladisse à la sortie d'Aubagne avec au fond le Garlaban (714 m.) qui surplombe la vallée de l'Huveaune.


La voie passe au-dessus d'un siphon maçonné.


Puis la voie est en courbe avec des rails de renforcement.
Notons que le rail est fortement armé pour de la voie tramway dotée de traverses monobloc en béton armé. De même plusieurs aiguillages sont à grand rayon même s'ils ne verront jamais de matériel SNCF.


Elle passe ensuite sous la N 560 en direction du Nord et longe la route en direction de Lascours, au pied du Garlaban.


Elle arrive à la station, Napollon Solans avec un aiguillage d'entrée symétrique. Vue en direction d'Aubagne.


Quai central, avec abri de quai et signalisation. Cette station est en bordure de la RN 560.


L'aiguillage de sortie. Le fil trolley est alimenté en 750 Volt.


Noter la pointe de cœur monobloc, bien renforcée.


La voie continue et passe sous un pont maçonné de l'époque du chemin de fer.


La ligne arrive ensuite à l'ancienne gare de Pont-de-l'Étoile.


Quelques dizaines d'années avant, un aiguillage donnait accès à une voie d'évitement (à gauche).


 Le bâtiment voyageurs type P.L.M. 4ème classe. La vaste friche ferroviaire a laissé place à un immense parking.


La voie d'évitement de l'ancienne ligne a déjà été déposée et l'abri de quai de la voie impaire a disparu. Noter l'avri de quai à gauche qui avait déjà disparu


L'ancien B.V. et la nouvelle station se côtoient. Vue en direction d'Aubagne.


Vue en direction de La Bouilladisse. L'extrémité du quai est en cours d'aménagement.


Détail sur un moteur d'aiguillage.


Puis la voie traverse un court tunnel long de 171,4 m. en direction de La Bouilladisse. Le site n'a pas changé, juste modernisé.


En 2010 lors de ma traversée du tunnel.


Puis elle passe sur un pont avant d'arriver à la station du Cannet (ou du Barbouillet) qui ne dispose d'aucun parking proche. 


L'aiguillage d'entrée à la station Le Cannet (Le Barbouillet sur le plan) à la Sortie du court tunnel du Pont-de-l'Étoile.


Noter l'ancienne maisonnette de garde-barrières à l'entrée de la station et l'aiguillage de grand rayon.


Du temps du chemin de fer abandonné.


Aucun moyen de stationner une voiture sur ce site.


La ligne continue sa route en suivant la rive droite de l'Huveaune qu'elle suit en amont jusqu'à la station de Pont-de-Joux, Ex. gare d'Auriol.


Entrée dans la station de Roquevaire. Quai central et long évitement.


L'ancien B.V. de Roquevaire de style P.L.M. de 3ème classe. Le B.V. avait servi de maison d'habitation. Aujourd'hui il est muré.


À la Belle Époque, il avait fière allure.


La gare de Roquevaire avec un train en direction de La Barque-Fuveau. Il y a du monde et des marchandises sur le quai.


L'aiguillage de sortie en direction de La Bouilladisse.


Vue en direction de La Bouilladisse.


Vue en direction de La Bouilladisse en 2010. On voit le quai côté B.V. mais la voie a disparu.


Vue sur le pont sur l'Huveaune et la N 96. La ligne continue vers La Bouilladisse


Au même endroit 16 ans plus tôt.


Le Pont sur l'Huveaune.


et la tranchée qui annonce le tunnel (2010).


La voie passait sous le tunnel Saint-Vincent en courbe. Longueur : 222 m. (côté Aubagne). 
Elle passera sur le pont de la N 560 (direction Auriol) avant d'arriver à Pont-de-Joux (Ex. gare d'Auriol qui a été démolie.


Entrée dans la station de Pont-de-Joux. Noter au fond sur la droite une courte voie de garage...


... qui se termine par un simple taquet d'arrêt habituellement utilisé sur les voies tramways.


Double voie et quai central. Vue en direction de La Bouilladisse.


La gare d'Auriol (Pont-de-Joux). À cet endroit un embranchement avait été prévu pour rejoindre Saint-Zacharie dans le Var.


Noter l'immense parking sur la droite. À cet endroit il y avait un ferrailleur sur une ancienne friche industrielle.


Au même endroit il y a encore deux décennies.


La voie continue vers La Bouilladisse. Certains ponceaux (Le Maltrait) demandent un peu de vigilance pour être traversés à pied. Ici, il ne reste que les UPN de portée.

La voie passe ensuite sous l'autoroute A52.


La ligne passe ensuite sous le nouvel autoroute A52 qui a considéré son existence lors de sa construction en aménageant un passage ferroviaire. Ici l'entrée Sud du court souterrain.


et la sortie en direction de La Destrousse.


L'accès à la station de La Destrousse par l'escalier ou l'ascenseur quand il fonctionnera.


La Destrousse, simple arrêt en pleine voie. Vue en direction de La Bouilladisse.
Le village de La Destrousse trop proche de Pont-de-Joux (ex gare d'Auriol) n'a jamais possédé de gare pour desservir la Commune. Il fallait tout simplement aller prendre le train à pied, environ 1 à 2 kilomètres de la gare d'Auriol.


Un peu plus loin un petit pont maçonné en parait état. Il date de la construction de la ligne (1868).
J'ai noté que beaucoup d'autres ouvrages maçonnés sont dans un état parfait.


Après le passage de la voie sous l'autoroute sur une bonne longueur cette dernière se dédouble par un aiguillage de grand rayon.


Puis arrive à la station La Chapelle devant le complexe sportif Robert Conti à proximité des anciennes mairie et école.


L'école près de cette nouvelle station près de la route de la Chapelle.


Et la passerelle, elle aussi en parfait état de conservation de sa maçonnerie. Seul le tablier a été changé. 
Vue en fin de travaux mais toujours inaccessible au public.


La même passerelle et l'école entourant le bâtiment central de la mairie. 
Elle était plus esthétique à l'époque.


À partir de cette station elle continue en simple voie unique jusqu'à son terminus proche.


Vue aérienne du village de La Bouilladisse. La voie de chemin de fer coupe le cliché de droite à gauche. Celle du bas gauche vers haut droite est la RN 96. Au centre le PN 4.
On distingue la halle marchandises. L'ancien B.V. est à droite hors du cliché.
Les tombereaux de charbon venaient déverser leur chargement dans les wagons P.L.M. à la gare qui était très active.


L'ancien B.V. de La Bouilladisse (P.L.M. de 4ème classe) côté place complètement à l'abandon et en partie délabrée.


Vue côté voie.


Sur cette carte postale, on distingue, complètement à droite une rame de wagons tombereaux chargés de charbon en attente de départ vers Aubagne. Entre le B.V. et l'abri de quai on voit la halle aux marchandises relativement importante.
La voie d'évitement a déjà été déposée.


Les ouvertures sont murées, on a bien essayé d'effacer le nom de la gare mais ça a résisté.


On est à 219,5 mètres d'altitude.


Après l'ancienne gare, la ligne coupe la route RN 96. La maisonnette PN n°4 si elle n'est plus habitée, elle est toujours debout et le platelage refait à neuf. Les rails anciens étaient restés sous le bitume.


Le P.N. n°4 et la RN 96.


Une courte aiguille d'entrée mène à deux voies qui se terminent en impasse sans remise en tête. Les rames de tramways sont réversibles.


La station terminale de La Bouilladisse avec son quai central.


La fin de la ligne.

 


Sources
:
  • Trains oubliés 3 P.O. & Midi - Banaudo - Cabri - 1982

Sites :

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