Baguenaude

La ligne de La Ciotat  P.L.M.La Ciotat-Ville aujourd'hui

MAD

Je viens de parcourir à pied cette courte ligne de bout en bout, c'est à dire de la gare de La Ciotat P.L.M. jusqu'au chantier naval en essayant, lorsque cela se présentait de retrouver les traces de la voie ferrée.
Si au début, tout paraît évident, tant parfois la voie est belle, cela devient plus difficile en ville, surtout le long du port où tout a disparu sous le bitume face auquel le rail ne résiste pas.
Il faut compter deux bonnes heures pour faire la ligne à pied en laissant la voiture à la gare de La Ciotat P.L.M. Une fois arrivé à la gare routière en face du Musée, il est possible pour un petit Euro de reprendre le bus 40 pour remonter en 15 minutes à la gare P.L.M. Parce qu'il faut savoir que dans ce sens la ligne est en pente continuelle et bien sûr en sens contraire, elle est en rampe, tout aussi continuelle, ce qui pour la marche n'est pas pareil.

Bien alors commençons notre périple.

La gare de La Ciotat  P.L.M. construite en 1884 lors de la création de l'axe Marseille—Nice..
Elle voit passer 26 trains quotidiens dans chaque sens.
La marquise avec ses supports en fer forgé et rivetés. Vue en direction de Marseille.
carnet04_02.jpg (77505 octets) En face, plus modeste le B.V des B.D.R  (Chemins de fer des Bouches-du-Rhône) qui exploitaient plusieurs lignes en VN dans le département. Aujourd'hui, une petite buvette sympathique a investi le bâtiment.
Mais restons encore un moment sur la ligne P.L.M. pour voir ce qui reste de la halle marchandises désaffectée et même plus reliée par le fer
Parce qu'il faut savoir que la liaison entre les deux compagnies n'existe plus physiquement.
Sur cette photo, on voit à droite les voies paires et impaires de la gare de La Ciotat, au centre la voie de la halle marchandises et à gauche celle des B.D.R. mais ces deux dernières sont orphelines et se terminent par un heurtoir même si la caténaire, elle, a subsisté.
Côté B.D.R. deux voies formant un évitement sont reliées par deux fois, permettant des manœuvres et se terminent par un tiroir.
En partant du B.V. des B.D.R. on voit à gauche et au centre les voies d'évitement qui s'engagent vers La Ciotat, alors qu'à droite se détache le raccordement caduque vers la ligne P.L.M..
La voie s'incline vers le sud, passe sous un pont et entre dans un tunnel en courbe, le seul de cette courte ligne. À partir de ce point, la ligne est en pente et le restera jusqu'à La Ciotat-Ville.
À la sortie du souterrain des éboulis entravent sur la voie et l'interceptent. En effet le tunnel se prolonge par une tranchée assez haute d'où les blocs de pierre se détachent.
D'ailleurs si vous vous promenez à cet endroit faites attention aux chutes de pierres, j'en ai évitées de justesse.
Ensuite la voie en remblai et en courbe atteint la gare de Céreste qui fait aussi office de passage à niveau avec la route La Ciotat—Céreste. La barrière oscillante est restée en place.
La ligne continue sa courbe vers le sud et passe sous des ponts de pierre remarquablement conservés.
Tout ça dans un environnement provençal à souhait.
Elle continue en alignement...
...puis rejoint la route de Céreste qu'elle suit sur quelques dizaines de mètres et finit par traverser à niveau.
Elle passe ensuite à travers une série d'immeubles avant de ...
... croiser une route... qui a eu raison d'elle. La voirie est impeccable.
Elle ressort de l'autre côté où l'on peut observer un quai mais l'abri a disparu. Ce devait être la station Ste Hermentaire.
On peut voir de temps à autre ce qui reste des supports de caténaire lorsque la ligne fut électrifiée en 1935.
Elle continue en déblai, passe encore sous un pont...
... puis brusquement la voie est déposée pour laisser place à un simple chemin viabilisé. Oh ! Elle devait être déposée temporairement...
Le rail réapparaît à nouveau. Un quai annonce la station de ...
Vallat de Roubaud. 
De l'autre côté de la station la voie est interrompue. Le pont qui enjambe la rue a perdu son tablier. Peut-être est-il perdu dans les herbes.
Vue sur une des culées du pont à double travée.
Ensuite il n'est plus possible de suivre la ligne à cause de constructions situées de part et d'autre.
Heureusement la Traverse Tivoli permet au promeneur de rejoindre l'autre côté du pont où se trouve l'ancien dépôt. 
Le château d'eau a résisté au temps et trône toujours sur l'aire du dépôt.
Un évitement, deux voies en impasse dont une desservie par le pont secteur.
Le pont secteur a disparu mais les remises sont encore debout.
La halle marchandises entourée de deux voies en impasse.
Puis la ligne continue sous les herbes... 
... pour arriver en ville dans un pavetage resté en bon état.
Elle s'incurve vers le môle où sa trace est bien visible. En revanche sur la photo on voit moins bien l'autre branche qui se dirige vers le port et le chantier naval.
La dernière fois que je suis venu il y avait encore les rails. Aujourd'hui, ils sont recouverts.
Enfin le heurtoir du môle à côte du bateau de l'association de sauvetage.
Du temps des trains de tôles un locotracteur prenait 4 ou 5 wagons et les refoulait vers le chantier le long du port puis revenait haut le pied pour en faire autant avec le reste des wagons. Ces mouvements se faisaient en général avant 5 heures.
La voie suivait la route le long du port. À certains endroits on devine le rail sous l'asphalte mais il faut être averti.
L'entrée du chantier naval. Certes elle a perdu de sa splendeur mais les rails réapparaissent et même des appareils de voie. Celui du premier plan donnait accès à gauche à une voie située le long du quai...
... on en voit d'ailleurs encore quelques traces.

Voilà la dernière image de cette petite ligne qui en 1969 était encore intacte.
La gare des B.D.R. a laissé place à la gare routière d'où partent les bus urbains et régionaux.
Sur le port pas de trace de la voie sinon des affaissements du bitume qui laisse, pour ceux qui l'ont connue, penser que les rails sont bien là, non pas sous la plage, mais sous l'asphalte.
Je n'ai pas non plus retrouvé la TJD à l'entrée du chantier naval.

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